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Imparato (Stellantis) : "Nous sommes à quelques mois d’un drame"

Jean-Philippe Imparato, le patron Europe de Stellantis, a alerté sur la menace qui pèse sur les véhicules utilitaires électrifiés en raison de la réglementation européenne.

Peugeot Expert

En déplacement à l’usine d’Hordain, dans le Nord, Jean-Philippe Imparato, le directeur Europe de Stellantis, n’y est pas allé par quatre chemins. Selon lui, la réglementation européenne actuelle, et les risques d’amendes pour un constructeur s’il n’atteint pas le seuil d’électrification imposé par l’Union dans ses flottes, risque de mener l’industrie au crash.

En effet, cette même réglementation impose d’avoir 20% d’utilitaires électriques d’ici la fin de cette année 2025. Mais, en même temps que le tassement des ventes des voitures électriques particulières, le marché des ventes d’utilitaires électriques peine à décoller, et a même enregistré une baisse de 24% en juin.

Pour Stellantis, l’amende peut potentiellement s’élever à la somme pharamineuse de 2.6 milliards d’euros sur trois ans. Ce qui aura fatalement des répercussions sur ses sites de production, avec des fermetures potentielles à craindre.

"Aujourd’hui, c’est très clair : nous sommes à quelques mois d’un drame", a ainsi annoncé Jean-Philippe Imparato lors de sa visite. "En France, le VU électrique, c’est 2 000 immatriculations par mois. Si vous en faites 1 000, vous faites 50 % du marché tout en ne réalisant que 11 % de votre mix."

"En Europe, on est à 9 % de mix, mais on détient 30 % du marché — un tiers. La réglementation nous impose 20 %. Quand ? Demain. Et, dans sa grande sagesse, le régulateur nous dit : pas de panique, on va lisser ça sur trois ans : 2025, 2026, 2027. En réalité, ça ne fait que reculer l’échéance. Tout ce que je ne ferai pas en 2025, je devrai le compenser en 2026 et 2027".

"Si je paie le malus, je devrai fermer des usines. C’est écrit."

Dans ce contexte, Jean-Philippe Imparato espère un assouplissement de la réglementation européenne, et propose plusieurs mesures, comme ajouter au crédit carbone d’un constructeur chaque destruction d’ancien véhicule, ou encore de proposer des véhicules électriques à plus bas coûts.