Essai Bentley Flying Spur V8 S - Le charme d’une époque révolue

Le constructeur britannique Bentley, dans le giron du groupe Volkswagen depuis 1998, élargit encore un peu plus la famille Flying Spur avec une nouvelle déclinaison baptisée V8 S. Cette version, un tantinet plus sportive que la Flying Spur "de base", vient du coup s'intercaler entre le V8 et le plantureux W12.

Une stratégie de diversification qui avait été inaugurée par la Continental GT, coupé et cabriolet ayant eux aussi droit à une version S. Tout comme celle-ci, la Flying Spur voit son V8 biturbo de 4,0 litres (moteur que l'on retrouve notamment sous le capot de l'Audi A8) passer de 507 à 528 ch, tandis que son couple grimpe de 660 à 680 Nm.

Cette excellente santé permet à la limousine britannique de pulvériser le 0 à 100 km/h en 4,9 secondes alors que la Flying Spur tout court réalise le même exercice en 5,2 secondes. Seule la version W12 parvient à faire mieux avec un temps de 4,6 secondes. Enfin, la V8 S franchit le cap symbolique des 300 km/h, là où sa petite soeur doit se contenter d'un "modeste" 295 km/h. Des performances impressionnantes qui réclament 10,9 l/100 km de super, les émissions de CO2 étant pour leur part cantonnées à 254 g CO2/km. Des valeurs qui peuvent être atteintes à conditions d'avoir le pied léger avec la pédale de droite. Lorsque c'est le cas, 4 des 8 cylindres sont désactivés afin de limiter l'appétit de cette grande et lourde dame. 

Essai Bentley Flying Spur V8 S

Robe de bal

Dérivée de la Continental Flying Spur, née en 2005, la Flying Spur tout court est une vaste limousine qui a pour mission de combler les désirs d'une clientèle principalement chinoise. C'est en effet vers la Chine que la majorité des exemplaires produits est exportée. Du coup, Bentley a fait en sorte de répondre au mieux aux desiderata de ces nouveaux riches. Jusqu'à en perdre l'âme d'une limousine anglaise ?

Heureusement non. Par rapport à la précédente génération, la Flying Spur gagne une calandre plus verticale et proéminente qui fait montre d'un charisme assumé, à l'image du tycoon qu'elle a pour mission de véhiculer. Le profil, lui, voit ses épaules gagner en largeur ce qui concoure naturellement à muscler la partie arrière de la berline. Les feux arrière enfin sont inédits et, par rapport à la Continental Flying Spur, font preuve d'une plus grande finesse, ce qui concoure à alléger la face arrière du modèle. Enfin, cette version reçoit des jantes de 20 pouces (21 pouces Mulliner en option) et voit sa calandre adopter une finition noire. 

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V8 teuton sous capot anglais

Par rapport au V8 de base, la version S gagne donc 21 chevaux. Le tout est tiré du même V8 de 4,0 litres gavé par deux turbocompresseurs et provenant de chez Audi. En passant de 507 à 528 chevaux, il offre de belles performances à la limousine anglaise, soit une vitesse maximale de 306 km/h et surtout un 0 à 100 km/h abattu en 4,9 secondes.

Ce puissant bloc essence est associé à une transmission automatique à huit rapports provenant de chez ZF, qui envoie 40% du couple sur le train avant et 60% sur l'arrière. Car oui, pour rappel, la Flying Spur, tout comme la Continental GT, dispose de quatre roues motrices !

Essai Bentley Flying Spur V8 S

La route se fait velours

Qui dit transmission intégrale dit forcément motricité optimale. Equipée de pneumatiques été, il est difficile de prendre la berline en défaut, celle-ci étant littéralement rivée à la route. Et lorsqu’elle chausse des pneus hiver, elle fait preuve d’une polyvalence exceptionnelle, que la chaussée soit grasse ou recouverte de poudreuse. De quoi combiner un confort princier avec un très haut niveau de sécurité.

Particularité chère à Bentley, pour démarrer, la clé se tourne à gauche du volant (comme sur une Porsche) ou via un bouton chromé placé sur la console centrale. Ce dernier vous laisse donc la possibilité de garder votre clé en poche, tout en conduisant. Le V8 une fois lancé, celui-ci demeure quasiment inaudible, sauf si l’on sollicite généreusement la pédale de droite. Une vraie limousine qui permet donc à ses passagers de piquer un roupillon lorsque cela s’impose, et ce d’autant que les places arrière bénéficient de stores semi-occultants. 

Essai Bentley Flying Spur V8 S
Essai Bentley Flying Spur V8 S

Byzance

Pénétrez dans l’habitacle de la Flying Spur vous fera oublier toutes vos références en matière automobile. Un luxe à l’anglaise, peut-être un tantinet excessif, qui se traduit par du cuir matelassé à profusion, de nombreux chromes, du bois vernis ou encore d’épaisses moquettes en laine. Dans cet univers haut de gamme trônent quelques plastiques qui ne sont pas là à leur place, à l’image du système multimédia provenant chez Volkswagen dont les interrupteurs anthracites sont plutôt dignes d’une Polo.

En outre, le chauffeur et le passager avant ne devront pas être trop grands. En effet, même réglé au plus bas, la tête des grands de ce monde frottera contre le ciel de toit. Regrettable pour un véhicule de cette classe et surtout de cet encombrement.

Enfin, on ne peut que déplorer le côté désuet et dépassé de l’info-divertissement embarqué. La présentation et l’ergonomie ont fait leur temps tandis que les possibilités d’utilisation sont limitées. On ne peut par exemple pas faire de recherche via Google. À ce prix, on est tout de même en droit d’attendre un logiciel un peu plus au goût du jour. Dans la même veine, Bentley fait également l’impasse sur la plupart des avancées technologiques récentes, à l’image de l’assistant de trajectoire, du head-up display ou encore des sièges massants. Certes, c’est un détail mais face à une Mercedes Classe S ou une Audi A8, l’anglaise demeure nettement en retrait. Seule l’installation hifi développée avec Naim Audio fait montre d’une vigueur exceptionnelle, développant un son à la fois riche, détaillé et puissant. 

Essai Bentley Flying Spur V8 S

Sortez le chéquier

Si vous n’éprouvez aucun problème financier, alors cette Bentley Flying Spur V8 S est faite pour vous ! Mais il vous faudra alors faire preuve de beaucoup de prodigalité, à commencer par un prix d’achat de 189'970€ (taxes comprises), auquel on se doit d’ajouter quelques options. De quoi dépasser allègrement les 200'000€.

En outre, cette limousine réclame, au bas mot, 13 l/100 km de super, ce qui, au vu de la masse et de la puissance de l’engin est plus que respectable. Reste que vous passerez néanmoins souvent à la pompe. Enfin, les généreuses pneumatiques ont elles aussi un coût, tout comme l’entretien qui, bien entendu, doit se faire dans les règles de l’art.

Conclusion

Indéniablement, la Bentley Flying Spur V8 S est l’une des limousines de prestige les plus réussies et les plus confortables actuellement sur le marché. S’ajoute à cela un charisme, une prestance et un niveau de finition auxquels les berlines allemandes ne peuvent prétendre. Du coup, chaque déplacement se mue en un véritable événement. À vrai dire, seuls les geeks et autres accrocs à la technologie déploreront un système d’info-divertisement un rien dépassé, et l’absence d’options principalement sécuritaires. Pour le reste, Bentley est parvenu à conserver l’esprit d’une autre époque, un trait de caractère qui, soyons de bon compte, excuse les quelques défauts propres au modèle.

Photos : Pierre-Benoît Sepulchre / Motor1.com

 

 

Points positifs Points négatifs

Atmosphère sereine et luxueuse

Tarif
Moteur exceptionnel Retard technologique
Confort hors norme Position de conduite
Très haut degré de personnalisation  
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