Depuis le début du mois de mai, la situation est loin de ressembler à celle d’un long fleuve tranquille pour Citroën. Le constructeur français a lancé une campagne de rappel qui concerne des milliers de C3 et DS3, à travers le pays, pour cause d’airbag défectueux à cause "de la chaleur et de l’humidité".

Au total, ce sont plus de 200 000 véhicules (181 734 exemplaires de C3 et 65 149 DS3) qui sont impliqués et les garagistes sont à présent débordés, sans compter que de nombreux clients se retrouvent sans voiture, car il s’agit souvent de leur unique automobile. Mais la résistance s’organise…

Galerie: Essai Citroën C3 (2020)

"Citroën a mis en danger la vie d'autrui"

Me Christophe Lèguevaques, un avocat français inscrit au barreau de Paris, juge la situation intolérable et va lancer, ce jeudi, une action collective au pénal contre la marque aux chevrons. Voici ce qu’il a déclaré au micro France Bleu Drôme Ardèche, le mardi 4 juin :

"Les consommateurs sont très en colère envers Citroën qui leur interdit de rouler sans pour autant organiser une prise en charge des réparations ou du remplacement des véhicules. Cela les met dans des situations catastrophiques en termes de travail, de vie familiale et de vie tout court. En tout cas, Citroën est vraiment à l'ouest. Ils ne répondent pas au téléphone et ils ont un système informatique qui est saturé. En se mobilisant, en se réunissant, l'union fait la force et on pourra se faire entendre et peut-être se faire respecter par ces gens, d’autant plus qu’il y a aussi un préjudice moral parce que ça fait maintenant dix ans que l'on roule avec une voiture dangereuse."

Lèguevaques affirme d’ailleurs que la marque française était bien consciente des problèmes liés aux airbags de l’équipementier automobile japonais, Takata, sans pour autant agir :

"Cette affaire n'est que la partie visible de l'iceberg, puisque derrière tout cela, on apprend avec effroi que cela fait dix ans que Citroën connaît ce problème sur les airbags Takata et pour autant, le constructeur n'a rien fait. Je vais donc mener une action au pénal pour escroquerie, car Citroën a fraudé, Citroën a escroqué ses clients et a mis en danger la vie d'autrui".

Takata et les airbags défectueux

69 millions de véhicules d'entreprises, du monde entier, ont été rappelés ces dernières années suite aux problèmes liés aux airbags de la marque Takata. Parmi eux, on compte des modèles comme la McLaren 570S, la Lexus LFA et plusieurs Ferrari...

Un problème pourtant bien connu

Il se trouve que la marque française n’est pas la seule concernée par ces airbags défectueux. En effet, d’après l’UFC-Que Choisir (une association de consommateurs), le fabricant japonais (qui a fait faillite en 2017) a installé plus de 100 millions de ses dispositifs sur des voitures, dans le monde entier. Il a ainsi été dévoilé, le 31 mai dernier, que la marque espagnole SEAT avait également rappelé plusieurs modèles depuis le mois d’avril, et ce fut aussi le cas pour BMW, qui a fait revenir plus de 20 000 voitures.

Ce problème avait même été détecté, en 2019, lorsque Ford, Honda et même Toyota (ce dernier a rappelé 1,7 million de véhicules) avaient déclaré que "le boîtier contenant le gaz propulseur de cet airbag pourrait éclater". Ce dysfonctionnement a d’ailleurs provoqué la mort de 27 personnes dans le monde…

Malgré tout, Me Christophe Lèguevaques tient à mettre en garde les automobilistes qui souhaiteraient utiliser leur véhicule défectueux en désactivant les airbags. 

"Je mets en garde du danger que représente cette action, notamment vis-à-vis des compagnies d'assurances. Certains assureurs ont dit qu’ils n’assureraient pas les véhicules qui sont concernés et qui rouleraient. Donc, malheureusement, je suis obligé de dire soyez attentifs et faites attention, car sinon, Citroën et/ou les assureurs pourraient vous reprocher votre comportement"