Comment les batteries géantes remplaceront les centrales à gaz
L'économie mondiale de l'énergie pourrait changer radicalement au cours de la prochaine décennie, grâce aux accumulateurs géants et au V2L : les détails
Les énergies renouvelables connaissent une croissance constante. C'est ce que confirment les chiffres du secteur, que nous analysons en permanence et qui illustrent également certaines lacunes de ces technologies.
Outre les coûts d'installation élevés, un autre doute majeur concerne la manière de garantir un approvisionnement constant en électricité des foyers et des usines, même les jours où, par exemple, le temps n'est pas favorable, ou pendant la nuit.
La solution actuelle réside dans les centrales au gaz naturel, qui sont chargées de produire de l'électricité en permanence et de l'utiliser lorsque le besoin s'en fait le plus sentir. Mais en sera-t-il encore ainsi à l'avenir ? Selon plusieurs analystes, non, car elles seront progressivement remplacées par des batteries géantes, qui seront installées parallèlement à la diffusion de la technologie V2L (vehicle-to-load) sur les voitures.
En commençant par l'Australie
Les batteries géantes seront bientôt installées dans le monde entier, selon des analystes interrogés par Reuters. Les premières usines "pilotes" équipées de cette technologie sont d'ailleurs déjà en service en Australie, construites par Tesla.
Dans les prochaines années et sur le même territoire, de nouvelles centrales seront construites, conçues et réalisées grâce à un appel d'offres lancé par le gouvernement local pour la réutilisation de certaines centrales à charbon désaffectées, comme celle de Liddel, en Nouvelle-Galles du Sud.
Les gagnants de ce qui était en fait le plus grand appel d'offres du pays en termes de puissance installée ont été annoncés à la mi-novembre 2023, comme le rapporte Reuters.
Les deux plus grands projets ont été remportés par AGL Energy et Akayasha Energy (BlackRock), avec respectivement deux centrales de 500 et 415 MW de puissance de stockage, la seconde ayant une capacité de stockage de 1660 MWh.
Mais ce n'est pas tout. Iberdrola a également obtenu des contrats plus modestes, avec deux projets d'une capacité de 90 MW et 65 MW, ce dernier devant être réalisé en coopération avec Enel X.
Dans ce cas, l'appel d'offres avait été lancé précisément dans le but de combler une lacune potentielle dans l'approvisionnement en électricité, causée par la fermeture prévue (en août 2025) de la plus grande centrale à charbon du pays, située sur la côte centrale et d'une capacité actuelle de 2,88 GW.
Au total, la réaffectation de la production d'électricité sur le territoire a impliqué environ 1 075 MW d'électricité avec près de 3 000 MWh de capacité de stockage prévue, pour une valeur totale de plus de 1,8 milliard de dollars.
Du Maroc au Royaume-Uni
En ce qui concerne l'Europe, nous avons parlé ces dernières semaines du projet ambitieux du Royaume-Uni d'obtenir de l'électricité à partir de sources renouvelables au Maroc, qui sera acheminée vers le Royaume-Uni par le plus long câble sous-marin du monde.
Dans le cadre de ce grand projet, le premier exemple d'une grande installation de stockage occidentale d'une capacité de stockage de 20 GWh (équivalant à 5 GW de puissance électrique constante) devrait être construit sur la côte africaine, ce qui devrait servir, selon les planificateurs, de "tampon" pour assurer un approvisionnement constant en électricité de l'archipel britannique.
Un impact économique important
Selon Reuters, la baisse des coûts nécessaires à la construction et à l'installation de ces centrales à batteries de secours a conduit plusieurs gouvernements et entreprises dans le monde à réduire leurs investissements dans le secteur du gaz naturel.
Le phénomène peut être observé directement dans les derniers rapports de l'AIE (Agence internationale de l'énergie), qui illustrent comment, au cours des six premiers mois de 2023, il y a eu une diminution notable de la demande pour le carburant, dans le monde entier, causée, entre autres, par la situation difficile en Russie.
Le rôle des voitures
Mais qu'est-ce que les voitures ont à voir avec ce raisonnement complexe ? Comme prévu, la réponse se trouve dans le V2L (vehicle-to-load), c'est-à-dire la technologie qui permet à certaines voitures à batterie de transférer de l'électricité vers le monde extérieur, vers d'autres appareils ou vers le réseau lui-même.
L'idée derrière cette fonctionnalité, qui est encore en phase expérimentale, est en fait qu'un jour la batterie à l'intérieur de chaque voiture pourrait être utilisée comme une grande banque d'énergie.
Ainsi, une voiture peut être rechargée à la maison pendant les périodes de faible demande d'énergie du réseau et d'efficacité élevée des installations renouvelables, en stockant l'énergie qui peut être utilisée plus tard, soit sur la route, soit pour alimenter la maison elle-même, pendant les périodes de demande de pointe ou d'efficacité faible des énergies renouvelables.
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