Une information judiciaire pour "mise en danger de la vie d’autrui" a été ouverte après la plainte de trois associations.

Il vous est peut-être déjà arrivé de prendre un ralentisseur à la vitesse réglementaire, mais rien n'y fait, vos lombaires et vos amortisseurs trinquent à chaque passage, quand ce n'est pas le pare-chocs qui frotte dans le pire des cas. Et ça, vous n'y pouvez pas grand-chose, puisque ce ralentisseur n'est certainement pas conforme.

Et ces ralentisseurs jugés "illégaux" sont nombreux en France, au point même que trois associations ont uni leurs forces pour partir en guerre contre ces ralentisseurs. Ainsi, "La ligue de défense des conducteurs", "Pour une mobilité sereine et durable" et "Automobile-Club des Avocats" ont déposé une plainte contre X entrainant l'ouverture d'une information judiciaire "pour mise en danger de la vie d'autrui" par le parquet de Toulon. Une première en France.

Les associations citées plus haut estiment qu'une grande majorité des 450'000 ralentisseurs installés sur les routes de l'Hexagone ne respectent pas les normes, notamment en ce qui concerne la hauteur. Les conséquences, vous les connaissez sûrement : dégradations sur les véhicules et, dans le pire des cas, accidents de la circulation. Le recours a été axé sur les coussins berlinois, un type de ralentisseur en caoutchouc, celui même présenté sur la photo de couverture de cet article. 

Lors d’une conférence de presse, Rémy Josseaume, avocat spécialisé dans le droit routier et qui préside l'association "Automobile-Club des Avocats", avait annoncé qu’au-delà des procédures en cours devant des tribunaux administratifs consécutives à des accidents, "nous avons décidé d’une orientation pénale, avec une plainte déposée devant le parquet de Toulon".

"L’avantage considérable" d’une telle procédure judiciaire, "ce sont les moyens qui peuvent être mis en œuvre, avec une enquête qui semble être titanesque, car cette plainte s’étend sur plus de 150 communes et collectivités locales, donc avec autant d’auditions et d’enquêtes", a-t-il ajouté.

Pour sa part, Thierry Modolo-Dominati, président de l’association "Pour une Mobilité sereine et durable", a donné pour exemple un motard a fait une chute sur une route en descente où il y avait, justement, un coussin berlinois. Ce dossier "intéresse très fortement l’enquêteur sur le plan pénal, car c’est un accident corporel en lien direct avec cette infrastructure".