Après le groupe Volkswagen, c'est au tour de Daimler d'être dans le viseur de la justice allemande via un recours collectif.

Daimler est visé par une action en justice groupée de clients allemands réclamant réparation dans l'affaire des moteurs diesels truqués, a indiqué mercredi l'association de consommateurs VZBV, qui a déjà obtenu d'importants dédommagements de la part de Volkswagen.

"La fédération des organisations allemandes de consommateurs (VZBV) a déposé mercredi une action de groupe contre Daimler devant le tribunal régional de Stuttgart", a indiqué l'organisation dans un communiqué. "Nous voulons que Daimler assume la responsabilité de ses manipulations et que les consommateurs soient indemnisés plus rapidement", ont affirmé les avocats de la VZBV au sein d'un autre communiqué.

L'association accuse le fabricant des Mercedes d'avoir "délibérément installé des dispositifs" de trucage des émissions de CO2 sur "plusieurs modèles de véhicules" vendus en Allemagne. La plainte porte particulièrement sur les modèles Mercedes GLC et GLK, disposant d'un moteur répondant au nom de code "OM 651". La VZBV évalue à "jusqu'à 50 000" les véhicules concernés, soit une ampleur bien moindre que dans la procédure engagée par l'association contre Volkswagen.

Dans cette précédente action de groupe, la première du genre en Allemagne, l'organisme de défense des consommateurs avait obtenu un gigantesque procès qui s'était ouvert en septembre 2019 et s'était soldé quelques mois plus tard par une transaction à l'amiable. L'accord d'indemnisation a coûté plus de 750 millions d'euros à Volkswagen pour dédommager plus de 235 000 clients allemands du groupe. Il s'agissait du "plus grand accord à l'amiable de l'histoire allemande", selon la VZBV.

Le dieselgate, scandale à tiroirs qui hante l'industrie automobile allemande, a été déclenché lorsque Volkswagen a avoué en 2015 avoir équipé 11 millions de véhicules de logiciels truqueurs, destinés à minimiser artificiellement leurs émissions de NOx. L'affaire a par la suite éclaboussé de nombreux autres constructeurs, allemands et étrangers, eux aussi accusés d'avoir eu recours à de telles pratiques.

Daimler a déjà conclu en août 2020 un accord d'indemnisation de 2,2 milliards de dollars pour régler des class action, intentées contre le groupe aux États-Unis. Le groupe fait également face à des milliers de requêtes individuelles de clients demandant réparation devant les tribunaux allemands.

Dans un communiqué mercredi, le constructeur a indiqué obtenir gain de cause dans "environ 95 % des cas". S'agissant de l'action de groupe engagée par la VZBV, Daimler juge "infondées" les revendications formulées. "Nous continuerons à nous défendre contre elles", indique le constructeur. (avec AFP)