Les Renault inspirées du passé ? c’est fini
C’est ce qu’affirme Arnaud Belloni, responsable marketing de Renault : la Twingo est le dernier modèle de la veine rétrofuturiste. Qu’arrivera-t-il ensuite ?
Le paysage automobile mondial traverse l’une de ses périodes les plus agitées, redessiné par l’offensive des constructeurs asiatiques et la transition énergétique. L’Europe tente de suivre le rythme, en misant sur l’électrique tout en réajustant ses stratégies, y compris autour de l’hybride et du thermique, en s’appuyant plus que jamais sur son histoire.
Une histoire qui, chez Renault, est revenue au premier plan ces derniers temps avec les lancements des Renault 5, Renault 4 et Renault Twingo. Un trio de modèles inspirés de voitures du passé, non seulement par le nom mais aussi par les formes. Un rétrofuturisme, comme le définit la marque, dans une interprétation exclusivement électrique. Une stratégie qui fonctionne. Mais combien de temps durera ce retour vers le passé chez le constructeur français ? Pour mieux comprendre la stratégie, nous avons participé à un échange avec Arnaud Belloni, directeur marketing monde de Renault.
Le poids de l’héritage
Alors que de nouvelles marques chinoises arrivent sur le marché européen avec une multitude de noms inédits et des designs souvent sans racines historiques, Renault a, ces dernières années, remis en avant des figures emblématiques comme les Renault 5, Renault 4 et Twingo. Une approche qui pourrait sembler calculée pour répondre à l’arrivée des acteurs chinois, mais ce n’est pas le cas. Interrogé directement, Belloni a répondu :
"Nous les aurions faites de toute façon, même sans l’arrivée des Chinois"
Le retour de modèles iconiques est d’ailleurs l’héritier de la Renaulution voulue par Luca De Meo (puis prolongée par FutuREady), à une époque où la Chine était certes proche, mais pas perçue comme une menace d’une telle ampleur. Il s’agit donc moins d’une réaction ponctuelle à la concurrence venue d’Asie que d’un choix clair de positionnement culturel. L’objectif : s’appuyer sur des icônes immédiatement reconnaissables, capables de rassurer les clients historiques (les baby-boomers) tout en séduisant les nouvelles générations (la Gen Z).
Le point essentiel, souligne Belloni, est de "rester fidèle au concept initial". C’est à ce prix que le succès est possible. Autrement dit, produire une nouvelle Twingo et la vendre 30 000 euros n’aurait été qu’un retour de nom, pas un retour de philosophie.
La fin d’un cycle
Pour autant, le rétrofuturisme ne durera pas indéfiniment. Belloni a ainsi déclaré le chapitre du retour des noms et des lignes du passé "clos". Au Salon de Paris 2026, on découvrira ce que sera la nouvelle orientation de Renault, avec des concept-cars explorant un langage stylistique totalement différent, et destinés à le rester. Dans l’intention de la marque au losange, il ne s’agira que de prototypes, même si l’accueil de la presse et du public était très favorable… même si, en automobile, il ne faut jamais dire jamais.
En attendant, Renault profite du succès de la Twingo, dû notamment à un prix d’appel inférieur (de peu) à 20 000 euros. Un modèle qui fait mieux que les déjà très bons chiffres de la Renault 5, sans pour autant cannibaliser le marché de cette dernière. Pas de chevauchement donc, mais une complémentarité d’autant plus précieuse à un moment où les prix de l’essence et du diesel continuent de grimper. "Il y a une forte réaction des clients au choc pétrolier", a commenté Belloni.
De nouveaux leviers
La transformation de Renault n’est pas uniquement technique et stylistique : elle concerne aussi l’image. Et qui mieux que le patron du marketing pour détailler la nouvelle approche de la marque en matière de communication ? Belloni a notamment expliqué le retour de Renault comme sponsor de Roland-Garros, longtemps associé à Peugeot, sa rivale.
"Jusqu’à il y a 6 ans, nous étions liés au monde du football, mais les joueurs ne voulaient pas conduire des Renault et les spectateurs, eux, possédaient déjà une de nos voitures. Lorsque nous avons décidé de lancer de nouveaux modèles, nous devions nous concentrer sur une nouvelle clientèle".
Et le public de Roland-Garros, comme celui du tennis en général, correspondait à cette cible. Tout comme les passionnés de rugby.
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