Essai Audi SQ7 - S Express

RS Q3, SQ5, depuis quelques années Audi applique sa formule sportive à ses SUV. Sauf au grand frère, le Q7. Enfin du moins pas de manière officielle. Il faut dire que le Q7 est le premier SUV de chez Audi, qu’il est apparu en 2005, et qu’à l’époque, si ce n’est le Cayenne, les tout-terrain en tenue de sport n’étaient pas répandus. Il y avait bien une version V8 4.2 litres de 350 chevaux, apparue en 2006, ou alors le gros Q7 V12 6.0 L, mais en TDI. 500 ch quand même, un physique bodybuildé, mais une espèce très rare !

Il faudra donc attendre la seconde génération débarquée en 2015, pour que le grand SUV de la marque aux anneaux s’émancipe, et suive la voie tracée par ses petits frères, et la concurrence, Porsche Cayenne et autres Mercedes GLE et GL siglés AMG en tête. Et le voilà qui hérite enfin du "S" pour se muer en SQ7. Avec un V8. TDI. Tout simplement l’un des moteurs diesel les plus puissants du marché, pour ne pas dire LE plus puissant, partagé avec le cousin britannique, le Bentley Bentayga. Alors, ce SQ7 mérite-t-il vraiment son préfixe synonyme de sportivité ? Avec plus de 5 mètres de long et de 2,2 tonnes sur la balance, est-ce plutôt le "S" de "Super lourd" ou de "Super performant" ? Réponse tout de suite !

ESSAI Audi SQ7

Beau bébé

Même dans cette teinte grise, plus discrète que le bleu nacré du véhicule lors de sa présentation en mars 2016, l’Audi SQ7 ne passe pas inaperçu. Déjà pour ses dimensions, 5,05 mètres de long, 1,97 m de large et 1,74 m de haut. Ensuite pour sa préparation spécifique extérieure. Alors certes, les monogrammes "V8 T" sur les ailes qui donnent un indice de taille sur son pedigree restent relativement discrets. Mais la calandre trapézoïdale, la large baguette gravée "quattro" sur les bas de portières et les coques de rétroviseurs, toutes chromées, ou encore les deux doubles sorties d’échappement laissent peu de doutes sur l’identité du véhicule. Ce que viennent d’ailleurs confirmer les deux logos SQ7, sur la calandre et le hayon. 

ESSAI Audi SQ7
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Et comme si ça ne suffisait pas, Audi donne évidemment le choix de piocher parmi de nombreux modèles de jantes. Trois en 20 pouces, la taille de série, six en 21 pouces, avec des dessins plus agressifs (notre modèle d’essai est ainsi chaussé)… Et il y a même du 22 pouces, si vous osez, avec des jantes en étoile déjà vues sur la RS 6.

En plus de ses jantes de 21 pouces à 1280 euros, notre SQ7 du jour opte aussi pour les fameux feux Matrix LED, une option à 1135 euros, le top actuellement sur le marché pour éclairer de nuit de manière optimale, comme si on était toujours en feux de route, sans jamais éblouir les usagers qui viennent en face. Et puisqu’il est question de vision de nuit, une caméra infrarouge intégrée dans la calandre permet de voir sur l’écran intérieur tout ce qui ne serait pas éclairé comme en plein jour, ou presque !

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Plus limousine que SUV

Géant, ce SQ7 l’est aussi de l’intérieur, pouvant embarquer jusqu’à 7 personnes. Et même dans cette configuration, en option, le coffre reste très accueillant pour quelques bagages. Les deux passagers arrière de la troisième rangée ont droit à bien mieux que de simples strapontins, avec deux sièges en cuir, mais qui conviendront quand même mieux à des enfants qu’à des adultes. Se repliant en quelques secondes électriquement dans le plancher, plat, ils laissent place à un volume de coffre de 705 litres. Et jusqu’à 1890 litres lorsque les 5 places arrière sont ramassées. Gigantesque !

ESSAI Audi SQ7
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Mais au delà de jouer les déménageurs, de luxe, l’Audi SQ7 se rêve également en limousine. Surélevée évidemment, mais le confort intérieur est au delà de ce qu’on peut demander. À l’ergonomie et la qualité de finition parfaites, on est chez Audi, il faut ajouter les matériaux, de grande qualité. Il faut dire que notre modèle d’essai pioche copieusement dans les options, à base d’applications décoratives en aluminium brossé du plus bel effet, mais quand même facturées 2390 €, ou encore du Pack tout cuir qui coûte le prix d’une Dacia Sandero. Pour de vrai. Le tout sous un toit ouvrant en verre immense, lui aussi facturé 2150 €.

Sans revenir sur le Virtual Cockpit que l’on connaît déjà bien, certains détails sont particulièrement plaisants dans ce SQ7. A commencer par ces sièges avec surpiqûres en forme de diamant au confort et au maintien excellent, le système Bang & Olufsen, la recharge de votre smartphone par induction dans l’accoudoir central… En revanche, c’est toujours aussi compliqué de rentrer une destination dans la navigation en passant par le pavé tactile central. À défaut, ce sera la bonne vieille molette.

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Cruiser sur autoroute ou attaquer en montagne ?

Un confort que l’on doit également à l’insonorisation parfaite de ce SQ7. Mais que l’on se rassure, le gros V8, même diesel, sait se faire entendre et grommelle à l’envi ! Il faut dire qu’il s’agit ici tout simplement du diesel le plus puissant du monde actuellement ! Le V8 TDI développe la bagatelle de 435 ch, c’est 65 ch de moins que l’ancien V12 6.0 TDI, mais c’est surtout le couple qui impressionne : 900 Nm dès 1000 tr/min ! Parfait pour tracter son bateau le week-end… d’autant qu’un crochet de traction se déploie et s’escamote à l’arrière sur simple pression d’un bouton !

ESSAI Audi SQ7
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Pas évidemment au départ de se rendre compte qu’il s’agit d’un diesel. Ni à l’oreille, ni même en se fiant à d’éventuelles vibrations. Malgré son gabarit de mastodonte, ce SQ7 se conduit du bout des doigts en ville. La direction légère et les quatre roues directrices permettent de se jouer des obstacles avec facilité. Le compresseur électrique du moteur, une première mondiale signée Valeo, permet lui d’évoluer à très bas régime, sans jamais manquer de punch. Avant que les deux autres turbocompresseurs ne se mettent eux aussi en marche pour produire une poussée impressionnante pour un gros bébé de près de 2,3 tonnes ! Tous ces systèmes fonctionnent harmonieusement, en fonction du régime moteur, le souffle semble inépuisable, la route vous saute vite à la figure. Attention, on ne parle pas d’une sportive, n'atendez pas de coup de pied aux fesses. Mais cet Audi SQ7 revendique quand même, en 4,8 secondes, un 0 à 100 km/h de Ford Mustang GT ou de Porsche 911 Carrera Cabriolet !

ESSAI Audi SQ7
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Mais le SQ7 n’est pas seulement capable de pousser fort sur autoroute, il se montre également plutôt agile quand il s’agit d’aller sur de plus petites routes. Encore un effet des quatre roues directrices, les roues arrière tournant dans le sens inverse des roues avant à faible allure, et dans le même sens à allure plus élevée ! Le rythme s’accélère, les virages s’enroulent sans effrayer cet impressionnant SUV, les barres stabilisatrices électromécaniques permettant de virer à plat et de préserver le confort, la transmission quattro conservant elle le grip. La boîte automatique à 8 rapports Tiptronic gère le flux de puissance avec maestria. Et il faut y aller fort, vraiment fort, pour prendre en défaut ce SQ7. S’il faut trouver un défaut, on peut quand même parler de la direction, à assistance électrique, qui se montre peut-être un peu trop artificielle. Mais encore une fois, on n’est pas dans une sportive, il ne faut pas l’oublier !

ESSAI Audi SQ7

Conclusion

S’il fallait ne retenir qu’une chose de cet Audi SQ7, c’est son exceptionnelle polyvalence. Certes très imposant, il sait se montrer facile à manoeuvrer en ville, agréable à mener sur routes de campagne, et royal dès qu’il s’agit de prendre l’autoroute pour enfiler les centaines de kilomètres. Et tout ça, avec des consommations de citadine ! Évidemment c’est un peu exagéré, mais il revendique officiellement une consommation mixte de 7,2 l/100 km, et que lors de notre essai, il était à peine au-dessus. Sauf à fausser les données en jouant avec la pédale de droite.

Reste maintenant à parler de prix. Et évidemment, les 107’860 € demandés ne sont pas à la portée de toutes les bourses. Encore moins les 109’950 € affichés sur le SQ7 7 places. Et quand on sait que notre version d’essai avec toutes ses coûteuses options grimpent à 148’000 €…

Reste qu’au vu des prestations, ce SQ7 les vaut sûrement. Les BMW X5 M50d et Porsche Cayenne S Diesel, proposés respectivement à partir de 98'800 € et 91’370 €, sont certes moins chers. Mais aussi moins puissants, 385 ch, moins grands donc moins habitables, et seulement proposés en 5 places. On pourrait même pousser le vice jusqu’à dire que cet Audi SQ7 n’est pas si cher que ça, si on le compare au Bentley Bentayga Diesel qui lui emprunte sa mécanique. Affiché à 182’400 €, soit près de 75’000 € d’écart, vous avez certes le célèbre "B Ailé" en bout de capot. Mais l’Audi SQ7 lui est bien supérieur en conduite, et presque aussi luxueux. Que de demander de plus ?

Photos : Mael Pilven / Motor1.com

 

 

 

Points positifs

Points négatifs
Agrément du V8 TDI : souplesse, puissance... Gabarit très imposant
Polyvalence Direction qui manque de précision
Habitacle grand luxe Tarif
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