Essai Alfa Romeo 4C Spider - Plaisir automobile à l'état brut

Lancée en 2013, l'Alfa Romeo 4C est une superbe italienne dans l'esprit des sportives ultralégères telles que la Lotus Elise, avec l'emploi de fibre de carbone et d'aluminium qui lui permet d'afficher moins de 900 kilos sur la balance. Héritière de la fameuse Alfa Romeo 33 Stradale de la fin des années 1960, elle s'oppose également à d'autres modèles comme la Porsche 718 Boxster, qui joue tout de même dans un registre moins radical.

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Pour aller encore plus loin dans l'expression du plaisir automobile, la version Spider permet de rouler cheveux au vent, tout en conservant des performances similaires à celles de la version Coupé grâce à un surpoids maîtrisé (+45 kilos). C'est cette version résolument exclusive que nous avons eu l'opportunité de prendre en mains, avec en prime quelques tours sur le mythique circuit Bugatti du Mans, à l'occasion de l'édition 2017 de l'événement Exclusive Drive !

Un style unique et désirable

Avec une allure qui n'est pas sans rappeler la plus grande Alfa Romeo 8C, cette 4C ne passe pas inaperçue malgré des dimensions très compactes, dignes de celles d'une citadine : longue de 3,99 mètres, large de 1,86 mètre... Et culminant à seulement 1,18 mètre en hauteur ! Élue Plus Belle Voiture de l’Année 2013, la 4C affiche un véritable look de petite supercar, d'autant plus avec la teinte "Jaune Prototipo" de notre modèle d'essai, qui n'est pas sans rappeler ses plus grandes consœurs dotées d'un cheval cabré...

Ses lignes sont généreuses mais particulièrement épurées, avec notamment sur la face avant la célèbre calandre "trilobo" d'Alfa, ainsi que des galbes marqués s'étirant des flancs jusqu'à l'arrière, tout en donnant naissance à de généreuses écopes pour alimenter en air frais le moteur, situé en position centrale arrière. Pour mettre l'accent sur la sportivité, l'ensemble peut être ponctué de touches de carbone en option, sur les prises d'air, les coques de rétroviseurs, les montants de pare-brise ou encore l'habillage de l'arceau à l'arrière de l'habitacle.

Essai Alfa Romeo 4C Spider 2017

Un habitacle dénué de tout superflu

À l'intérieur, le ton est donné : la sportivité est omniprésente, et il faut se contorsionner afin d'accéder à bord et de s'asseoir à ras du sol, dans des sièges baquets en cuir et microfibre façon Alcantara qui se parent de surpiqûres jaunes, que l'on retrouve également sur la planche de bord... Et c'est à peu près la seule fantaisie de cet habitacle, particulièrement sobre.

En effet, l'équipement est minimaliste et les finitions sommaires, afin de rappeler l'esprit de la voiture : on retrouve la coque en fibre de carbone visible à bord, la couleur de la carrosserie sur les portières, une console centrale simpliste embarquant tout de même un autoradio Alpine et une console de climatisation, tandis que l'on conserve à portée de main le frein à main ainsi que le sélecteur de mode de conduite "DNA" d'Alfa Romeo.

Face au conducteur, on retrouve un volant cuir à la prise en main agréable, dotée de palettes permettant de contrôler la boîte double embrayage à 6 rapports, ainsi qu'une instrumentation numérique rassemblant toutes les informations utiles à la conduite. Pour compléter cette dotation résolument minimaliste, nous retrouvons à l'arrière du compartiment moteur un modeste coffre de 110 litres, qui devient quasiment impraticable lorsque la capote y est rangée. Ne comptez pas non plus sur les rangements à bord pour vous sauver, il n'y en a pas... À l'exception d'une minuscule boîte à gants verrouillable, située entre les deux sièges !

Essai Alfa Romeo 4C Spider 2017

Au volant, la sportivité est assumée

Dès le démarrage, le quatre cylindres de cette 4C s'exprime par une sonorité rauque, que l'on doit surtout à sa ligne d'échappement "Racing" particulièrement agressive, quand le moteur reste relativement discret. Dès les premiers tours de roues, difficile de passer inaperçu tant la voiture est expressive, que ce soit au niveau de son design ou de ses vocalises.

Probablement le terrain le plus éprouvant pour cette sportive radicale, la ville est l'occasion de se rappeler que la 4C n'offre aucune assistance de direction, une visibilité arrière quasi-inexistante, une position de conduite difficile et des suspensions particulièrement fermes, communiquant à vos vertèbres le moindre ralentisseur et chaque imperfection de la chaussée... Une auto faite pour la conduite sportive et non pour la vie de tous les jours !

Heureusement, les petites routes permettront de révéler le vrai caractère de cette 4C Spider : une simple pression sur la pédale de droite vous propulsera à 100 km/h en 4,5 secondes, avec une sonorité toujours enivrante et des accélérations et reprises vives grâce à son turbo et ses 350 Nm de couple disponibles dès 2200 tr/min. La boîte TCT à double embrayage s'avère rapide et réactive, mais on aurait apprécié des palettes au volant plus grandes et fixes, pour plus d'efficacité lors des passages de rapports.

Bien que la conduite sur petites routes sinueuses soit un plaisir, nous atteignons rapidement les limitations de vitesse et pouvons difficilement exploiter toutes les capacités de la mécanique... Direction la piste, certainement le terrain de jeu favori de la 4C, où son tempérament sportif s'exprime pleinement, surtout avec les modes "Dynamic" et "Race" qui modifient le comportement de la voiture pour le rendre plus incisif et joueur. Très rigoureuse, elle ne se laisse pas facilement dompter, mais les repères s'installent vite et on s'habitue à sa direction assez sensible et son freinage mordant. Sans la pousser dans ses ultimes retranchements, la voiture est agile et plutôt saine : les courbes s'enchaînent à vive allure avec une bonne motricité qui nous permet de réaccélérer assez tôt en sortie, le tout avec toujours cette mélodie omniprésente... Un vrai plaisir !

Essai Alfa Romeo 4C Spider 2017

En conclusion

L'Alfa Romeo 4C Spider est une véritable sportive à l'état brut, un "cuore sportivo" digne de la réputation d'Alfa Romeo, à réserver à la piste pour en tirer la quintessence des performances, plutôt qu'à la vie de tous les jours où sa conduite est un vrai calvaire. Malgré quelques défauts, on apprécie sa personnalité unique, et le plaisir de conduire cheveux au vent pour profiter de la sonorité démoniaque de sa mécanique. Reste qu'à un ticket d'entrée élitiste de 73'000 €, elle s'adresse à un public averti, qui pourrait toutefois préférer la version Coupé, plus raisonnable avec son tarif débutant à partir de 63'200 €.

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Notez également qu'avec des émissions de 161 grammes de CO2/km, l'Alfa Romeo 4C Spider se voit sanctionnée par un malus écologique de 2940 €, pour des consommations annoncées à 6,9 l/100 km en moyenne par le constructeur... Mais en pratique, les 40 litres du réservoir vous imposeront de passer assez souvent à la pompe !

Photos : Tran Ha / Motor1.com

 

 

Points positifs

Points négatifs
Poids contenu Tarif élitiste
Performances et sonorité exaltantes Visibilité réduite
Sensations et comportement dynamique Habitabilité et confort
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