Essai Renault Talisman Estate (2016)

C’est une lutte qui commence dès le milieu des années 70 lorsque Peugeot (avec sa 604) et Renault (avec sa R25) se mettent en tête de lutter contre BMW et Mercedes-Benz, alors leaders sur le marché des grandes routières statutaires. Mais tant Peugeot que Renault ont échoué à affaiblir cette suprématie. Il y a quelques mois, Renault dévoilait sa Talisman, une berline premium appelée à remplacer la Laguna et la Latitude, élaborée sur la plateforme CMF C/D utilisée par le dernier Espace. Esthétiquement soignée, la Talisman se décline aujourd’hui en une version break, baptisée Estate, que Motor1 a pu essayer avec le bloc dCi de 160 ch et la boîte EDC.

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La nouvelle Talisman ambitionne plus de s’attaquer aux Skoda Superb, Volkswagen Passat et autres Ford Mondeo, qu’au Mercedes Classe C, BMW Série 3 et autres Audi A4. Et alors que feue la Velsatis jouait incontestablement la carte de l’originalité, la nouvelle Talisman, elle, fait plutôt dans le consensuel. C’est que si Renault est avant tout un constructeur de voitures populaires, la marque au losange se doit de garder un pied dans le segment premium, ce dernier générant quelque 50 % des profits de l’industrie automobile ! Du coup, Renault a décidé de frapper fort, en consultant notamment les ingénieurs de chez Infiniti (marque qui est elle aussi dans le giron du groupe Renault-Nissan). Le résultat est un break relativement classique mais très agréable à regarder.

Ambiance soignée

L’habitacle a fait l’objet d’une finition soignée, particulièrement lorsqu’on opte pour la finition Initiale Paris. Le cuir est alors présent çà-et-là tandis que la tableau de bord se voit affublé d’un grand écran tactile. Cette ‘tablette’ (baptisée R-Link) bénéficie d’une ergonomie complexe, les nombreux menus et sous-menus se révélant très agaçants à l’usage. Dommage. Un bon point par contre pour l’installation audio et ses haut-parleurs Bose qui délivrent un son riche et puissant. La sellerie, avec ses sièges climatisés et ses appuis-tête enveloppants, offre pour sa part un confort remarquable.

Légèrement plus long que la berline, le break a vu son porte-à-faux s’étirer de 1,6 cm, pour une longueur totale de 4,87 m. Point fort de cette version Estate : un coffre pratique et généreux, qui offre un volume allant de 572 l (en tenant compte de l’espace de rangement sous le plancher) à 1.610 l. Seule la Superb Combi de Skoda fait mieux, avec respectivement 660 et 1950 litres. Cet espace arrière demeure néanmoins le plus pratique de sa catégorie, grâce à un seuil de coffre parfaitement plat et un double plancher qui peut être relevé afin de faciliter le chargement d’objets volumineux. En option, il est aussi possible d’opter pour un hayon à ouverture motorisée, qui, comme chez Skoda, s’ouvre en passant le pied sous le pare-choc arrière.

Renault Talisman Estate 2017 Essai
Renault Talisman Estate 2017 Essai

Petit mais costaud

Sous le capot de notre véhicule d’essai : un bloc diesel de 1.600 cc, gavé par deux turbocompresseurs, qui délivre 160 ch. Couplé à une boîte à double embrayage comptant six rapports, il permet à la Talisman de se mouvoir dignement, même si un manque de couple à bas régime le rend moins agréable en ville. C’est que ce Estate Initiale Paris pèse tout de même près de 1700 kg. L’ensemble réclame un bon 6 l/100 km de gazole, une consommation remarquable pour la catégorie.

Le point fort de la Talisman est indéniablement son châssis, surtout lorsqu’il est doublé de la technologie 4Control. Celle-ci consiste en quatre roues directrices, les roues arrière étant elles aussi à même de braquer légèrement (jusqu’à 2,7°). Du coup, la voiture tourne un chouïa plus court, au bénéfice du plaisir et de la précision de conduite, surtout quand les virages s’enchaînent. Pour ce qui est de l’amortissement, on constate un certain manque de fermeté, qui débouche du coup sur des mouvements de caisse parasites. Un point noir qu’il est possible de gommer lorsqu’on opte pour le mode Sport de l’amortissement adaptatif optionnel.

Renault Talisman Estate 2017 Essai

Points forts :

  • comme la berline, le break dispose d’une présentation soignée et d’une finition enfin à la hauteur de la concurrence. Et si certains plastiques ont tendance à dénoter, l’habitacle jouit néanmoins d’une belle harmonie.
  • la technologie 4 Control, conjuguée à un châssis rigoureux, assure un plaisir et une précision de conduite de haut vol, surtout lorsque la route devient tortueuse.
  • s’il n’est pas le plus vaste de la catégorie, le coffre de ce Estate se démarque néanmoins par ses nombreux aspects pratiques, dont un double plancher et un seuil parfaitement plat.
  • au contraire de la concurrence allemande, la Talisman Estate dispose d’un équipement de série très complet, limitant les options payantes à la portion congrue.
  • le modèle est une excellente machine à avaler les kilomètres, rehaussé d'un confort irréprochable, dans un habitacle très bien insonorisé.

Points faibles :

  • au contraire du bloc essence TCe de 150 ch, le dCi de 160 ch manque de vigueur et a du mal à exploiter son couple dans les bas régimes.
  • la Talisman jouit d’un amortissement trop moelleux, ce qui a tendance à générer des battements de roue, au détriment de la précision de conduite. Seule solution : opter pour le mode Sport de l’amortissement adaptatif (proposé en option).
  • le système d’infodivertissement R-Link gagnerait à être revu, les nombreux menus et sous-menus se révélant très agaçants à l’usage.
  • Renault ne propose pas de véritable motorisation haut de gamme, ni en essence, ni en diesel. Dommage pour un modèle qui se veut premium.
  • la boîte à double embrayage EDC, qui compte 6 rapports (7 en essence), manque cruellement de réactivité. Une certaine paresse qui la rend désagréable en ville.

Rivales :

  • Skoda Superb Combi
  • Ford Mondeo SW
  • Volkswagen Passat Variant
  • Opel Insignia Tourer
  • Peugeot 508 SW
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