Essai Porsche Panamera 4S - Une Porsche, sans aucun doute

La Porsche Panamera première du nom ne laissait pas indifférent. La première berline de la marque, sortie en 2009, possédait un style bien à elle. L'arrière assez massif dénotait d'une ligne originale dans son ensemble. Aussi Porsche connaissait les points à améliorer de sa berline et a su les appliquer au moment de renouveler cette Panamera. Il faut dire que la firme allemande est tirée par deux ambitions schizophrènes : celle de se détacher de son modèle historique, la 911, et celle d'en respecter son histoire. Bref de savoir faire la même chose, tout en faisant différent. Vaste sujet de philosophie.

Essai - Porsche Panamera 4S

Pourtant, d'un peuple qui a su donner des philosophes comme Kant et Hegel, il fallait s'attendre à ce que consensus soit trouvé. C'est en tout cas l'impression que donne cette nouvelle Panamera. D'un premier abord, la berline allemande se montre beaucoup plus fine que sa devancière. Elle s'offre ainsi une ligne moins massive, plus effilée, avec cet arrière inspiré de la Sport Turismo Concept du Mondial de Paris en 2012. Un arrière qui reprend les éléments du style de la 911, mais qui sait garder quelques distances, en ne laissant pas trop ses hanches descendre.

Essai - Porsche Panamera 4S
Essai - Porsche Panamera 4S

De profil, on retrouve cet arrondi vitré vers l'arrière, tandis que la sortie d'air latérale se poursuit en une ligne de caisse qui vient rythmer l'espace sur les portières. Un habile élément de design qui rappelle la sportivité d'une Porsche. L'avant ne renie pas non plus son attachement à la marque. On retrouve l'air de famille avec la 911 et la Cayman, mais ici, le long capot synonyme de moteur avant vient rappeler une nouvelle fois, que la Panamera n'est pas la même que ses sœurs.

Confort sportif

Même ambiance à bord, on est ici dans une Porsche, mais pas une Porsche comme les autres. En témoigne cet immense écran tactile de 12 pouces qui trône au centre de la planche de bord. Celui-ci, très simple d'utilisation, rassemble l'ensemble des informations utiles à faire fonctionner la voiture. On peut ainsi régler l'amortissement, la cartographie moteur, ouvrir l'aileron arrière, régler la climatisation ou tout simplement, faire afficher la navigation.

Essai - Porsche Panamera 4S

L'ensemble de la planche de bord est cohérent, avec cette finition en black miroir. L'immense console centrale vous porte l'ensemble des commandes à votre hauteur, mieux, le volant de style 918, rassemble également quelques fonctions, outre les palettes de la boîte de vitesses PDK. Agréable d'aspect, il permet une prise en main rapide de la voiture, et surtout, ne vient pas cacher les informations du compte tour et des deux écrans l'entourant. Ces derniers rassemblent des informations comme la navigation, la consommation, les prestations dynamiques de la voiture. Le tout dans une simplicité assez remarquable. D'instinct, on trouve très facilement ses repères.

De même, l'intérieur donne tout de suite une ambiance de cocon. Ici équipée de la sellerie cuir (option à 3588 euros) et des sièges Sport plus (3288 euros) on se sent tout de suite à l'aise à bord de la Panamera. À l'arrière, deux places sont disponibles, et ce ne sont pas forcément les moins appréciables. Il faut dire que l'espace aux jambes est largement suffisant, et le confort à la hauteur de l'accueil fait par les fauteuils.

Essai - Porsche Panamera 4S
Essai - Porsche Panamera 4S
Essai - Porsche Panamera 4S
Essai - Porsche Panamera 4S
Essai - Porsche Panamera 4S

Pour le conducteur, petit détail remarquable, le poste de conduite se dégage au moment de s'installer au volant, avant de se remettre dans sa position initiale. Idéal pour éviter de se contorsionner avant de démarrer cette Porsche. Même le coffre, à ouverture électrique, offre une capacité de chargement intéressante, avec 500 litres. Un chiffre qui peut atteindre 1340 litres avec les sièges rabattus.

Lire aussi:

Est-ce vraiment cela qui nous intéresse dans une Porsche cependant ? Plus que l'intérieur, aussi luxueux soit-il, ce que l'on attend d'une Porsche, c'est sa sonorité, son dynamisme, sa sportivité. La simple rotation de la molette de démarrage, sur la gauche, comme sur toute Porsche qui se respecte, vient donner vie au V6 biturbo de 2,9 litres de cylindrée.

Essai - Porsche Panamera 4S

On parle ici en effet de la Porsche Panamera 4S. La belle reçoit donc une transmission intégrale, et ce six cylindres que l'on retrouve également sur le Macan et le Cayenne. Un bloc de 440 chevaux, associé à la très performante boîte PDK à huit rapports. 440 chevaux à transmettre aux quatre roues motrices de cette Porsche qui pèse tout de même 1945 kg. Pas forcément l'esprit de légèreté que l'on attend d'une voiture de Zuffenhausen, d'autant plus lorsque, à l'image de cette 4S, la voiture reçoit un réservoir de 90 litres (option à 120 euros) qui alourdit encore la grande routière Porsche. Et pourtant…

Et pourtant cette Porsche Panamera promet des performances remarquables : 289 km/h en pointe de vitesse, le 0 à 100 km/h en 4,4 secondes le 0 à 160 km/h en 10,3… Bref, une accélération détonante, qui se vérifie dès le premier coup d'accélérateur donné. Collé au fauteuil, la Panamera s'arrache du bitume dans un ronronnement caractéristique des moteurs Porsche, accompagné du petit sifflement feutré des turbos. Pas de doute, avec une telle accélération, nous sommes bien dans une Porsche.

Équilibre parfait

La suite est évidemment à la hauteur du nom. Évidemment à l'aise sur autoroute, terrain pour lequel elle est taillée, la Panamera se fait surtout remarquer sur nationale. La marque allemande s'est fait une spécialité de l'efficacité. On ne gagne pas 18 fois au Mans par hasard. Aucune place n'est ainsi laissée au doute. Jamais la Panamera ne vient vous tromper.

Essai - Porsche Panamera 4S

D'une part, la boîte de vitesses est toujours aussi agréable. Tranquille en mode automatique, la voiture change radicalement de caractère lorsque l'on commence à jouer avec les palettes au volant. Très vite, on se prend à vouloir faire chanter ce V6 qui se montre plus que présent. Les modes sport et circuit permettent aux valves de l'échappement de s'ouvrir, donnant un caractère encore plus savoureux à cette jolie berline.

 La motricité est toujours optimale, tandis que la stabilité en ligne droite est toujours aussi agréable. Certes, la voiture ne profite pas de l'agilité du 718 par exemple, mais reste très efficace, bien aidée par ses quatre roues motrices. Les sensations au volant sont, elles, très bonnes. Précise, la direction transmet bien les informations de la route. Il faut dire que le travail des trains roulants est optimal, là encore, les différents équipements électroniques veillent, mais il est rare de voir l'auto, en dépit de son poids, souffrir sur route sinueuse ou en mauvais état.

Essai - Porsche Panamera 4S

Sans oublier ce délice suprême, celui des freins, d'une régularité à toute épreuve. Pourtant, les deux tonnes de l'auto réclament une certaine puissance. Toutefois, non, jamais la Panamera ne faiblit au moment de la stopper. Oui, définitivement, c'est bien le caractère d'une Porsche que l'on retrouve ici.

Ce qui est d'autant plus remarquable, lorsque l'on est surpris par sa facilité d'utilisation au quotidien. Non seulement la Panamera se manœuvre facilement en ville, mais sa consommation reste en dessous de 10 litres lors d'une utilisation normale. Avec ce plaisir par rapport aux autres routières allemandes, de se dire que l'on peut s'offrir une pointe, en Porsche, en quelques secondes. Un luxe qui n'est pas à la portée de tous les constructeurs, tenons le pour dit.

Essai - Porsche Panamera 4S

Il faut dire qu'il pouvait difficilement en être autrement pour la firme de Zuffenhausen. Attendue depuis longtemps, la nouvelle Panamera, les spécialistes avaient l'œil sur cette berline. Porsche a donc mis les bouchées doubles, et cela se fait ressentir sur le prix. La 4S s'affiche en prix de base à 118'007 euros. Un prix qui la place dans la bonne fourchette de la catégorie des routières de luxe, mais cela peut rapidement changer. Bien équipée, notre version s'affichait tout de même à 137'000 euros, soit presque 20'000 euros de plus que la version de base.

C'est là le vrai défaut de la Porsche, comme toute voiture allemande qui se respecte : elle possède un catalogue d'options pléthorique dont les prix sont souvent assez élevés. Dommage, par exemple de devoir payer 2400 euros pour équiper sa Panamera d'un régulateur de vitesse adaptatif, quand certains constructeurs populaires le proposent de série sur leurs autos. Il fallait bien lui trouver un défaut, à cette Panamera.

Conclusion

On dit souvent que lorsqu'une voiture de course est belle, elle va vite. C'est probablement le cas de cette Panamera, réussie stylistiquement et dynamiquement. Utilisable au quotidien pour une utilisation familiale, ou sur circuit pour une utilisation radicale, cette Porsche est une vraie réussite en termes d'efficacité. Le confort est à la hauteur de ce que l'on attend d'une routière, et le caractère de celui d'une sportive. N'était-ce pas là tout le défi de Porsche ? Faire une Porsche sans en faire une ? Un consensus qu'elle fait payer néanmoins au moment de passer à la caisse., d'autant plus si l'on veut s'offrir quelques options. Que voulez-vous, Porsche a beau vouloir sortir des sentiers battus, il ne faut pas se renier non plus.

 

 

Les plus

Les moins
Le châssis efficace Le poids, un peu élevé
La sonorité du moteur Quelques lacunes d'équipement à ce prix
La boîte PDK La liste d'options pléthorique
Lire l'essai completVoir moins