Elle n'interviendra pas en 2025 ou 2030 !

C'est une décision qui ne faisait guère de doutes mais dont la date était encore incertaine et devait se jouer sur la faisabilité d'un vaste changement de l'industrie automobile. L'Assemblée nationale a voté ce mardi 12 juin 2019 la fin de la vente des véhicules à carburants fossiles, c'est-à-dire propulsés par de l'essence, du diesel et du gaz naturel, d'ici à 2040. En l'état, les véhicules hybrides ne seraient plus autorisés non plus, suite à un amendement passé en ce sens. Les députés voulaient raccourcir le délai laissé aux constructeurs pour arrêter de vendre ces véhicules dès 2030. Ce n'est pas passé.

"La France est au rendez-vous de l'urgence du défi climatique, et notre majorité marque sa détermination à engager de manière ambitieuse et crédible nos transports sur la voie de la mobilité propre", a déclaré la ministre des Transports, Elisabeth Borne. L'article du projet de Loi d'Orientation des Mobilités (LOM) a été adopté par 62 voix contre 6 voix contre, et 17 abstentions. Il inclut aussi l'objectif d'atteindre la neutralité carbone des transports terrestres avant 2050.

Selon Jean-Luc Fugit, député LREM et co-rapporteur de la séance, il s'agit d'une décision "réaliste et ambitieuse", et estime que fixer "une échéance en 2025 ou 2030" laisserait "trop peu de temps aux acteurs" du secteur automobile pour s'adapter. Il rappelle aussi que faut ménager les automobilistes est une priorité et que cela aurait pu apporter des "difficultés financières" aux Français ayant acheté une voiture neuve auparavant.

"Cela signifie que si l'un de nos concitoyens achetait en 2025 un véhicule diesel ou essence, même hybride, à partir de 2030 il n'aurait plus le droit de le vendre d'occasion", a-t-il poursuivi pour justifier la date de 2040. L'ancienne ministre de l'Écologie, Delphine Batho, a voulu raccourcir ce délai en estimant que la date fixée "n'est pas compatible avec les conclusions du rapport publié par le GIEC" en octobre 2018 au sujet de l'urgence climatique. Néanmoins, avec une interdiction prévue en 2040, les constructeurs devront bien plus rapidement se pencher sur le problème s'ils ne veulent pas d'une transition en catastrophe.

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