Sous la pression du gouvernement, le groupe PSA va finalement faire travailler davantage d'intérimaires.

La semaine dernière, le groupe PSA avait été pointé du doigt par les syndicats après avoir pris pour décision de faire venir 270 salariés de son usine polonaise de Gliwice afin de renforcer les rangs de son usine française d'Hordain (Nord). Une décision qui avait suscité de nombreux commentaires, notamment de la part de la CGT qui "n'acceptera pas que les travailleurs PSA deviennent des nomades de l'industrie automobile à travers l'Europe".

Du côté de certains responsables politiques, cette décision n'était pas non plus la bienvenue, notamment pour Fabien Roussel, le secrétaire national du PCF et député du Nord, qui s'est exprimé sur Twitter : "Faire venir 531 salariés polonais (...), alors que 502 intérimaires sont mis en chômage partiel, c'est honteux ! PSA met en concurrence les salariés européens, les opposent en comparant leurs salaires et provoque du chômage en France. C'est à vomir !".

PSA revient sur sa décision

Face aux réactions engendrées, PSA a annoncé ce week-end que l'entreprise allait finalement faire appel à une équipe composée "majoritairement d’intérimaires" et de "quelques" collègues d’usines européennes du groupe.

"Nous avions cherché à faire jouer l’efficience dans le groupe, avec le principe de solidarité industrielle, le groupe avait alors décidé de faire venir des salariés de Gliwice concernés par une activité plus faible", a expliqué le responsable de la communication de l'usine PSA d'Hordain, Jean-Pierre Papin.

"Compte tenu de l’émotion que ce sujet suscite", ce que "nous comprenons dans le contexte actuel du pays", – mais aussi de la pression mise par le gouvernement sur le constructeur automobile pour renoncer – "nous avons travaillé à une solution alternative", permettant "de monter cette équipe supplémentaire" finalement constituée "majoritairement d’intérimaires", a-t-il annoncé. Ces intérimaires viendront donc "en substitution d’une partie importante des salariés initialement prévus de Gliwice".

Le gouvernement est entré en jeu

Suite à l'annonce de cette prise de décision, le gouvernement était monté au créneau vendredi soir pour déminer ce sujet, notamment au lendemain de l'annonce par l'INSEE de la destruction de près d'un demi-million d'emplois dans le secteur privé, provoquée en partie par un effondrement de 40 % de l'intérim sous l'effet des mesures de confinement.

Les ministres du Travail et de l'Economie, Muriel Pénicaud et Bruno Le Maire, avaient demandé vendredi à au groupe PSA "d'embaucher en priorité les intérimaires" et de "renoncer" à ce projet. "Dans la situation actuelle, les entreprises doivent tout faire pour protéger l'emploi en France", estime le gouvernement.

Le ministère de l’Economie a annoncé samedi matin que le groupe PSA s’était engagé auprès du ministre Bruno Le Maire à revenir sur sa décision de faire venir en France certains de ses ouvriers polonais. "Le ministre a eu Carlos Tavares ce matin, les deux hommes s’entendent bien, ça a été une discussion constructive et Carlos Tavares s’est engagé à revenir sur cette décision", a déclaré Bercy.