Le procès civil de Nissan contre Carlos Ghosn s'ouvre au Japon
Nissan réclame environ 80 millions d'euros de dommages et intérêts à son ancien patron.
La première audience s'est tenue en fin de matinée, le vendredi 13 novembre 2020, au tribunal de première instance de Yokohama, à l'ouest de Tokyo, où est basé le siège international de Nissan. Accusé de diverses malversations financières, Carlos Ghosn a fui à la fin de l'année 2019 au Liban pour échapper aux procédures pénales qui l'attendaient au Japon, et clame son innocence sur toute la ligne depuis le début.
En février dernier, Nissan avait porté plainte au Japon contre Carlos Ghosn, afin de récupérer une "partie significative" des dommages causés, selon le groupe, par son ancien patron durant des années de "mauvaise conduite et d'activités frauduleuses". Cette procédure est destinée à "faire reconnaître la responsabilité de Carlos Ghosn pour le tort et les pertes financières subis par l'entreprise", a rappelé Nissan dans une déclaration publiée vendredi 13 novembre 2020 sur son site.
Les dix milliards de yens (soit environ 80 millions d'euros) de dommages et intérêts réclamés doivent compenser des dépenses que Nissan dit avoir effectuées à cause des "pratiques corrompues" de son ancien dirigeant, telles que, selon l'entreprise, son usage de résidences à l'étranger sans payer de loyer, son utilisation à des fins privées de jets aux frais de l'entreprise, ou encore des versements à sa sœur aînée pour des services de conseil fictifs.
Ce montant comprend aussi les coûts de la vaste enquête interne de Nissan à l'encontre de Carlos Ghosn, ainsi que les frais de procédures du groupe dans ce dossier au Japon, aux États-Unis ou encore aux Pays-Bas. Dans un communiqué publié vendredi, le dirigeant franco-libano-brésilien s'est dit "certain" que les "éléments à décharge" de sa défense prouveront que les accusations de Nissan contre lui sont "absolument sans fondement".
Depuis son arrestation fin 2018 au Japon, Carlos Ghosn n'a eu de cesse de dénoncer une machination contre lui, orchestrée par certains cadres de Nissan effrayés par un projet de fusion avec Renault, en "collusion" avec le parquet de Tokyo. Lui-même demande d'ailleurs 15 millions d'euros d'indemnités à Nissan et Mitsubishi pour rupture abusive de son contrat, par le biais d'une procédure aux Pays-Bas. Il a aussi engagé une bataille judiciaire contre Renault pour obtenir d'importants droits à la retraite et à des actions de performance.
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