L'Allemagne veut sauver son industrie automobile en crise
Face à une nouvelle concurrence et à la fin des incitations gouvernementales, l'industrie automobile allemande plonge dans une crise sans précédent.
À l'issue d'une "réunion de crise", Robert Habeck (le ministre allemand de l'Économie) a affirmé que "Cette table ronde a été très, très utile et instructive". Sans pour autant délivrer d'annonces concrètes sur la suite des opérations. "Nous ne pouvons qu'en discuter en coulisses et arriver ensuite aux résultats et après les présenter", a-t-il ajouté.
Le ministre allemand n'a pu que constater la précarité de la situation dans laquelle se trouve le secteur automobile allemand et s'est montré plutôt sceptique quant aux prochains mois " pour l'instant, on ne voit pas de changement à très court terme".
En effet, le secteur automobile allemand, et plus généralement européen, est sous pression face à l'arrivée de "nouveaux acteurs qui naturellement rendent plus petit le gâteau à se partager".
Depuis plusieurs semaines, les ventes de véhicules électriques s'effondrent et mettent en grande difficulté des mastodontes de l'automobile comme le groupe Volkswagen. Ce dernier pourrait être contraint dans les prochains mois de fermer certaines de ses d'usines, une première dans l'histoire du constructeur en plus de 80 ans.
Crise Volkswagen 2024
De fait, confrontés à une situation de crise, les constructeurs allemands réclament des aides rapides pour soutenir une industrie cruciale pour le pays. Ils ont donc fait part de leurs revendications pour obtenir des aides sous les plus brefs délais. Ils ont donc demandé des primes pour stimuler à court terme les ventes de véhicules "surtout dans les segments d'entrée de gamme", comme l'a confirmé le ministre de l'Économie. Cette demande intervient alors que l'Allemagne a mis fin aux bonus d'achat de véhicules électriques en janvier dernier, provoquant une grave chute des ventes dans ce secteur.
De son côté, le groupe Volkswagen, par l'intermédiaire d'Oliver Blume, demande à ce que l'on envisage des incitations fiscales "pour les véhicules utilisés à des fins professionnelles" et les "immatriculations de véhicules électriques neufs" tout en demandant à ce que l'on se penche sur le prix de l'électricité "qui joue un rôle considérable lors de la recharge" des véhicules.
Enfin, Ola Källenius, PDG du groupe Mercedes-Benz a également rappelé au cours de cette réunion qu'il fallait de nouveau "parler de la régulation du CO2 en Europe".
La semaine dernière, la majorité des constructeurs automobiles européens ont sollicité d'urgence des mesures de soutien auprès de Bruxelles. Ils s'inquiètent de ne pas pouvoir se conformer aux nouvelles normes de CO₂ qui entreront en vigueur en 2025. Cette demande fait écho à la faiblesse des ventes de voitures électriques, ce qui les expose à des sanctions financières potentiellement énormes, se chiffrant en milliards d'euros. L'industrie automobile allemande, quant à elle, traverse une période de grande difficulté, avec une baisse de la production de 25 % depuis 2018, selon une analyse de l'institut IW.
Avec l'AFP
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