Pour passer en trois équipes sur le site d'Hordain, PSA va faire venir 270 salariés de son usine polonaise de Gliwice, encore partiellement à l'arrêt.

Voici une annonce qui va sans doute susciter la polémique, comme c'est déjà le cas du côté des syndicats. En effet, le groupe PSA va faire venir 270 salariés de son usine polonaise de Gliwice afin de renforcer les rangs de son usine française d'Hordain (Nord). L'usine de Gliwice, qui produit des Opel Astra, est encore partiellement à l'arrêt suite à la pandémie.

Dès la semaine prochaine, une première équipe de 120 Polonais arrivera sur le sol français puis 150 la semaine suivante. Ces salariés du groupe PSA viendront pour une mission de trois mois, seront logés par l'entreprise dans la région et seront payés selon la convention collective française du secteur d'après la direction.

Pour motiver cette décision, PSA affirme que l'objectif est d'arriver à 531 personnes de plus pour produire à partir de début juillet 2020 en trois équipes (matin, après-midi et nuit), contre deux actuellement, et honorer les commandes en attente d'environ 30'000 utilitaires.

La direction envisage également de faire venir des salariés espagnols de l'usine de Saragosse pour garnir les rangs de ses usines françaises. "Le groupe choisit de donner de l'activité à ses salariés, justifie-t-on." Le redémarrage ne se fait pas au même niveau sur tous les sites". La direction soutient ne faire aucune économie avec cette stratégie.

Ces décisions ont évidemment fait bondir les syndicats, notamment la CGT qui "n'acceptera pas que les travailleurs PSA deviennent des nomades de l'industrie automobile à travers l'Europe". "On est conscient que PSA veut privilégier l'emploi de ses salariés mais elle met sur le carreau ses intérimaires", a regretté Frédéric Jarousset (FO). "On ne veut pas que ça devienne une habitude". Sur les 500 intérimaires présents mi-mars, il n'en reste que 270, selon PSA, qui a suspendu leurs contrats avec les sociétés d'intérim.

Fabien Roussel, le secrétaire national du PCF et député du Nord, s'est indigné que l'entreprise fasse "venir 531 salariés polonais (...), alors que 502 intérimaires sont mis en chômage partiel". "C'est honteux ! PSA met en concurrence les salariés européens, les opposent en comparant leurs salaires et provoque du chômage en France. C'est à vomir !", s'est-il exprimé sur Twitter.

 

Au même moment, PSA affirme également envoyer, de façon temporaire, des salariés de l'usine de Poissy du côté de Rennes, de Mulhouse vers Sochaux ou encore de Ellesmere Port à Luton, en Angleterre. Pour rappel, l'usine PSA de Sevelnord d'Hordain produit pour les marques Peugeot, Citroën, Opel, Vauxhall et Toyota des utilitaires et des véhicules pour le transport de personnes. Une usine qui avait fermé ses portes de mi-mars à début mai à cause du confinement lié à la pandémie.