Renault a diffusé une vidéo de la restauration de la Renault Nervasport des records de 1934. Une voiture à la ligne magnifique, qui a requis un travail d’orfèvre de la part des spécialistes du losange pour lui redonner vie.

La marque au losange, avant-guerre, possédait une vraie gamme de voitures à gros moteurs. On parlait ces derniers jours de fameuses 40CV, dans les années 1920, mais plusieurs autres gammes existaient, à l’image des Reinastella puis Nervastella.

1934 Renault Nervasport
1934 Renault Nervasport
1934 Renault Nervasport

Équipée d’un moteur 8 cylindres de 4240 cm3 à l’origine, la Nervastella n’est autre qu’une Vivastella, le modèle six cylindres, rallongé pour l’occasion. Enfin, "qu’une" n’est pas très valorisant. La Nervastella se veut être le modèle luxueux de la marque, magnifique conduite intérieure à six glaces, avec, bien sûr, ses dérivés de carrosserie : berline deux portes, cabriolet, coupé…

Renault en tire tout de même une version plus courte, plus sportive. Exit l’appellation Nervastella, bonjour la Nervasport. Et pour appuyer les performances brillantes de cette 8 cylindres, Renault l’engage dans plusieurs compétitions, à l’image de cette deuxième place au Monte Carlo, en 1932, puis une victoire, en 1935. La voiture remporte également le Liège-Rome-Liège, cette année-là, démontrant la robustesse de sa mécanique durant les 4500 km de course.

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Surtout, la performance la plus spectaculaire de la Nervasport demeure sa série de records sur la piste de Montlhéry, en 1934. En avril de cette année-là, soit seulement sept ans après la série de records avec la 40 CV, une Nervasport profilée s’attaque à l’anneau de vitesse de la région parisienne.

1934 Renault Nervasport
1934 Renault Nervasport

Elle décroche trois records d’endurance toutes catégories en couvrant plus de 8000 km en 48 heures, soit une moyenne proche de 170 km/h, avec une vitesse maxi qui frôle 200 km/h.

 

Phénix mécanique

C’est cette automobile que Renault a souhaité faire revivre. La voiture, disparue, a été reconstruite de A à Z, avec notamment ce travail de menuiserie important pour réaliser la carrosserie. Deux années de travail ont été nécessaire pour faire renaître la Nervasport, entre les premiers croquis, et les tours de roue à Montlhéry, cet été. Le résultat est tout simplement époustouflant.

1934 Renault Nervasport
1934 Renault Nervasport
1934 Renault Nervasport

Sa ligne impressionne tout autant que la performance. La carrosserie monoplace, aérodynamique, a été dessinée par Marcel Riffard, qui fut associé à Renault aussi bien en automobile qu’en aviation.

Rappelez-vous, en 1934, c’est la période où l’aérodynamisme est synonyme de modernité, de luxe. On pensera notamment au travail sur les Talbot-Lago 150 SS ou la Delage D8 par Pourtout, voire même sur les Avions Voisin. Aussi, ces records ont un véritable retentissement en France.

Malheureusement, la Nervastella va arriver en période de grande dépression en France. Le pays commence à subir les méfaits de la crise américaine de 1929, et les constructeurs nationaux, comme Delage, Hispano Suiza ou encore Bugatti souffrent. Renault, plus solide, grâce à sa gamme développée souffrira moins, mais la Nervastella, comme la Nervasport auront du mal à se vendre. En 1937, ce sera le clapet de fin pour l’une des dernières grandes Renault. La guerre, ensuite, fera sa triste histoire.

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