À nous les petites anglaises !

Honneur aux spécialistes d’outre-Manche ! S’il est un pays en Europe qui s’est fait une spécialité de la production en petite série d’automobiles sportives exotiques, c’est bien le Royaume-Uni.

Bien que l’industrie automobile britannique ait été entièrement cédée à des constructeurs étrangers (le groupe BMW détient Mini et Rolls Royce, le groupe Volkswagen s’est offert Bentley, l’indien Tata a repris Jaguar et Land Rover, Lotus appartient à Proton…), les artisans-constructeurs d’outre-Manche font toujours preuve de dynamisme. Entre marques installées de longue date et nouveaux acteurs, Motor1.com vous propose une sélection des artisans-constructeurs les plus significatifs ou les plus notables.

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Ariel

La société Ariel Motor Company a été fondée au tout début des années 2000 en reprenant le nom d’une marque disparue depuis des décennies et qui, si elle avait aussi produit des voitures, était surtout connue pour ses motos. Elle s’apprête d’ailleurs à faire de nouveau compter au rang des rares constructeurs produisant à la fois des deux-roues et des quatre-roues puisqu’Ariel a présenté l’Ace, un modèle qui ne peut nier – et c’est tant mieux ! – sa parenté avec les Atom et Nomad. La première est une sportive ultra légère et radicale dans sa définition. N’accusant que 520 kg sur la balance, elle applique à la lettre la devise "light is right"("la légèreté c’est bien") chère au fondateur de Lotus, le génial Colin Chapman, en laissant son châssis tubulaire à l’air libre. Ses quelques 245 ch issus d’un quatre-cylindres Honda assurent à son pilote et à son éventuel passager des sensations uniques… et fortes. Le dépaysement est garanti à bord de la seconde, la Nomad, croisement entre une Atom et un buggy ! Cette dernière demeure très légère, affichant seulement 670 kg, son bloc de 235 ch, toujours d’origine Honda, lui assurant là encore des performances de tout premier ordre.

Ariel
Ariel
Ariel

BAC

Le nom de l’unique modèle commercialisé par BAC - Mono - donne une bonne indication de ce qui la distingue d’une automobile classique. La Mono est en effet une monoplace. Une monoplace pour la route ! Résolument moderne par son style, la BAC (Briggs Automotive Company) Mono est également légère (580 kg) grâce à son châssis en carbone alors que son quatre cylindres 2,5 litres atmosphérique de 305 ch lui assure des accélérations à faire de l’ombre aux hypercars (0 à 96 km/h en 2,8 secondes seulement).

BAC Mono
BAC Mono
BAC Mono

Bristol

Bristol revit ! Symbole d’exclusivité, la marque Bristol cultive sa différence depuis toujours, et depuis au moins 1945, date de sa fondation. Après avoir cessé en 2011 la production de la très aristocratique Blenheim et de l’incroyable Fighter à moteur V10 de Viper et avoir été repris par le groupe Kamkorp, Bristol a dévoilé l’an dernier sa nouvelle Bullet. Ce roadster au style néo-rétro s’inspire toutefois largement, du moins à l’avant, de celui de la 405 (1954-1958) tout en proposant une motorisation moderne, un V8 4,8 litres de 370 ch d’origine BMW. Bristol a prévu de la produire en 70 exemplaires au tarif très élitiste de 300 000 euros… environ.

Bristol
Bristol
Bristol

Caterham

Sans Caterham, l’automobile anglaise ne serait pas ce qu’elle est ! Depuis 1973, date de sa fondation, elle perpétue le mythe de la Lotus 7. L’entreprise avait à l’époque racheté les droits de poursuivre la production du roadster minimaliste imaginé par Colin Chapman. Si la Lotus 7 fait partie des modèles de l’histoire automobile qui ont donné lieu à d’innombrables répliques, la Caterham est en réalité la seule héritière légitime. Au fil de ses évolutions, elle a su demeurer fidèle à l’esprit de la 7 ce qui est en soi déjà un tour de force. Au milieu des années 90, Caterham avait tenté de diversifier sa production en lançant une 21 reprenant le châssis de la 7 ; le succès commercial ne fut malheureusement pas au rendez-vous. Plus récemment, le groupe Caterham s’était associé à Renault autour de la renaissance d’Alpine mais les deux partenaires ont finalement décidé de se séparer, ce qui n’empêche pas le constructeur d’entretenir la flamme autour de l’arrivée d’un éventuel deuxième modèle au catalogue.

Caterham
Caterham
Caterham

David Brown Automotive

Il y a des modèles dont on n’aimerait jamais voir la production cesser. Et il y a des passionnés prêts à tout pour les faire renaître. Ainsi, la jeune marque David Brown Automotive, créée en 2013, s’est-elle donnée pour mission de produire une Speedback GT dont les lignes reprennent très largement celles de l’Aston Martin DB6, ultime évolution de la série des DB4 et DB5. Ironie du sort, la Speedback GT est conçue à partir d’un châssis et d’un moteur Jaguar contemporains.

Speedback GT
Speedback GT
Speedback GT

Ginetta

Depuis qu’elle a été fondée en 1958, Ginetta aura toujours proposé des modèles particulièrement désirables. La G4 fut l’archétype du minuscule roadster britannique. La G12 fut une sublimissime sportive à moteur central. Revigorée dans les années 90 par l’introduction d’une G33 qui renouait avec un style inspiré par les modèles des années 60, Ginetta a trouvé la sérénité depuis qu’elle a été acquise par le groupe LNT qui est dirigé par Lawrence Tomlinson. Après le retrait du catalogue de la G60, seule la petite G40 est aujourd’hui disponible. Mais plusieurs voitures de courses, jusqu’au prototype G57, permettent à la marque d’être très présente sur les circuits britanniques et d’assurer sa stabilité financière.

Ginetta G40
Ginetta G40

Noble

C’est l’une des rares productions locales à pouvoir se mesurer aux supercars les plus huppées (Ferrari 488, Lamborghini Huracán, McLaren 650S, Porsche 911 Turbo…). Il est vrai que son fondateur, Lee Noble, n’est pas le dernier venu. Il a ainsi créé plusieurs sportives anglaises, dont l’Ascari Ecosse aujourd’hui disparue ou encore l’Ultima (voir ci-dessous). L’actuelle M600 est à la fois disponible en coupé et en Speedster (roadster). Son moteur placé en position centrale arrière, s’il s’agit d’un V8, surprend par son origine puisqu’il a été conçu par Yamaha - à la base pour Volvo - et est couvé par le spécialiste de moteurs de compétitions Judd. Ses 650 ch n’éprouvent aucune difficulté à propulser les à peine 1 200 kg à vide d’une sportive issue d’une lignée qui compte aussi la M12 et la M400.

Les constructeurs britanniques à l'attaque !
Noble
Noble

Radical

Des sport-prototypes échappés des circuits : voilà comment résumer le catalogue de la marque fondée en 1997 par Mick Hyde et Phil Abbott ! SR1, SR3, SR8, RXC, toute la gamme de Radical fleure bon la compétition. Radical se targue de proposer avec la RXC Turbo le coupé de route le plus extrême au monde. Pour en profiter, il faudra juste être capable de se glisser à bord !

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Sin

Née en 2012 de la passion du Bulgare Rosen Daskalov, Sin propose la R1, un coupé disponible à la fois en version de route et en version de compétition pour la catégorie GT4. Sous une carrosserie à l’esthétique quelque peu tourmentée, c’est un valeureux V8 d’origine Chevrolet qui officie, soit un 6,2 litres (atmosphérique de 450 ch ou à compresseur de 650 ch) soit un 7,0 litres de 530 ch. Grâce au développement du GT4 tant en Europe qu’aux États-Unis, on peut espérer la pérennité de ce constructeur.

Sin
Sin
Sin

TVR

Le plus dur, avec TVR, c’est d’attendre. Heureusement, la renaissance de la marque n’est plus qu’une question de mois. Avec notamment Gordon Murray pour le châssis et Cosworth pour le moteur, la nouvelle TVR promet beaucoup et les fans sont aux aguets ! Il faut dire que la marque anglaise s’est fait une spécialité des roadsters voire des coupés à moteur V8. Il suffit d’évoquer quelques patronymes de modèles mémorables - Cerbera, Chimaera, Grantura, Griffith, Sagaris, Tuscan - auprès des amateurs ou des spécialistes pour déclencher des discussions passionnées. Cerise sur le gâteau, TVR devrait même faire son retour en compétition GT.

Ultima Sports

En France, c’est autour du circuit de la Sarthe, à l’occasion des 24 Heures du Mans, que l’on a le plus de chance de croiser quelques exemplaires de l’Ultima, dont la dernière variation de l’espèce se dénomme Evolution "Coupe" ou "Convertible", sorte de prototype tout droit sorti des années 1980. Côté motorisation, le V8 d’origine Chevrolet offre un spectre de puissances assez incroyable, allant de 350 ch à 1 020 ch !

Ultima
Ultima

Zenos

Zenos Cars est une jeune compagnie fondée en 2012 dont on a malheureusement appris tout récemment sa mise en redressement judiciaire. Pourtant, l’E10 avait reçu un accueil enthousiaste, notamment de la part de la presse anglaise. Déclinée en versions S et R, elle pouvait se targuer d’un poids (700 kg dans sa version de base) à faire pâlir une Lotus Elise, d’ailleurs ouvertement visée par l’E10. Et dire que d’autres modèles – E11 et E12 – étaient d’ores et déjà prévus pour rejoindre le catalogue… Cette marque prometteuse pourra-t-elle remonter la pente ? C’est tout le mal qu’on peut lui souhaiter.

2015 Zenos E10 S
Zenos
2015 Zenos E10 S

En bonus !

Une sélection est par définition subjective et potentiellement injuste. Comment dès lors ne pas au moins mentionner quelques autres marques ? Les Arash sont tellement rares qu’il est même possible de douter de leur existence ! L’AF8 est une berlinette à moteur V8 de 550 ch. Quant à l’AF10, il s’agit d’une hypercar hybride dont la puissance annoncée est tout simplement délirante : 2 080 ch. Brooke produit un roadster ultra compact et léger présentant un look de monoplace rétro équipé de blocs quatre-cylindres signés Cosworth développant entre 200 ch et 400 ch.

Jensen
Brooke

Jensen est un grand nom de l’automobile britannique connu pour avoir introduit la transmission intégrale et l’ABS sur sa FF dès la deuxième moitié des années 60. Aujourd’hui encore, la société Jensen International Automotive assure la modernisation d’anciens modèles de la marque, une pratique "so British". Lister assure pour sa part des " recréations" de modèles autrefois à son catalogue. La dernière en date, dévoilée l’an dernier, est la Knobbly Stirling Moss Edition. Inimitable !

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