Essai Toyota Yaris (2017) - Toujours en avance sur son temps ?

Nouvelle ? Vous avez dit nouvelle ? Pas nous, enfin pas pour le moment. Si l'on s'attendait à une quatrième génération, Toyota surprend et dévoile un restylage de la troisième génération de sa citadine phare. Qu'à cela ne tienne, même si ce choix peut surprendre, les ingénieurs se sont concentrés sur quelques éléments spécifiques afin de remettre au niveau la Yaris. Mais est-ce suffisant pour faire face au trio de choc tricolore ?

Si la version hybride est très certainement la plus intéressante, notamment dans les conditions où elle est régulièrement utilisée, nous avons opté pour une version plus polyvalente, celle équipée d'un moteur 1,5 litre VVT-i de 110 chevaux associé à une boîte à variation continue. Nous nous sommes donc rendus à Amsterdam, au Pays-Bas, sous le niveau de la mer, là où les virages sont aussi rares que les vallons, pour prendre en main cette Toyota Yaris millésime 2017.

Toyota Yaris (2017)

Vrai restylage

Si les restylages sont de plus en plus légers et difficilement repérables, celui de la Toyota Yaris se remarque bien plus facilement. Si la marque communique sur plus de dynamisme et de raffinement, nous serons plus mesurés de notre côté. La face avant change légèrement, les optiques ont été très légèrement retouchées, les boucliers accueillent une nouvelle grille de calandre façon "catamaran" d'après Toyota, et les flancs sont un peu plus larges pour donner plus de relief à l'ensemble. Concrètement, ce n'est pas à l'avant que les changements sont les plus remarquables mais ils ont le mérite d'y être.

De dos, c'est en revanche bien plus visible parce que les designers ont revu entièrement les blocs optiques. Ceux-ci viennent maintenant se placer à l'horizontale et occupent une partie de la poupe. Sur les deux finitions les plus hautes (Collection et Chic), la Yaris est équipée de feux à LED lui donnant ainsi une nouvelle identité visuelle. Subjectivement parlant, nous étions un peu plus emballés par l'ancienne face arrière de la Yaris plutôt que celle-ci, plus ramassée, qui nous rappelle d'ailleurs celle de la nouvelle Ford Fiesta.

Toyota Yaris (2017)
Toyota Yaris (2017)

Sobriété de rigueur

Si l'extérieur a bénéficié d'une évolution plutôt intéressante, à l'intérieur c'est beaucoup plus discret. Toyota a préféré opter pour la personnalisation avec désormais un choix de couleurs bien plus complet au niveau des sièges et de l'habillage de la planche de bord. Le tableau de bord bénéficie de quelques modifications pour améliorer encore l'ergonomie à bord, et globalement, la Yaris fait mieux avec un ensemble beaucoup moins brouillon et plus simple d'utilisation.

Les matériaux sont d'une qualité quelconque pour la catégorie, ni franchement bons, ni franchement mauvais. L'assemblage est en revanche tout à fait satisfaisant. Nous avons noté la présence de quelques plastiques moussés sur les éléments les plus visibles, d'autres un peu plus durs sur les parties inférieures. Toyota intègre un nouvel écran tactile de 4,2 pouces de diamètre au centre de la console (disponible de série à partir de la finition Dynamic), un écran somme toute assez minimaliste par rapport à ses concurrentes, et à l'interface vraiment vieillissante.

Toyota Yaris (2017)
Toyota Yaris (2017)

En effet, l'ergonomie des menus est peu désuète et les graphismes sont assez loin des standards actuels. L'ensemble au final reste assez complet néanmoins, mais il faudra compter 650 € supplémentaires sur la facture pour rajouter la navigation embarquée "Toyota Touch & Go 2" à bord de notre modèle orné de la finition Collection.

En matière d'habitabilité, la Yaris n'est pas la meilleure de la catégorie mais sait se défendre. À bord, le conducteur et son passager sont plutôt bien installés avec un espace aux coudes suffisants, seule la position assez haute de l'assise nous a un peu gênés, même en ayant réglé le siège au plus bas. À l'arrière, un adulte d'1,80 mètre pourra s'y glisser sans encombre, mais ne bénéficiera pas d'autant d'espace que dans une Citroën C3 par exemple. Enfin, au niveau du coffre, Toyota annonce un volume de 286 litres, c'est autant qu'une Peugeot 208 (285 litres) et légèrement moins que la Citroën C3 (300 litres), plus longue de 4 centimètres cela dit.

Toyota Yaris (2017)
Toyota Yaris (2017)
Toyota Yaris (2017)

Une bonne alternative à l'hybride ?

Parmi toutes les Toyota Yaris vendues en France, 40% le sont en hybride. Quoi de plus logique après tout quand il s'agit d'une voiture destinée à faire de la ville. Mais est-elle seulement destinée à faire de la ville ? C'est ce que nous avons voulu vérifier en testant la meilleure alternative à l'hybride à nos yeux dans la gamme, le modèle équipé du bloc quatre cylindres essence VVT-i atmosphérique développant 110 chevaux et associé à une boîte à variation continue.

Moteur atmosphérique oblige, il faut aller chercher la puissance assez haut dans les tours, cela implique donc une boîte de vitesses plutôt réactive et intelligente. Or, ce n'est pas vraiment le cas de cette ancestrale boîte à variation continue qui a bien du mal à gérer de manière cohérente le régime moteur en fonction de notre demande. Même si elle s'avère assez souple d'utilisation, difficile de ne pas lui reprocher un certain laxisme avec des montées en régime parfois au-delà de 5.500 tr/min sans même s'adonner à une conduite dynamique !

Toyota Yaris (2017)
Toyota Yaris (2017)

Dommage car le moteur est plutôt bon, mais mal exploité, et les 110 chevaux ont bien l'air d'être un minimum pour pouvoir s'autoriser un parcours extra-urbain sans encombre et avec des relances correctes pour pouvoir doubler en toute sécurité. En milieu urbain en revanche, pas de soucis, notre Yaris se comporte très bien et sait faire preuve d'une belle homogénéité tout en gardant un niveau de confort qui la place tout en haut de la catégorie à ce niveau.

Avec 110 chevaux sous le capot, la Toyota fait preuve d'une belle polyvalence, dommage que la boîte de vitesses vienne ternir le tableau.

Avec ce nouveau moteur essence d'1,5 litre de cylindrée, les consommations ont été réduites de 12% par rapport à l'ancien bloc essence 1,3 litre qui officiait sur la précédente version. De notre côté, nous avons relevé une consommation mixte aux alentours de 6,5 l/100 km, sans vraiment ménager notre monture, et en alternant parcours urbain et extra-urbain. Pour un moteur essence sans suralimentation, c'est plutôt correct dans l'ensemble, surtout que la boîte à variation n'aide par forcément. Les performances sont en hausse avec un 0 à 100 km/h effectué en 11,2 secondes contre 11,8 secondes pour l'ancienne version et 17,6 secondes pour un passage de 80 à 120 km/h en cinquième contre 18,8 secondes auparavant.

Si, et vous l'aurez compris, l'offre mécanique est correcte sans être extraordinaire, il y a en revanche un point où la Toyota Yaris fait mieux que ses concurrentes. En effet, de série, Toyota propose sur toutes ses Yaris le "Toyota Safety Sense". Ce pack inclut un système de sécurité pré-collision avec freinage automatique d’urgence, gestion automatique des feux de route, l'alerte de franchissement de ligne et la lecture des panneaux de signalisation. Des équipements disponibles également chez ses concurrentes mais seulement en option ou de série sur les finitions les plus élevées.

Toyota Yaris (2017)

Conclusion

Disponible à partir de 14'150 €, la Toyota Yaris est légèrement plus onéreuse en entrée de gamme que le trio français Peugeot 208 / Citroën C3 / Renault Clio. Elle est aussi plus chère que l'ancienne version qui débutait à partir de 13'500 €. En montant un peu en gamme, les tarifs se lissent un peu plus et se calquent sur ceux de la concurrence. Seules les Opel Corsa et Ford Fiesta sont aujourd'hui plus avantageuses financièrement parlant, mais d'une petite centaine d'euros seulement.

Notre version d'essai facturée 21'550 € est plutôt bien placée en tarif pour une finition intermédiaire bien optionnée bénéficiant du plus gros moteur essence et d'une boîte automatique. La version hybride débute à partir de 19'450 € avec le deuxième niveau de finition baptisé "France". À niveau de finition équivalente à notre version d'essai, le modèle hybride commence à partir de 21'850 €, sans les options.

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Le différentiel est donc de 1450 € entre notre modèle essence et la version hybride, une différence pas si énorme qui pourrait bien rapidement s'amortir avec les consommations annoncées par Toyota (environ 3,6 l/100 km) concernant sa petite citadine combinant moteur thermique et électrique. Un autre moteur essence 1,0 litre de 69 chevaux est proposé en entrée de gamme et un seul et unique moteur diesel de 90 chevaux est proposé, mais uniquement pour les entreprises. La plus française des voitures étrangères, en raison de sa production au sein des usines de Valenciennes, bénéficie donc de sérieux atouts et continuera très certainement à faire de l'ombre à ses concurrentes encore en retard, notamment en termes d'hybridation.

Photos : Yann Lethuillier / Motor1.com

 

 

Points positifs Points négatifs
Consommations maîtrisées Boîte CVT ancestrale
Moteur volontaire Quelques plastiques durs
"Toyota Safety Sense" de série Interface multimédia datée
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