Accueil
Actualités
Industrie
L’UE se rapproche d’un maintien des voitures à essence après 2035. Voici ce qui a changé
Le dernier accord assouplit les objectifs d’émissions proposés, donnant aux moteurs thermiques davantage de marge pour survivre au-delà du milieu de la prochaine décennie.


Par: Adrian Padeanu
Publié par: Lucas Huaumé
21 Oct à 14:31
Ajouter Motor1.com en tant que source préférée sur Google
- (https://twitter.com/intent/tweet?url=https%3A%2F%2Ffr.motor1.com%2Fnews%2F812694%2Fue-maintien-voitures-essence-2035%2F&text=L%E2%80%99UE%20se%20rapproche%20d%E2%80%99un%20maintien%20des%20voitures%20%C3%A0%20essence%20apr%C3%A8s%202035.%20Voici%20ce%20qui%20a%20chang%C3%A9&via=motor1france)
- Copie
Partager
Le sursis accordé aux moteurs thermiques en Europe se précise, mais la dernière proposition va plus loin que le plan initial de la Commission européenne. Un nouvel accord entre législateurs donnerait aux constructeurs davantage de flexibilité pour continuer à vendre des véhicules à moteur thermique après 2035, marquant un nouveau recul par rapport à l’objectif initial, et jugé peu réaliste, de zéro émission du bloc européen.
Le compromis, conclu par des représentants du Parti populaire européen (PPE), des Socialistes et Démocrates (S&D) et de Renew Europe, imposerait aux constructeurs de réduire les émissions moyennes de CO₂ des voitures neuves de 87,5 % par rapport aux niveaux de 2021 d’ici 2035. C’est moins strict que la proposition présentée par la Commission européenne en décembre dernier, qui prévoyait une réduction de 90 %.
Le nouveau dispositif permettrait aux constructeurs d’utiliser des crédits liés à l’acier bas carbone produit dans l’UE afin de compenser une partie de leurs obligations en matière d’émissions. Cela préserverait, de fait, une marge pour les véhicules thermiques et hybrides au-delà de 2035. Les règles définitives détermineront toutefois précisément combien de véhicules, et de quels types, pourront rester en vente.
La nuance est importante par rapport à l’annonce de l’an dernier. Si la proposition de la Commission de décembre 2025 revenait déjà sur l’objectif initial de réduction de 100 % des émissions, le dernier compromis parlementaire assouplirait encore davantage les exigences envisagées.
Ce qui a changé depuis décembre 2025
Dans le cadre des règles adoptées en 2023, l’UE avait fixé un objectif très controversé de réduction de 100 % des émissions de CO₂ des voitures et utilitaires légers neufs d’ici 2035, ce qui revenait à mettre fin, à partir de cette date, à la vente de véhicules neufs émettant des gaz d’échappement. Les voitures essence et diesel déjà en circulation ne seraient pas concernées par une obligation de retrait de la route.
Après une pression soutenue des constructeurs et de plusieurs gouvernements, notamment l’Allemagne et l’Italie, la Commission européenne a proposé une approche plus souple en décembre 2025. Au lieu d’exiger une réduction complète des émissions moyennes des flottes, elle a proposé une baisse de 90 % par rapport aux niveaux de 2021, les 10 % restants pouvant être compensés par des mesures liées à l’acier bas carbone et aux carburants renouvelables.
Cette proposition aurait permis à certains hybrides rechargeables, véhicules à prolongateur d’autonomie et autres modèles à moteur thermique de rester en vente, à condition que les constructeurs respectent les exigences d’émissions applicables et les règles de compensation.

Échappement de la Porsche Macan T 2023
Plus de marge de manœuvre pour les constructeurs
Le dernier compromis emprunte une voie différente. Au lieu de conserver l’objectif de réduction de 90 % proposé, les législateurs se sont accordés sur un objectif de 87,5 % pour les voitures, avec des crédits liés à l’acier bas carbone produit dans l’UE pouvant représenter jusqu’à 7,5 points de pourcentage.
Autrement dit, l’accord donnerait aux constructeurs automobiles plus de latitude pour se conformer aux règles, tout en soutenant l’industrie sidérurgique européenne. Le cadre vise à concilier les demandes de flexibilité du secteur automobile avec les efforts destinés à maintenir la production en Europe et à réduire les émissions industrielles.
La distinction est importante, car l’annonce de décembre 2025 était une proposition de la Commission européenne, et non un remplacement définitif de la législation existante. L’accord d’octobre 2026 constitue une nouvelle étape du processus législatif, avec des élus qui cherchent à assouplir encore les exigences proposées.

Moteur V6 de l’Alfa Romeo Giulia Quadrifoglio 2020
Les moteurs thermiques n’obtiendraient pas un blanc-seing
Même si le dernier compromis affaiblirait l’abandon progressif effectif des moteurs thermiques, il ne donnerait pas aux constructeurs une autorisation illimitée de vendre indéfiniment des voitures essence et diesel. Les objectifs d’émissions s’appliquent à la moyenne de la flotte de véhicules neufs d’un constructeur, et non à une limite universelle imposée à chaque modèle pris individuellement. Les constructeurs devraient donc équilibrer les véhicules les plus émetteurs avec des alternatives moins émettrices, et respecter les règles finales de calcul et de crédits.
Cela pourrait offrir un avenir plus long en Europe aux hybrides rechargeables, aux véhicules électriques à prolongateur d’autonomie et à d’autres véhicules à moteur thermique. L’ampleur de cette possibilité dépendrait toutefois du règlement final, des crédits disponibles et des émissions de flotte de chaque constructeur. Les véhicules électriques resteraient au cœur des efforts des constructeurs pour respecter les exigences. Le compromis laisserait néanmoins davantage de place à d’autres motorisations que ne le permettait l’objectif initial de réduction de 100 %.
L’accord propose également une réduction de 55 % des émissions moyennes des voitures d’ici 2030, tandis que l’objectif pour les utilitaires légers tomberait à 35 %. La proposition précédente de la Commission fixait pour ces derniers un objectif de réduction de 40 %. Le compromis permettrait aussi une flexibilité supplémentaire grâce à des dispositifs de conformité pluriannuels et à des crédits pour certaines voitures électriques efficientes ou de plus petit gabarit.

Échappement de la McLaren 765LT Spider 2022
L’accord doit encore devenir une loi
Le dernier accord ne marque pas la fin du processus législatif. Les groupes parlementaires concernés doivent formaliser leur position, après quoi le Parlement européen et les États membres de l’UE devront négocier le texte final.
Tant que ce processus n’est pas achevé, l’objectif d’émissions pour 2035 actuellement en vigueur reste la base juridique. Les constructeurs peuvent se préparer à un cadre plus flexible. Mais ils ne peuvent pas encore considérer ce compromis comme la garantie que tous les types de véhicules thermiques resteront en vente après l’échéance.
Lire aussi
McLaren vend cinq voitures de F1 historiques pour les revoir en piste
Pour l’industrie automobile européenne, la trajectoire devient plus lisible. L’UE s’éloigne d’une exigence stricte de zéro émission pour aller vers un cadre autorisant la poursuite des ventes de certains véhicules thermiques, tout en maintenant la pression sur la réduction des émissions des flottes.
La différence entre décembre 2025 et octobre 2026 ne se limite pas à une question de formulation. La Commission avait d’abord proposé un objectif de réduction de 90 % assorti de mécanismes de compensation. Les législateurs soutiennent désormais une exigence plus faible, à 87,5 % pour les voitures, avec des crédits liés à l’acier bas carbone produit dans l’UE.
Cela ne signifie pas que la transition européenne vers le véhicule électrique est terminée. Cela signifie que les règles déterminant la vitesse à laquelle les moteurs thermiques disparaîtront des showrooms de voitures neuves sont encore en cours de renégociation.
Partager cet article
- (https://twitter.com/intent/tweet?url=https%3A%2F%2Ffr.motor1.com%2Fnews%2F812694%2Fue-maintien-voitures-essence-2035%2F&text=L%E2%80%99UE%20se%20rapproche%20d%E2%80%99un%20maintien%20des%20voitures%20%C3%A0%20essence%20apr%C3%A8s%202035.%20Voici%20ce%20qui%20a%20chang%C3%A9&via=motor1france)
- Copie
Tendances

Honda Jazz full hybrid (2026) : l’essai de consommation réelle

Une Ferrari F50 avec 170 km au compteur sera mise aux enchères pour 20 millions de dollars

Renault Kangoo électrique : 354 km d'autonomie et une recharge plus rapide

Une collection de Corvettes cachée a été découverte dans un parc de caravanes au Texas
DERNIERS ARTICLES
- L’UE se rapproche d’un maintien des voitures à essence après 2035. Voici ce qui a changé 21 Oct - Industrie
- L’étrange raison pour laquelle la Golf GTI avait un pommeau en forme de balle de golf 21 Oct - Curiosités
- Cette Alfa Romeo Giulia de 1967, délirante et préparée façon Le Mans, est à vendre 21 Oct - A vendre
- Le Leapmotor B10 entre en production en Espagne 21 Oct - News
- La Dallara Stradale s’impose à la Villa La Massa Excellence 2026 21 Oct - Evenements
- Bugatti restaure une Veyron unique à carrosserie en aluminium effet miroir 21 Oct - Supercars
- Honda Jazz full hybrid (2026) : l’essai de consommation réelle 21 Oct - Consommations
RECOMMANDÉ POUR VOUS

Les électriques chinoises coûtent 10 000 euros de moins à produire : les droits de douane ne suffisent pas

L’étrange raison pour laquelle la Golf GTI avait un pommeau en forme de balle de golf

La prochaine voiture de sport de Porsche aura des batteries à la place de l’ancien moteur à essence

Cette Alfa Romeo Giulia de 1967, délirante et préparée façon Le Mans, est à vendre

Jeep relance la production de nouveaux véhicules électriques en Chine avec Dongfeng

Le Leapmotor B10 entre en production en Espagne

Mercedes admet avoir sous-estimé les amateurs de V8 et laisse présager une surprise avec un V12