Tesla, Stellantis : pourquoi le public boude-t-il l’électrique à l’occidental ?
Tesla, Stellantis : Analyse des raisons des échecs récents
Il règne comme une atmosphère de chute des géants parmi les grands constructeurs automobiles nord-américains et européens. Bien que son créateur Elon Musk soit omniprésent dans les médias, l’entreprise Tesla mord la poussière avec une chute spectaculaire en bourse. Pour le groupe Stellantis, c’est sensiblement le même cas de figure avec une chute spectaculaire de ses revenus en 2024.
Parmi les causes directes de ces récentes dégringolades figure tout simplement le désintérêt du public occidental pour les véhicules électriques de ses marques. Malgré ses nombreuses promesses, le segment électrique du marché automobile ne parvient pas à convaincre une large partie des consommateurs pour un éventail de raisons.
Cet état de fait assez sombre n’empêche pas le tout électrique de se profiler en Europe pour 2035, non sans une certaine pression de la part des politiques européennes. L’avenir sera-t-il tout électrique ou va-t-on inclure ce bon vieux thermique dans l’équation ? Zoom sur la question.
Tesla, des consommateurs désabusés, le titre dégringole
Il ne se passe pas une journée sans que l’on ne parle du célèbre Elon Musk et de sa vision pour un tout électrique mondial. Force est d’avouer que le récent dévissage de la société TSLA en bourse pose des questions. Il est vrai que l’introduction des modèles récents n’a pas su séduire les consommateurs mondiaux, avec notamment des fonctions de pilote semi-automatique qui n’ont pas fait leurs preuves.
Avec des ventes qui dégringolent, le constructeur est forcé de faire face à des concurrents qui proposent des véhicules beaucoup moins chers et parfois plus performants. Connaissant Elon Musk, il est tout à fait possible que la société redresse la situation en 2025. Si elle parvient à se plier aux attentes des consommateurs et - peut-être - à baisser le ticket d’entrée de ses nouveaux modèles.
Stellantis, un retour au diesel après un 2024 catastrophique
La constellation des marques de voitures occidentales a mordu la poussière durant l’année 2024, avec une chute stratosphérique du bénéfice net du groupe - on parle de - 70 %. Certes, cette débandade n’est pas seulement ressentie sur le segment électrique. Cependant, on garde en tête le constat d’échec des ventes de la Fiat 500 électrique, un véhicule qui devait apporter l'électrification au plus grand nombre.
D’autres tentatives de passage au tout électrique ont eu une résonance négative sur l’esprit des consommateurs. On pense notamment à la disparition du Ram 1500 Classic au profit de modèles EV, plus chers, avec une autonomie incertaine. C’est un peu comme si un casino décidait de supprimer ses machines à sous classiques, appréciées pour leur simplicité et leur fiabilité. Pour ne proposer que des jeux en réalité virtuelle, avec des règles complexes.
Selon Eric Lewin, président du cabinet EL Finances, l’achat de véhicules électriques ne représente que 15 % du marché global. Une goutte d’eau dans l’offre actuelle. Qu’en sera-t-il en 2035 ? Les consommateurs nous donnent des pistes pour comprendre.
Des consommateurs désabusés par l’EV : 4 raisons principales
Malgré tous les efforts des constructeurs et des nombreux acteurs, les véhicules électriques ne convainquent pas l’ensemble des utilisateurs du parc automobile. Le premier coupable est bien sûr le prix des véhicules, qui est souvent nettement supérieur à celui des voitures thermiques. Cette différence de prix n’est pourtant pas une fatalité pour les constructeurs chinois qui, on le verra, n’ont pas peur de proposer des EVs à des prix défiants toute concurrence.
Les bonus écologiques étaient autrefois des arguments de choc pour augmenter les ventes des véhicules électriques. Les abattements incitatifs permettaient d’alléger l’addition de plusieurs milliers d’euros à l’achat. Aujourd’hui, les bonus écologiques semblent diminuer de façon drastique, laissant dans la bouche des acheteurs un constat amer : celui d’acheter un véhicule cher qui finira par décoter très rapidement.
En effet, la valeur d’un véhicule électrique a tendance à décroitre plus rapidement que celle d’un véhicule essence ou diesel. Selon des sources, il faudrait à peine 3 ans à un véhicule électrique pour perdre 50 % de sa valeur. La principale raison est évidemment l’état de la batterie, même si des progrès notables ont été faits au niveau de la performance ces dernières années.
L’autonomie des véhicules électriques est également pointée du doigt. Malgré les annonces fracassantes des constructeurs qui proposent une autonomie estimée toujours plus grande, l’autonomie réelle d’un véhicule dépend de bien d’autres facteurs, comme les conditions météo ou la vitesse du véhicule.
Pour toutes ces raisons, l’achat d’un véhicule électrique reste un achat préoccupant pour les consommateurs. Même si l’électrique est souvent synonyme d’une image de marque écologique et peu gourmande en énergie.
BYD, Xpeng : Les géants chinois se portent à merveille
Si le marché de l’électrique occidental ne justifie pas de bons résultats en 2024, les constructeurs automobiles chinois se taillent une part du gâteau non négligeable, à commencer par BYD et Xpeng. Le premier, BYD, propose des véhicules électriques à des prix défiants toute concurrence. Le second, Xpeng, veut doubler sa présence mondiale et devenir un leader incontesté de l’électrique dans les dix prochaines années.
Il suffit de prendre exemple sur la Seagull, un véhicule proposé par BYD, pour se rendre compte des chiffres bien différents de ses homologues occidentales. On parle d’un véhicule de 75 chevaux, avec une autonomie estimée de 300 à 400 km, et un ticket d’entrée de 10 000 €.
Encore une fois, la technologie chinoise propose tout simplement des produits bien moins coûteux avec des coûts de fabrication sacrifiés. Avec des chiffres pareils, il n’est pas compliqué de comprendre pourquoi les véhicules chinois devraient inonder le marché occidental dans les prochaines années.
L’Assemblée Nationale souhaite assouplir les lois sur le thermique
Le futur sera électrique, ou restera thermique pour encore quelques années. Les politiques européennes font pression pour envisager la fin de la production des véhicules thermiques dans les dix ou quinze prochaines années. De son côté, l'Assemblée Nationale française vote contre la date de l'interdiction des moteurs thermiques en 2035.
Divers arguments sont avancés pour repousser la fin du thermique, avec notamment l'impossibilité de certains ménages français de s'aligner sur les prix des voitures à l'achat. L'augmentation du prix de l'électricité depuis 2022 est également mise en cause pour l'assouplissement de cette échéance.
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