La reine des centres-villes opère elle aussi la transition énergétique.

Dans un monde où la mobilité est clairement au cœur des débats, les constructeurs doivent s'adapter aux décisions du législateur, quitte parfois à remettre en cause tout un pan de l'histoire de l'automobile. C'est aujourd'hui ce qui se passe avec l'avènement de l'électrification et la mise à mort programmée des énergies fossiles. Conjugué, en plus de ça, à un désengorgement des milieux urbains, les marques vont devoir repenser leur stratégie. Smart est peut-être aujourd'hui l'une des marques les mieux placées compte tenu des nouvelles nomenclatures et de celles à venir.

Dès 2020, en Europe, Smart proposera uniquement des modèles électriques à son catalogue. C'est d'ailleurs déjà le cas depuis 2017 aux États-Unis, au Canada et en Norvège. Avec sa taille réduite pour faciliter son usage en ville, la Smart EQ Fortwo se positionne très clairement comme la reine des villes. En 2017, pas moins de 1145 Smart électriques ont été immatriculées en France. À la fin du mois d'octobre 2018, Smart annonce déjà 1052 ventes de ses modèles électriques dans l'Hexagone, soit la troisième meilleure vente d'électrique pour le moment, devant la BMW i3 (1040 immatriculations au 31 octobre 2018). Pour Smart, les ventes d'électriques représentent d'ores et déjà 20 % du mix produit.

Essai Smart EQ Fortwo
Essai Smart EQ Fortwo
Essai Smart EQ Fortwo
Essai Smart EQ Fortwo
Essai Smart EQ Fortwo

Les chiffres, toujours les chiffres

Évidemment, quand on évoque une voiture électrique, beaucoup de chiffres entrent en jeu, bien au-delà de l'autonomie. Techniquement, la Smart EQ Fortwo embarque un moteur électrique de 60 kW (82 chevaux) et 160 Nm de couple, le tout, envoyé aux roues arrière. La batterie lithium-ion de 96 cellules et d'une capacité de 17,6 kWh offre une autonomie annoncée d'environ 150 kilomètres. Cette batterie peut-être rechargée, selon Smart, de 10 à 80 % en l'espace de six heures sur une prise domestique de 10A. Sur une Wallbox, il faudra compter 3h30, et seulement 40 minutes sur une borne de recharge rapide de 22 kW sur courant triphasé. Via une application dédiée, vous pourrez surveiller la recharge de votre auto à distance, mais aussi utiliser d'autres fonctions comme la pré-climatisation. Smart propose d'ailleurs, en collaboration avec Proxiserve, l'installation d'une infrastructure de recharge et l'accompagnement complet concernant les démarches, notamment en ce qui concerne les modalités de co-propriété, parfois compliquées à gérer.

Dans les faits, qu'est-ce que cela donne ? Pour notre session d'essai, nous avons eu le droit à quatre parcours différents d'environ 20 kilomètres chacun, avec une petite session de recharge à la moitié de notre trajet, histoire certainement d'être serein au moment de retourner à l'aéroport. Difficile donc de juger de l'autonomie réelle de la voiture. Si l'on se base sur notre consommation relevée en usage mixte, c'est-à-dire 14,6 kW/100 kilomètres, nous sommes globalement autour de 100 kilomètres d'autonomie. Tout en sachant que nous avons essentiellement arpenté les départementales, loin d'être aussi économiques en énergie que les milieux urbains, la Smart EQ Fortwo s'en sort avec les honneurs et peut très certainement tenir ses 150 kilomètres d'autonomie annoncés avec un peu plus d'attention. Dans tous les cas, Smart n'a pas forcément misé sur l'autonomie, mais plutôt sur le temps de recharge comme énoncé un peu plus haut.

Essai Smart EQ Fortwo
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Plaisir électrisant

C'est en voulant quitter les villes et les petites départementales que cela se complique. En effet, avec 130 km/h revendiquée en vitesse maximale et une autonomie qui fond comme neige au soleil sur autoroute, difficile d'envisager de longs trajets. La Smart EQ Fortwo n'est dans tous les cas pas étudiée pour cela. Nous nous contenterons de rester près des villes pour prendre en main une voiture somme toute très sympathique à conduire. Pourtant, sur la balance, avec 1085 kilos en ordre de marche, elle pèse son poids cette petite Fortwo électrique, notamment à cause de ses 157 kilos de batterie. Difficile donc d'imaginer de prime abord une voiture vive et engageante.

Direction légère, suspensions souples, motorisation silencieuse et surtout très vive avec un couple maximal disponible dès le départ, c'est globalement un sans faute.

À son volant, elle n'usurpe pas son identité de reine des villes. Direction légère, suspensions souples (bien qu'un peu fermes en compression), motorisation silencieuse et surtout très vive avec un couple maximal disponible dès le départ, c'est globalement un sans faute. L'agrément est, entre autres, bien meilleur par rapport à celui du bloc trois cylindres 0,9 litre qui équipe les versions thermiques. Tout l'intérêt d'une Smart, c'est de la choisir en version Fortwo. La version Forfour, qui n'est autre qu'une Renault Twingo rebadgée − ou inversement − ne présente pas grand intérêt. Avec ses 2,70 mètres de long, vous pourrez vous stationner dans les endroits les plus exigus. Typée propulsion, le rayon de braquage de sept mètres est évidemment imbattable et s'avère plus qu'utile au moment de faire quelques manœuvres pour le moins périlleuses, qui ont le don d'agacer les automobilistes les plus pressés.

Essai Smart EQ Fortwo
Essai Smart EQ Fortwo
Essai Smart EQ Fortwo
Essai Smart EQ Fortwo

En termes d'esthétique, nous vous laissons vous faire votre propre opinion, mais dans tous les cas il ne change quasiment pas par rapport à l'ancienne version qui était nommée "Smart Fortwo Electric Drive". À l'intérieur, malgré sa taille réduite, la Smart EQ Fortwo offre pas mal d'espace pour ses deux occupants. Les matériaux sont de bonne qualité, hormis quelques plastiques bas. Le système d'info-divertissement accuse cependant le poids des années malgré une volonté de raviver l'ensemble avec des couleurs chaudes. On apprécie également la présence d'un petit "éco-score" au niveau de l'instrumentation, qui varie en fonction du type de conduite que l'on adopte. Les mauvais élèves que nous sommes affichent évidemment une bien mauvaise notation à la fin avec un score sous la barre des 50 %. Les meilleurs arriveront pratiquement à atteindre les 90 %. Ce score prend en compte l'anticipation et la vitesse. En d'autres termes, si vous ne freinez pas brusquement et que vous n'accélérez pas comme un parisien qui tente de changer de fil sur le périphérique, votre score se rapprochera de 100. Un élément gadget mais plutôt utile mine de rien pour préserver son autonomie si on joue le jeu.

La douloureuse

Combien ça coûte une Smart électrique ? Cher, comme vous devez vous en douter, d'une part car c'est une Smart (ce qui n'est pas un argument soyons francs), et d'autre part car elle est électrique. Quand on regarde le prix de but en blanc de notre version d'essai Cabrio affublée de la finition Prime, à savoir l'un des plus hauts niveaux de finition (comprenant, de série, la climatisation automatique, le Pack vision, ou encore les sièges chauffants), la voiture est affichée à 31'730 euros. Une fortune pour une auto cantonnée au milieu urbain. Ensuite, vient le moment des soustractions. Vous pourrez ainsi retirer le bonus écologique de 6000 euros ou encore la prime à la conversion de 2000 euros contre la mise au rebut de votre vieux diesel.

Édouard Philippe, le Premier ministre, vient d'ailleurs d'annoncer le doublement de la prime à la conversion en 2019 pour 20 % des ménages les plus modestes. Ça ne concernera pas énormément d'acheteurs de Smart électrique, mais précisions-le tout de même. La Smart EQ Fortwo débute toutefois à des tarifs plus "réalistes" que les 31'730 euros de notre version d'essai. Le prix de départ affiché en France est de 23'250 euros. En retirant les 8000 euros d'aides gouvernementales, votre Smart électrique peut vous revenir à 15'250 euros, sans compter les différentes remises de votre distributeur. Voici un prix nettement plus terre à terre qui devrait même permettre à Smart d'accroître ses ventes d'électriques en France d'ici les années à venir. Encore faut-il que les solutions de recharge se multiplient pour faire face à l'arrivée massive de modèles électriques sur le marché. Une nouvelle fois, l'avancée technologique orchestrée par le législateur semble prendre de court... ce même législateur.

 
Points positifs Points négatifs
Rayon de braquage Quelques plastiques peu flatteurs
Qualité dynamique Système d'info-divertissement daté
Temps de recharge plutôt rapide Tarifs élevés

Smart EQ Fortwo

Motorisation Synchrone à aimant permanent
Batterie Lithium-Ion (17,6 kWh)
Distance en mode électrique 150 km
Type de charge Recharge rapide (22 kW) / Wallbox (20A) / Prise domestique (10A)
Temps de charge Recharge rapide : 40 minutes / Wallbox : 3h30 / Prise domestique : 6h
Puissance 82 chevaux / 160 Nm
0-100 km/h 11,5 secondes
Transmission Boîte de vitesses automatique à un rapport
Type de transmission Propulsion
Poids 1085 kg
Volume de coffre 260 litres
Places 2
En vente 2018
Prix de base 23'250 €
Prix de la version testée 31'370 €

Galerie: Essai Smart EQ Fortwo (2018)