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Un sénateur déplore "le désengagement du gouvernement" envers la voiture à hydrogène

La nouvelle mouture de la Stratégie nationale hydrogène (SNH II) a été publiée le 16 avril dernier.

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C’est à l’occasion du Comité interministériel de l’Innovation, tenue le 10 avril dernier au Centre George Pompidou, que le Premier ministre François Bayrou a annoncé l’actualisation de la Stratégie nationale hydrogène, après une première mouture lancée en 2020.

Pour mémoire, la SNH avait pour but de définir les objectifs de développement de l’hydrogène bas-carbone. Après cinq ans, le gouvernement a ainsi indiqué avoir soutenu "plus de 150 projets concernant l’hydrogène, notamment avec France 2030, qui permettront le développement, d’ici 2030, de 8 000 emplois directs."

Le 16 avril, un nouveau communiqué du gouvernement définissait les nouvelles orientations de la stratégie hydrogène, dans des domaines balayant un éventail assez vaste dépendant à la fois du ministère de la Transition écologique, celui de la Forêt, de la Mer et de la Pêche, de l’Industrie et de l’énergie, et également celui du ministère des Transports.

Si la nouvelle stratégie hydrogène insiste notamment sur le soutien à la production d’hydrogène bas-carbone ainsi que sur une volonté de déploiement de la technologie hydrogène par le biais de véhicules utilitaires, évoquant également "un soutien à l’achat de véhicules utilitaires légers en 2025", Jacques Grosperrin, sénateur (LR) du Doubs, a déploré "l’absence de vision pour le développement de l’hydrogène dans le secteur des véhicules particuliers."

"Je souligne que si la SNH II affiche une volonté affirmée de soutenir la décarbonation de l’industrie lourde et des mobilités professionnelles, elle fait paradoxalement l’impasse sur le segment grand public de l’automobile", indique ce dernier dans un communiqué publié fin mai.

Le gouvernement semble acter un renoncement silencieux à l’hydrogène automobile pour les particuliers

"Je regrette qu’aucune mesure ne soit prévue pour encourager le développement de l’hydrogène dans le secteur des voitures particulières. De plus aucune mesure ne concerne le développement d’un maillage territorial d’infrastructures de recharge à hydrogène pour le grand public."

"Le gouvernement semble acter un renoncement silencieux à l’hydrogène automobile pour les particuliers, alors même que de grandes puissances industrielles investissent massivement dans ce domaine", continue-t-il. "Cette orientation soulève un risque de dépendance stratégique car en laissant ce marché à d’autres acteurs internationaux, la France pourrait perdre un levier de souveraineté technologique et industrielle sur un segment clé de la transition écologique."

Jacques Grosperrin a conclu en questionnant directement le gouvernement, souhaitant savoir s'il "entend maintenir cette approche sélective, cantonnant l’hydrogène aux seuls usages professionnels, ou s’il envisage une stratégie complémentaire pour intégrer pleinement la voiture hydrogène dans l’offre de mobilité décarbonée pour les Français."