Essai Toyota RAV4 Hybride - Le meilleur pour la ville ?

Pour la première fois de son histoire, le Toyota RAV4 se décline en hybride, et vient donc épauler la version diesel de 143 chevaux et la version essence pourvue de 151 équidés. Une proposition intéressante et loin d'être farfelue de la part de l'une des marques pionnières dans le secteur de l'hybridation. Et l'on s'étonne d'ailleurs que le RAV4 n'ait pas pu bénéficier d'une déclinaison hybride bien avant.

En effet, après 4 générations, 21 années de carrière, et 6,5 millions de modèles vendus à travers le monde, il fait aujourd'hui partie du "patrimoine" de la marque japonaise, et cette nouvelle offre hybride entend bien pérenniser ces chiffres qui font sans doute envie à de nombreux constructeurs.

Chez Toyota, les deux best-sellers dans le domaine de l'hybridation sont les Toyota Yaris et Auris. La Yaris est d'ailleurs l'hybride la plus vendue en France, tandis que l'Auris se vend aujourd'hui majoritairement sous cette déclinaison également. L'objectif étant bien entendu de faire de même avec ce nouveau RAV4 Hybride que nous avons pris en main durant quelques jours.

Essai Toyota RAV4 Hybride

Un vrai restylage

À l'époque où les restylages sont parfois assez caricaturaux car il est difficile, voir même parfois impossible, de décerner la moindre différence avec l'ancienne phase, Toyota a fait le choix de bel et bien modifier le style de son RAV4. Pas de bouleversements cela dit mais ce facelift est reconnaissable dès le premier coup d'œil grâce à un bouclier avant, une calandre et des optiques remodelés. Les feux reçoivent notamment un nouvel éclairage diurne à LED et la fonction phare à bi-LED.

De profil et à l'arrière c'est plus discret mais toutefois perceptible, avec des bas de caisse et l'embase du hayon revus, l'apparition d'un sabot de protection en bas de la poupe, et un nouveau graphisme des optiques arrière désormais un peu plus travaillé. Esthétiquement, même s'il ne casse pas les codes en la matière, force est de constater que la voiture est plutôt homogène, on regrettera simplement, et comme sur le dernier Peugeot 3008, une ceinture de caisse bien trop haute qui détériore largement la visibilité à bord.

Essai Toyota RAV4 Hybride
Essai Toyota RAV4 Hybride
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Un habitacle contrasté

Sur notre modèle d'essai en finition Lounge et dépassant allègrement les 40'000€, on s'attendait à mieux à l'intérieur. La présentation est quelconque et les plastiques d'une qualité discutable, même si Toyota semble avoir fait un effort concernant l'assemblage globalement bon dans l'ensemble. Il n'en demeure pas moins que la qualité perçue est discutable, et c'est là globalement le point faible du RAV4. De plus, le système multimédia est avant-gardiste, le GPS met un temps fou à réagir et est difficilement manipulable. L'ergonomie des menus est elle aussi à revoir.

Essai Toyota RAV4 Hybride
Essai Toyota RAV4 Hybride

Vous l'aurez compris, au niveau du poste de conduite, c'est très neutre, mais fort heureusement, les clients n'achètent pas de SUV que pour ça, et si c'est le cas, les Allemands font aujourd'hui très bien le job, mais à un tout autre prix. L'habitabilité est plutôt bonne et le RAV4 ne perd pas ses principales qualités, même en hybride où les batteries prennent -logiquement- plus de place. Logées sous la banquette, les batteries mangent un peu de volume de coffre et ne permettent plus d'obtenir un plancher plat une fois les sièges rabattus.

Essai Toyota RAV4 Hybride
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Aussi à l'aise en ville que sur route ?

Motorisation hybride oblige, une fois le contact enclenché, aucun bruit n'émane de l'échappement. Si vous comptez cependant rouler en tout électrique durant tout votre trajet, bon courage ! Le moteur thermique se met vite en action afin de mettre en mouvement les 1625 kilos de l'engin même si globalement le bruit du moteur reste peu perceptible en zone urbaine. Souple et vraiment à l'aise en ville, le RAV4 est sans doute l'un des meilleurs SUV en milieu urbain, et en plus de ça les consommations suivent, puisque nous avons relevé une consommation moyenne autour de 6,5 l/100 km. Un très bon score pour un véhicule de ce type avec quatre roues motrices et une boîte de vitesses automatique.

En dehors des villes, autant vous le dire de suite, conservez un rythme de sénateur. Le Toyota RAV4 Hybride n'est pas dynamique pour un sou, même avec 197 chevaux sous le capot grâce à un moteur thermique de 152 chevaux à l'avant plus un moteur électrique de 68 chevaux situé sur l'essieu arrière. Les deux puissances ne se cumulent pas car la capacité de la batterie est bien entendu limitée.

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Sur autoroute, à vitesse stabilisée, pas de soucis particuliers hormis le fait que le bloc essence gronde un poil plus, mais c'est surtout lors des relances que le RAV4 incommode. En effet, sa boîte à variateur laisse le moteur littéralement s'emballer lors des phases d'accélérations. Pas vraiment agréable à l'oreille mais fort heureusement le phénomène s'estompe vite à vitesse stabilisée sur autoroute. Nous avons d'ailleurs relevé une consommation moyenne de 8,0 l/100 km en zone extra-urbaine, un peu élevée mais rien d'alarmant pour la catégorie. Petit point négatif également concernant les bruits de roulements assez prononcés, notamment au niveau de l'essieu arrière, l'insonorisation n'est pas la meilleure de la catégorie à ce niveau.

Comme énoncé plus haut, le RAV4 n'est pas dynamique, la voiture a tendance à prendre beaucoup de roulis en virage mais ne souffre toutefois d'aucune lacune de motricité grâce à l'apport de la transmission intégrale sur notre modèle d'essai. Ce n'est pas le seul avantage des quatre roues motrices d'ailleurs puisqu'elles permettent tout simplement de doubler le poids tractable freiné par rapport à une version deux roues motrices. En effet, en simple traction, le RAV4 ne peut tracter au maximum que 800 kilos contre 1650 kilos pour la version 4x4.

Essai Toyota RAV4 Hybride
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Conclusion

A priori, et après avoir lu ces quelques paragraphes, le bilan peut paraître contrasté, certes, mais la voiture répond toutefois à un élément fondamental : la demande des clients. Et ça Toyota l'a -une fois de plus- bien compris car aujourd'hui quel SUV peut se permettre une consommation inférieure à 7,0 l/100 km en ville et à peine supérieure sur autoroutes, qui plus est avec un moteur essence ? Le RAV4 Hybride est donc bien seul dans sa catégorie, l'Audi Q5 Hybrid (qui n'est d'ailleurs plus commercialisé en attendant une nouvelle version e-tron) et le Lexus NX évoluant tout deux dans la classe des véhicules premium.

Même si les ventes de la voiture ont baissé en France l'année dernière (6600 exemplaires vendus), Toyota espère bien augmenter de 50% ses ventes de RAV4 avec ce restylage et l'arrivée d'un modèle hybride au catalogue. Mieux encore, la marque japonaise espère surtout vendre jusqu'à 70% d'hybride parmi l'ensemble des commandes. Le nouveau Toyota RAV4 Hybride conviendra donc maintenant davantage à une clientèle de citadins, tout le contraire des clients habituels de ce type de produit, friands de grosses cylindrées diesel pleines de couple, quatre roues motrices, et avec de vraies capacités de franchissement. Changement d'époque donc !

 

 

Points positifs Points négatifs
Consommations Qualité de certains matériaux
Enfin un vrai restylage Prise de roulis prononcée
Utilisation en milieu urbain Système d'info-divertissement
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