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Le Dacia Sandrider boucle son premier Dakar

Deux semaines conclues au pied du podium, mais le Dakar a ses propres lois.

Le Dacia Sandrider boucle son premier Dakar
Photo: Dacia

Il s'agissait autrefois des rives du lac rose. En les voyant, vous saviez que vous aviez réussi. Vous aviez conquis votre Paris Dakar personnel. Une route asphyxiante, épuisante, dévastatrice, pour les véhicules et les hommes.

Depuis quelques années, la situation a changé. Après une parenthèse en Amérique du Sud, le Dakar vit ses aventures dans le désert d'Arabie. Avec le fil conducteur habituel : une épreuve extrême, où rien n'est joué d'avance.

Il suffit de demander au vainqueur de l'année dernière... retiré après seulement quelques jours. Une dune, un rocher caché, un saut mal calculé et le tour est joué. C'est pourquoi au bivouac de Shubaytah, à l'intérieur des tentes Dacia, la satisfaction était palpable.

Nasser Al-Attiyah a frôlé le podium final, sans céder aux difficultés évidentes et prévisibles, accomplissant une première mission, certes, mais aussi un premier pas dans un plan où ce prototype, le Sandrider, se révèle être un laboratoire itinérant dans des conditions extrêmes, pour ceux qui seront les modèles de demain. 

Une bonne première

Cette édition du Dakar était celle des records, celle des écarts les plus serrés dans la lutte pour le podium. Le tout avec des étapes marathon de 48 heures, un roadbook qui a suscité quelques controverses, et les habituels imprévus qui rendent ce défi aussi unique que passionnant. 

Le Sandrider a été la vedette de cette première édition. Après une première semaine de rodage, avec même la malchance de l'abandon de Sébastien Loeb, non sans polémique, le prototype du constructeur roumain a pris de plus en plus les rênes de la course, avec même le couronnement de la victoire d'étape par Al-Attiyah lui-même lors de la 9e étape.

Dacia à l'occasion du Dakar 2025

Dacia au Dakar 2025 avec son Sandrider

Photos Par : Dacia
Dacia à l'occasion du Dakar 2025

Nasser Al-Attyah

Bref, la chance a manqué, mais la valeur du projet Dacia est évidente, d'autant plus qu'Al-Attiyah lui-même a dû abandonner ses chances de victoire finale à cause d'une suspension cassée la première semaine, mais surtout de la double crevaison de la deuxième semaine et de la pénalité de 17 minutes accumulée lors de ce rallye raid. Le Sandrider a cependant fait preuve de robustesse, de fiabilité et de performance. Après une seule édition, il a déjà montré qu'il peut aspirer au laurier arc-en-ciel dans le futur. 

Ce ne sont pas que des mots et des accroches : le Dakar a ses propres règles, dont la première est l'expérience à accumuler pour pouvoir remporter la victoire finale... c'est ainsi. Et il est aimé pour cela, d'autant plus qu'il devient finalement une sorte de laboratoire en devenir, perdu dans les régions les plus extrêmes du monde. 

Robustesse et développement étaient les clés du projet Dakar de Dacia, et c'est ce que le Sandrider a finalement prouvé. Et il est impensable de se contenter de raisonner que lors des essais, la voiture s'était très bien comportée. Le principe reste le même : les courses mettent les moyens et les hommes à l'épreuve. 

Un laboratoire pour l'avenir

Le Sandrider s'est avéré être un projet déjà mûr pour la victoire dans un futur proche, certes, mais aussi un laboratoire actuel pour introduire ce savoir-faire et ces apports technologiques sur les futurs modèles du constructeur roumain.

La proximité, également stylistique, avec laquelle le Sandrider s'est inspiré du Manifesto (que nous vous avions présenté en avant-première il y a quelques années comme une vision tout-terrain) est déjà la clé.

À cela s'ajoutent des éléments adjacents tels que le développement de l'essence synthétique spécialement mise au point par Aramco, ainsi que les fixations des bras, la rigidité du châssis à étudier, le développement de la suspension mais aussi, en y regardant de plus près, les systèmes de refroidissement et de gestion thermique. Autant dire que, selon Philip Dunabin, directeur technique de Dacia, le plus gros défi a été le sable qui s'est retrouvé partout. 

Un aperçu de la Dacia de demain

Certes, les Bigster, Duster, Sandero et futurs modèles Dacia n'auront peut-être pas à affronter le sable du désert d'Arabie en conditions de course dans le futur, mais il est tout aussi vrai que ce n'est que de cette manière que les connaissances sur la gestion de la température, les radiateurs et les circuits de refroidissement peuvent être développées puis transférées au produit de série. Et ce n'est qu'un petit exemple. Pensez donc aux performances dans des conditions aussi compliquées. 

Dacia à l'occasion du Dakar 2025

Dacia à l'occasion du Dakar 2025

Photo : Dacia

S'il est vrai que le Sandrider utilisait un V6 3 litres biturbo à injection directe, il est également vrai que toutes les données recueillies pourraient permettre de mieux comprendre et décliner la gestion de la puissance et du couple dans les futurs modèles. Et donc aussi un autre élément qui, entre autres, a distingué Dacia de ses concurrents directs : la configuration du capot avant, si descendant qu'il a considérablement amélioré la vue des conducteurs d'aujourd'hui, et peut-être de ceux de demain. 

Autant de suggestions bien sûr, mais toutes filles de points clés fondamentaux : la fiabilité, la robustesse oui, mais aussi la recherche et le développement. Ce n'est pas un hasard si le projet Sandrider prévoit au moins deux participations supplémentaires, jusqu'en 2027. Une vitrine pour raconter sa nouvelle orientation, son évolution bien sûr... mais au Dakar, toute vitrine peut être enterrée très facilement dès que l'on touche aux dunes du désert. 

Dacia à l'occasion du Dakar 2025

Dacia au Dakar 2025 : poussière, sable, fatigue et défi extrême

Photo : Dacia

 Avoir atteint le bivouac final de Shubaytah, avoir frôlé le podium final, malgré deux crevaisons et diverses mésaventures lors de la première semaine de course, et en plus d'avoir remporté une étape avec Al-Attiyah lui-même, c'est une excellente carte de visite. Bref, une bonne première.