Une manifestation virtuelle est prévue pour contester cette future mesure.

Rappelez-vous des arguments de la mise en place des radars fixes, il y a quelques années. Une mesure, qui à l'époque, déjà, avait fait frémir de nombreux automobilistes. Les politiques parlaient de mesures préventives, les radars étant placés dans des zones dangereuses. Néanmoins, l'argument financier était clairement l'une des raisons de cette mise en place, de même lors de la sortie des premiers radars mobiles.

Cette fois-ci, les gendarmes pouvaient directement flasher les autos, dans le trafic, aussi bien dans un sens que dans l'autre. Cependant, comme dans toute intervention de la Gendarmerie, deux hommes en bleu sont nécessaires, et les séances de flashage ne duraient qu'une heure en moyenne. Au rythme de 30 flashs en moyenne, l'affaire est intéressante financièrement, mais pourrait être bien mieux rentabilisée. La solution ? Sous-traiter la conduite des voitures radar à des sociétés privées.

Radar de vitesse NK7 en Belgique

Une aubaine ! Désormais, en lieu et place des deux gendarmes, un seul conducteur serait nécessaire et pourrait voir sa mission passer d'une heure environ à 8 heures. D'autant qu'en septembre, le nombre de voitures-radars passerait de 380 à 450. Multiplié par le nombre d'heures au volant, cela permettrait de faire passer le nombre de PV annuels de 1,5 million à 12 millions potentiels, explique notamment Le Parisien.

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Un dispositif qui devrait rentrer en action à partir de septembre. Cette délégation d'un pouvoir public à une entreprise privée fait d'ailleurs bondir l'association 40 Millions d'automobilistes. Pourtant, l'affaire paraît bien engagée, et les expérimentations sont en cours en Normandie. 40 Millions d'automobilistes reproche donc au ministère de l'Intérieur de confondre sécurité et rentabilité.

Ce que dénonce Emmanuel Barbe, délégué interministériel à la Sécurité routière : "Il y a dans le refrain 'radars pompes à fric' une profonde erreur, car les chiffres démontrent complètement le contraire. Les radars, tous confondus, ont rapporté 920 millions d'euros l'an dernier, alors que l'État prévoit, dans le projet de loi de finances 2017, 3,3 milliards de dépenses pour la sécurité routière. Si le but était de gagner de l'argent, nous serions très très loin du compte."

Le portefeuille des automobilistes visé

Cependant, l'association, elle, s'insurge. Avec 78% des automobilistes mécontents derrière lui, Daniel Quero, son président, estime que cette nouvelle mesure pourrait faire rentrer plus de deux milliards d'euros dans les caisses de l'État : "Partant du principe qu’une voiture-radar peut flasher - au bas mot - 30 automobilistes par heure, que le ministre de l’Intérieur souhaite que ces véhicules circulent, au bout, huit heures par jour et que 440 voitures équipées parcourront nos routes dès l’an prochain, ce sont plus de 38,5 millions de procès-verbaux qui seront dressés à l’encontre d’usagers de la route."

Il met surtout en doute les ambitions de cette mesure : "Avec un montant moyen de l’amende à 56,85 €, l’État engrangera près de 2,2 milliards d’euros. À coup sûr, une excellente opération financière… En revanche, il n’existe aucune preuve que cette mesure ait un quelconque effet positif sur la sécurité routière."

40 Millions d'automobilistes appelle donc à manifester numériquement. Une méthode de démonstration via MMS, SMS ou sur le site de la manifestation.

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