L'usine française, qui produit des Smart, va donc bientôt produire un tout autre produit, nettement plus volumineux.

L'aventure Smart à l'usine d'Hambach a débuté le 27 octobre 1997, avec une inauguration en présence du Chancelier allemand de l'époque, Helmut Kohl, et du Président Jacques Chirac. Pendant plus de 20 ans, cet établissement a produit près de deux millions de Smart ForTwo. Aujourd'hui, une page se tourne puisque les Smart vont prendre la direction de la Chine à la suite d'un accord entre Daimler et Geely.

"Nous avons trouvé, avec Ineos Automotive, un acheteur déterminé à mener le site de Hambach sur la voie du futur", a déclaré Jörg Burzer, responsable de la production chez Mercedes. L'entreprise britannique Ineos a donc officiellement racheté l'usine à Daimler, comme c'était déjà prévu il y a quelques mois.

Ineos va produire sur ce site son 4x4 Grenadier, même si Daimler va continuer, jusqu'en 2024, la fabrication des ForTwo ainsi que la face avant d'un nouveau SUV électrique pour Mercedes. La production du Grenadier devrait débuter en 2022 sur la ligne qui était prévue pour le futur SUV électrique à l'étoile, les deux modèles étant de "taille comparable" selon Ineos. Daimler avait d'ailleurs annoncé, en 2018, un investissement de près de 500 millions d'euros à Hambach pour pouvoir accueillir ce nouveau SUV 100 % électrique.

Ineos Grenadier
Comme vous pouvez le constater, l'Ineos Grenadier n'a pas grand-chose à voir avec une Smart.

"Nous ne pouvions tout simplement pas ignorer l’occasion unique offerte par Hambach, à savoir l’achat d’une usine de production automobile moderne dotée d’une main-d’œuvre exceptionnelle",a précisé Jim Ratcliffe, le président d'Ineos Group. "Cette acquisition est la plus grande étape à ce jour dans le développement du Grenadier. En parallèle du programme d’essai exhaustif auquel sont actuellement soumis nos prototypes, nous pouvons désormais entamer les préparatifs à Hambach pour produire notre 4X4 dès la fin de l’année prochaine afin de livrer nos clients dans le monde entier" a déclaré Dirk Heilmann, le président d'Ineos Automotive.

Concernant les emplois, l'accord signé avec les syndicats "a permis de sécuriser 1300 des 1500 salariés actuellement sur le site", a indiqué une source proche de la direction, alors que pour les 200 autres, d'autres projets seront nécessaires. Il pourrait s'agir notamment de la construction d'une usine de panneaux photovoltaïques juste en face.

Pour rappel, Ineos a investi environ un milliard de livres dans son projet automobile et ambitionne, une fois le déploiement commercial complet effectué, la vente de 25'000 unités du Grenadier et de ses dérivés, notamment un pick-up. Pour Ineos, les marchés clés seront le Royaume-Uni, les États-Unis, l'Australie, l'Afrique du Sud et l'Allemagne. La Chine n'est pas prévue au programme pour le moment.

Ineos vient également de signer un partenariat avec Hyundai pour utiliser sa technologie hydrogène et pile à combustible. De quoi assurer probablement un avenir, notamment sur le Vieux Continent à ce tout-terrain animé par des six cylindres essence ou diesel plus vraiment dans l'air du temps.