Un amendement vient d'être déposé dans le cadre du projet de loi d’orientation des mobilités.

Actuellement en cours de discussion à l'Assemblée Nationale, la Loi d'orientation des mobilités n'en finie plus de faire parler. Aujourd'hui, c'est un amendement déposé par le député du Maine-et-Loire, Matthieu Orphelin, qui devrait faire réagir. En effet, cet amendement vise à interdire les publicités concernant les voitures qui émettent plus de 60 g/km de CO2. Dans ce cadre là, à l'heure actuelle des choses, toutes les publicités concernant des véhicules non hybrides rechargeables ou non électriques sera interdites aussi bien à la télévision qu'au sein des magazines.

 

Pour motiver cet amendement, les députés mettent en avant la loi Évin visant à interdire les publicités concernant l'alcool et le tabac. Dans le cas des voitures, l'objectif est simple : réduire les émissions polluantes. Ces émissions viennent notamment de repartir à la hausse ces deux dernières années, chose qui n'était pas arrivée depuis 1995. Cet amendement, s'il est adopté, viendra s'immiscer dans la lignée de la transition énergétique déjà amorcée. Dix pays européens ont décidé d'interdire la vente de voitures thermiques ces prochaines années. En 2025, la Norvège adoptera cette mesure tandis qu'elle devrait arriver en France d'ici 2040.

Les députés à l'origine de cet amendement devront se heurter à un problème de taille : l'économie. En effet, malgré l'incitation à renouveler le parc automobile avec des modèles plus "propres", le montant des publicités investis par les constructeur  représente plusieurs milliards d'euros l'an dernier. Évidemment cela englobe une partie de modèles 100 % électriques et hybrides, mais la proportion reste mince, à l'image du parc automobile électrifié cela dit.

Dans une étude de l'Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie publiée le 7 juin dernier, les émissions de CO2 sont reparties à la hausse en 2018, passant en moyenne de 111 à 112 g/km de CO2. "Ce phénomène est en contradiction avec les ambitions affichées par l’Europe d’une moyenne de 95 g/km de CO2 pour 2021", déclare l’Ademe. L'Agence en profite pour pointer du doigt les SUV qui représentaient l'an dernier 36,26 % des ventes. Ces véhicules, plus lourds et moins aérodynamiques qu'une compacte ou qu'une berline, consomment et rejettent plus de CO2. Étant donné qu'ils représentent plus d'un tiers des vente désormais, l'augmentation de la moyenne des rejets de CO2 ne pouvait que repartir à la hausse en l'état actuel des choses.