Essai Audi SQ5 (2017) - Nager entre deux eaux

Comme la précédente génération, l'Audi Q5 se mue en version sportive. En France, l'Audi SQ5 millésime 2017 arrive sur le marché avec une motorisation essence, de quoi satisfaire les allergiques au diesel qui, sur l'ancienne génération, n'y trouvaient pas leur compte avec uniquement une version diesel disponible au catalogue français. De ce fait, Audi dévoile, avant la version diesel, une essence équipée d'une motorisation V6 3,0 litres TFSI développant la bagatelle de 354 chevaux et 500 Nm de couple. Il s'agit purement et simplement du même moteur que les dernières Audi S4 et S5.

Mais est-ce que ce SQ5 est toujours intéressant face à l'ancienne génération qui, nous devons l'avouer, nous avait particulièrement séduit ? Au regard de la fiche technique, ça commence déjà assez mal avec des performances en retraits par rapport à l'ancienne version équipée du V6 3,0 litres bi-TDI développant 340 chevaux et 700 Nm dans sa version "Plus". Des performances en retraits donc, puis des consommations assez nettement en hausse. Qu'apporte donc de plus cet SQ5 essence et surtout pourquoi le privilégier par rapport à la future version diesel prévue pour 2018 ? Réponse un peu plus bas.

Essai Audi SQ5 2017

Évolutions esthétiques en douceur

Nous l'avons déjà assez dit, le nouveau Q5 change vraiment en douceur par rapport à la précédente génération. On retrouve globalement tous les codes qui ont fait le succès du SUV allemand depuis sa commercialisation en 2008. On y observe néanmoins quelques changements qui le rendent, à nos yeux, plus guindé et peut-être même plus séduisant que son prédécesseur. Audi y a intégré sa calandre "Single Frame", des boucliers plus agressifs et de nouvelles jantes, comme celles de 21 pouces présentent sur notre version d'essai, mais facturées en option 1890 euros tout de même.

Essai Audi SQ5 2017
Essai Audi SQ5 2017
Essai Audi SQ5 2017
Essai Audi SQ5 2017
Essai Audi SQ5 2017

De dos, les changements sont encore moins perceptibles, notamment avec des optiques qui gardent à peu près la même forme que sa grande sœur. Une chose nous interpelle néanmoins : les canules d'échappement factices. Chez Audi, on avait l'habitude des quadruples sorties pour les modèles badgés d'un S. Au vu des images, c'est également le cas n'est-ce pas ? En y regardant le plus près, pas du tout. Il s'agit purement et simplement de canules factices et au cerclage chromé avec, au centre, non pas un trou mais un cache en plastique. L'échappement standard est en réalité caché derrière le sous-bassement. Ça ne se verrait pas, passons, mais là, en plus de ne pas être très esthétique, ça se voit.

Concernant les dimensions, l'Audi SQ5 conserve la même longueur que l'ancienne génération (4,68 mètres) et la même largeur (1,91 mètres). Par rapport à ses principaux concurrents, le SUV aux anneaux se situe dans la moyenne. Un Porsche Macan GTS mesure 4,69 mètres, un BMW M40i 4,67 mètres et un Mercedes-AMG GLC 43 4,66 mètres. Seul le Jaguar F-Pace Supercharged se démarque avec cinq centimètres de plus puisqu'il culmine à 4,73 mètres.

Essai Audi SQ5 2017
Essai Audi SQ5 2017
Essai Audi SQ5 2017

L'habitacle de référence

Quand on parle d'une Audi, on ne fait jamais l'impasse sur son intérieur. Par rapport à ses quatre concurrentes citées précédemment, même le Porsche Macan, l'Audi SQ5 les surpasse tous en termes de finitions et d'assemblages. Tous est ajusté au cordeau, les matériaux sont de qualité, rien ne bouge, c'est clairement aujourd'hui la marque référante en la matière. Notre version d'essai s'affuble de sièges sport immaculés d'un cuir Nappa fin avec surpiqûres en losange (1100 euros), du système MMI Navigation plus, complété du fameux Audi Virtual Cockpit qu'on ne présente plus, ou encore de l'affichage tête haute (1190 euros).

Essai Audi SQ5 2017
Essai Audi SQ5 2017

Même si l'achat d'un SQ5 n'est pas vraiment dû à son habitabilité, SUV oblige, regardons ce que cela donne tout de même. À l'avant, le SQ5 est un peu avare en rangement, mais il se rattrape à l'arrière avec assez d'espace aux jambes pour deux adultes. Dommage en revanche que l'assise soit un peu ferme. Concernant le coffre, c'est 550 litres qui s'offrent à nous. C'est dans la moyenne haute de la catégorie, seul le Jaguar F-Pace fait mieux avec 100 litres de plus (650 litres), mais aussi quelques centimètres de plus en longueur.

Essai Audi SQ5 2017
Essai Audi SQ5 2017
Essai Audi SQ5 2017
Essai Audi SQ5 2017
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Au volant : sensations contrastées

Avant d'entamer notre partie dédiée à la route, touchons quelques mots de la mécanique. Il s'agit d'un bloc V6 3,0 litres TFSI qui développe 354 chevaux et 500 Nm de couple. La puissance est distribuée aux quatre roues via l'ancestrale − et toujours aussi efficace − boîte automatique Tiptronic à huit rapports. Avec 1945 kilos à vide sur la balance, c'est bien le minimum à avoir pour une voiture qui se veut un tantinet sportive. Audi annonce un 0 à 100 km/h en 5,4 secondes et une vitesse maximale limitée à 250 km/h.

Essai Audi SQ5 2017

Une fois à bord, nous trouvons très rapidement notre position de conduite avec une sensation de ne pas "trop" être en hauteur. Contact et le V6 s'allume avec un léger feulement pas vraiment désagréable à l'échappement. Les premiers tours de roue en milieu urbain sont quelconques, l'Audi SQ5 jouit d'une belle polyvalence et d'un très bon confort de conduite avec des suspensions très souples en compression et une direction atone, parfaite pour un usage en ville.

Une fois les rues parisiennes derrière nous, le rythme augmente et le moteur, comme sur l'Audi S5 essayée un peu plus tôt cette année, ne nous déçoit pas. Toujours aussi vigoureux, il permet d'effectuer de belles relances et de belles accélérations. Cependant, avec deux tonnes à faire bouger, son comportement est parfois un peu plus linéaire et moins exubérant que sur une berline ou un coupé. L'Audi Drive Select nous permet de jouer et d'influer sur certains éléments de la voiture. Nous sélectionnons le mode "Dynamic" à l'approche des premiers virages.

L'Audi SQ5 est tout au plus un SUV dynamique, mais pas vraiment sportif. L'arrivée d'un potentiel RS Q5 développant 450 chevaux pourrait remédier à cela.

Le son à l'échappement devient plus rauque, la direction plus précise et les suspensions pilotées plus fermes. La caisse est bien mieux tenue et ne s'écrase pas au premier appui, sans pour autant totalement détériorer le confort que nous avons loué un peu plus haut. Les remontées d'informations sont plus franches et plus nettes mais ne nous incitent pas non plus à attaquer de manière excessive. Le train avant s'avère assez lourd et même si la voiture est bien suspendue, il peut vite être surchargé engendrant ainsi une coupure de la puissance assez nette.

Un point nous a dérangé cependant : le freinage. Avec ses disques ventilés de 380 millimètres de diamètre à l'avant, ceux-ci manquent de mordant. L'anticipation est donc le maître-mot en cas de conduite dynamique. L'inertie au freinage pourrait vous surprendre. Nous relevons ça comme un défaut même si ça peut paraître normal pour un SUV de presque deux tonnes. Audi aurait cependant très certainement pu lui incorporer des disques de plus gros diamètre.

Essai Audi SQ5 2017
Essai Audi SQ5 2017

Conclusion, prix et consommations

Par rapport à l'ancienne génération, ce nouvel Audi SQ5 nous a paru plus lourd et un peu plus pataud malgré un poids similaire. La différence de 200 Nm de couple entre les deux joue forcément beaucoup pour un engin de deux tonnes, et c'est à se demander si une version diesel n'est pas plus appropriée pour un SUV qui se veut dynamique. Quoi qu'il en soit, le moteur V6 essence offre un excellent agrément et s'inscrit toujours comme étant l'un des meilleurs V6 à l'heure actuelle. Avec un équipement complet et des vocations de familiale assumées, l'Audi SQ5 fait le job même si, à nos yeux, il manque un petit zest de sportivité pour mériter son blason S. Concernant les consommations, nous avons relevé des données aux alentours de 11,5 l/100 km en usage mixte. C'est plutôt normal pour un tel moteur mais là aussi, si le cap avec l'ancien SQ5 diesel était vraiment marqué, cela aurait pu se justifier. Là pas vraiment. Surtout qu'avec une version diesel, descendre sous les 8,0 l/100 km de moyenne était plus chose aisée.

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Côté finance, il faudra compter 75'000 euros au minimum pour s'offrir un Audi SQ5. C'est plus onéreux que la majorité de ses concurrents. Le Mercedes-AMG GLC 43 (367 chevaux) s'affiche à 68'550 euros, le BMW M40i (360 chevaux) à 71'100 euros et le Jaguar F-Pace (340 chevaux) à partir de 70'660 euros. Néanmoins, le SUV anglais n'est plus disponible en France sous cette version de 340 chevaux. Jaguar propose uniquement en six cylindres une version de 380 chevaux affichée à partir de 83'524 euros. Concernant le Porsche Macan GTS (360 chevaux), celui-ci s'affiche plus cher et s'échange contre un minimum de 77'555 euros. Notre SQ5 d'essai, bardé d'options, s'affiche à plus de 90'000 euros, auquel il faut ajouter un malus de 9660 euros. Même si le SQ5 est richement doté de série (différentiel quattro sport, suspensions pilotées, accès et démarrage sans clé, sellerie cuir et Alcantara, Virtual Cockpit...), ça commence à faire très cher au cumulé pour un SUV dynamique, mais pas vraiment sportif.

Photos : Yann Lethuillier / Motor1.com France

 
Points positifs Points négatifs
Agrément de conduite Échappement factice
Confort et polyvalence  Freinage manquant de mordant
Moteur V6 sonore et performant Tarifs trop élevés 

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