Tout ça au "nom de l'écologie" ?

En parcourant l'actualité automobile, comme chaque matin, nous sommes tombés sur un édito très percutant du côté de chez nos confères d'autoactu.com. L'auteur, visiblement agacé par les quelques lignes qu'il a pu lire au sein d'un article publié sur un autre site, se remémore ses souvenirs de jeunesse et son attachement à l'automobile miniature qui a bercé son enfance, et celle de beaucoup d'autres d'ailleurs.

Mais d'où vient cette "vendetta" ? Après quelques secondes de recherche, la "source" provient d'un article publié sur un site nommé "Détours", et plus précisément d'un article intitulé : "Écologie : faut-il interdire aux enfants de jouer avec des petites voitures ?". L'auteur de l'article n'est pas mentionné puisque le texte est tout simplement signé de "La Rédaction".

Au sein de ce sujet, qui est consultable en suivant ce lien, le premier paragraphe est assez nuancé et s'appuie sur une charte établie par le gouvernement pour la représentation mixte des jouets et combattre les stéréotypes. Cette charte est visible ici même. Dans les grandes lignes, il ne faut plus montrer un petit garçon jouant avec une petite voiture ou encore une petite fille jouer avec une poupée, car ce sont des stéréotypes. L'article s'appuie donc sur le "problème" des stéréotypes pour argumenter un sujet à vocation "écologique". Étrange.

Chacun se fera son opinion là-dessus. Mais ce qui suit est assez édifiant, surtout que, vous l'aurez peut-être remarqué si vous avez consulté le site "Détours", il y a des logos Seat un peu partout, laissant suggérer que la marque est derrière tout ça, avec Canal+. Étrange pour une marque qui fabrique des voitures, même si, ces prochaines années, l'avenir de Seat va s'orienter davantage sur la mobilité au sens large plutôt que sur le "tout voiture".

Contacté à ce sujet, Seat confirme effectivement collaborer pour ce site qui élabore des sujets "dédiés à la mobilité" en les traitant de manière "anecdotique" et "légère". Il s'agit essentiellement de contenus marketing gérés par une agence de presse qui possède ses propres contributeurs. Toujours est-il qu'il est assez étonnant d'évoquer l'interdiction des petites voitures au profit d'idées écologiques, tout en publiant un peu plus loin un sujet sur la voiture volante, dont les vertus écologiques sont sans doute à relativiser.

Les paragraphes de la discorde

Voici ce que nous pouvons lire en parcourant l'article : "Étant donné la gravité et l’urgence du sujet, il est impératif de modifier les comportements et les représentations dès le plus jeune âge. Dans le même esprit que la charte susmentionnée, il semble judicieux de trouver des outils pour promouvoir auprès des enfants des mobilités plus douces et respectueuses de l’environnement."

Plus bas, l'article s'appuie sur plusieurs faits : "Il n’y a qu’à regarder un enfant jouer avec ses voitures et l’entendre faire 'vroooom', imitation d’un moteur thermique, pour constater à quelle profondeur ce dernier est ancré dans notre perception de la mobilité. Rien n’est plus enclin que le monde du jouet à transmettre et figer des stéréotypes. Et au même titre que pour les rôles de genres, les jouets maintiennent la voiture dans une figure polluante."

Le sujet se termine avec une suggestion : "Et s’il paraît abrupt d’interdire les ventes de voitures thermiques miniatures en prévision de l’interdiction des vraies voitures thermiques, il semble plus que nécessaire de proposer aux enfants une alternative dans laquelle fonder un imaginaire. Et préparer ces futurs conducteurs au monde post-thermique qui arrive. Peut-être qu’une charte sur la représentation propre, douce et durable des jouets sera une piste à explorer."

Que retenir de tout ça ?

En somme, l'article est plutôt argumenté et son auteur propose à la fin une idée, bonne ou mauvaise, là encore chacun son opinion. Comme toutes les idées, celle-ci est recevable, même si elle peut paraître un peu "lunaire", ou trop tirée par les cheveux, la transition énergétique s'opérant à une tout autre échelle.

Il serait néanmoins assez dommageable, à nos yeux, d'interdire ce qui constitue le plus souvent une façon de s’approprier un réel inaccessible, en d'autres termes les Ferrari, Aston Martin et autres Lamborghini qui, dans l'absolu, ne sont pas un danger écologique du moment qu'elles se cantonnent au 1/43ème. Et quand bien même à l'échelle 1, ces Ferrari, Lamborghini et autres Aston Martin roulent-elles assez régulièrement pour avoir un réel impact sur l'environnement ?

Rassurons toutefois l'auteur de l'article, les fabricants de petites voitures se calquent principalement sur les modèles proposés sur le marché. Transition énergétique oblige, le parc automobile roulant se transforme, et quoi qu'il arrive, sauf retournement de situation, la Lamborghini d'après-demain sera électrique. C'est celle que verront nos enfants dans la rue, à la télévision (ou plutôt sur YouTube), et ce sera avec elle qu'ils voudront jouer puisqu'elle représentera, au même titre qu'une Aventador aujourd'hui, le rêve inaccessible.

Bientôt, les enfants joueront certainement avec des petites voitures qui représenteront des modèles annoncés comme "plus respectueux de l'environnement", mais nous nous demandons simplement pourquoi vouloir accélérer un processus qui, naturellement, ira dans le sens de l'article cité aujourd'hui ? Car le problème de cet article en réalité, ce n'est pas la petite voiture thermique, c'est de prôner une nouvelle fois la politique de l'interdit.