Vers une guerre entre États et entre constructeurs ?

Alors que la dynamique mondiale est, depuis plusieurs années, vers la réduction de la pollution du secteur automobile, les États-Unis continuent à faire fi de l'écologie et à mettre en avant l'économie en permettant aux constructeurs de vendre autant de véhicules en limitant les coûts liés au développement de technologies électrifiées ou électriques, et de voitures globalement moins polluantes. Plus précisément, ce sont les États-Unis menés par Donald Trump qui s'y emploient, malgré les efforts de son prédécesseur.

En effet, Barack Obama avait fait voter une loi obligeant les constructeurs à abaisser leurs moyennes d'émissions de CO2 de 5 % par an jusqu'en 2026. Mais son successeur s'oppose depuis le début de son mandat à ces dispositions et l'a confirmé en réussissant à imposer un assouplissement de ces normes. Dans les faits, la réduction annuelle des émissions de CO2 sera abaissée à 1,5 % pour les constructeurs jusqu'en 2026, pour leur permettre de développer des voitures moins coûteuses, et de les vendre moins cher au peuple américain.

Le premier effet de cette mesure sera la hausse de la consommation, puisque la norme mise en place par Barack Obama visait une consommation moyenne de 4,32 l/100 km pour les véhicules neufs d'une même marque, et cette mesure assouplit cette norme à 5,88 l/100 km de moyenne en données constructeurs. Le second sera une augmentation de 900 millions de tonnes de CO2 relâchées à cause de cette mesure, par rapport à ce qu'aurait provoqué les normes voulues par l'ancien Président des États-Unis.

Ce dernier a d'ailleurs accusé Trump de prendre des décisions pour l'écologie en dépit de tout raisonnement, comme il l'a fait pour lutter contre le coronavirus : "Nous avons tous vu les conséquences terribles de ceux qui ont nié les alertes liées à la pandémie. Nous ne pouvons pas nous permettre davantage de conséquences d'un déni climatique. Tous ensemble, surtout les jeunes, nous devons demander mieux de la part de notre gouvernement à chaque niveau, et lui demander de voter [contre ces normes] cet hiver."

Une nouvelle fois, Trump ne voit que son bilan économique et social et veut permettre à tous les Américains de gagner en pouvoir d'achat, et prédit en l'occurrence que ses citoyens gagneront en moyenne 1000 euros sur l'acquisition d'un véhicule neuf grâce à ces normes. Mais une lutte continue se profile à l'horizon, puisqu'une vingtaine d'États, menés par la Californie, continuent de s'opposer à un assouplissement des normes et veulent suivre les directives de l'administration Obama. Cette division entre le gouvernement fédéral et certains États se répercute aussi chez les constructeurs, certains ayant décidé de suivre la Californie, tandis que d'autres se rallient à Trump. Le reste de l'année 2020 devrait donc donner lieu à un affrontement à ce sujet pour décider de mesures concrètes et uniformes dans tout le pays pour l'année prochaine.