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Hivers glaciaux et étés chauds : comment l’entretien des pneus change-t-il à l’ère du changement climatique ?

La tendance aux conditions climatiques plus extrêmes a une incidence sur le fonctionnement des pneumatiques. Voici comment s’adapter à ce nouveau contexte environnemental.

Couverture pneus été et hiver

Le changement climatique est une réalité. Une récente étude de Météo France a compilé les moyennes annuelles de températures depuis 1950, et le constat est sans appel, démontrant une hausse régulière des données. Ainsi, si l’année 1950 affichait une température moyenne d’un peu plus de 12 degrés, cette référence n’a cessé de croître au fil des décennies, avec une accélération à partir du début des années 90. 

Ainsi, les trois dernières années enregistrées (2022, 2023 et 2024) ont été les plus chaudes jamais enregistrées. 2022 cumule à ce jour le pic des données avec une températures moyennes de 14,5°C, suivie de peu par les années 2023 (14,3°C) et 2024 (13,9°C). Des données à comparer à la normale établie sur la période 1991-2020, et établie à 13°C. 

Rien que sur l’année 2024, deux vagues de chaleurs ont été enregistrées, toujours selon le rapport Météo France, qui a enregistré une température moyenne de 21.1°C lors de la nuit du 30 au 31 juillet, la barre des 40°C ayant été franchie à plusieurs reprises en journée, surtout dans le sud de la France. 

Une tendance qui se confirmera à moyen et long terme, selon Météo France. Car si l’année passée à enregistré une hausse de +0.9% par rapport à la référence 1991-2020, il faudra s’attendre à un delta de +2,7°C à l’horizon 2050, allant jusqu’à +4°C pour 2100. 

Les conséquences d’une température excessive sur les gommes 

S’il convient de réfléchir à ces données alarmistes pour le futur, il est également nécessaire d’évaluer ce changement climatique et son impact sur notre quotidien, notamment en termes de mobilité, et plus précisément en termes d’utilisation des pneumatiques sur nos véhicules du quotidien. 

En effet, avec des températures extérieures pouvant parfois approcher les 40°C, celles de l’asphalte avoisine facilement les 60°C, avec pour conséquence une surchauffe excessive du caoutchouc sur les pneumatiques.  

Un phénomène qui risque d’entraîner une diminution de la pression des pneus, qui engendre à son tour une hausse de la consommation de carburant. Il est également établi qu’une sous-pression pourra également avoir une incidence sur le comportement même du véhicule, altérant l’efficacité de systèmes d’aide à la conduite comme l’ABS (Système de freinage antiblocage) ou le contrôle de traction, et accentuer les risques de perte d’adhérence dans ces conditions de chaleur extrême.  

Il est à noter qu’une sous-pression prolongée peut également mener à une usure excessive des pneus (avec une vie de pneumatique pouvant être réduite de 15%) et, à l’extrême, une dislocation de la gomme.  

autoroute

Il convient de prendre en compte les effets de la chaleur sur les pneumatiques.

Pneu été = sécurité 

Monter des pneus été garantit ainsi une sécurité optimale en ces périodes de canicule. Ces derniers sont parfaitement adaptés à ces circonstances en raison de leur gomme spécifique, conçue pour adhérer sur un asphalte surchauffé, avec une usure minimale. Leur dessin garantit également une surface de contact au sol plus importante, pour une meilleure adhérence, une meilleure sécurité de conduite, et une consommation de carburant maîtrisée. Ces pneumatiques sont conçus pour une utilisation au-delà de 7°C, et doivent être installés idéalement au début du printemps. 

Des conseils à suivre par forte chaleur 

Afin de minimiser les risques liés aux températures particulièrement élevées, voici quelques conseils à suivre : 

- Vérifier la pression des pneumatiques. Il convient ainsi de suivre la pression préconisée par le constructeur, à retrouver dans le manuel d’utilisation du véhicule ou sur l’un des montants de portière de ce dernier. Idéalement, la pression doit être vérifiée le matin, à froid, et toutes les deux semaines minimums. 

- Eviter la surcharge du véhicule, qui peut accentuer la température des pneumatiques au fil des kilomètres, et augmenter les risques de dégradation des gommes. 

- Chercher la fraîcheur au maximum : traquer les zones d’ombre pour stationner votre véhicule. 

Modérer votre vitesse. Rouler à vitesse élevée en cas de températures élevées maximise également la montée en température des pneumatiques, et engendrer les effets néfastes précédemment cités. 

- Ne pas hésiter à contrôler visuellement vos pneumatiques, afin de traquer les éventuelles fissures pouvant potentiellement engendrer un éclatement de la gomme.  

Pneus, le guide pour choisir le bon pneu

Ne pas hésiter à contrôler visuellement votre pneu.

Rappelons également que l’été est souvent le théâtre d’autres phénomènes climatiques comme des épisodes venteux avec des rafales parfois violents, mais aussi des orages soudains accompagnés de brusques précipitations, avec un risque potentiel d’aquaplaning sur certaines zones inondées. Là aussi, il convient de modérer sa vitesse, et de se tenir prêt à toute correction de trajectoire en maintenant ses mains fermement sur le volant. 

Des pneus au défi des conditions hivernales 

Si les épisodes de froid intense sont, dans ce contexte, de plus en plus rares, les modifications climatiques engendrent des épisodes de précipitations intenses, comme en témoignent les nombreuses situations d’inondations ou de crues ayant frappé la France ces dernières années. Ce qui, dans le cas où les températures avoisinent le zéro degré, peut amener à des chutes de neige soudaines et abondantes.  

Dans ce cas, il est impératif d’être équipé de pneus hiver, dont la sculpture spéciale offre une meilleure adhérence, une meilleure motricité et une distance de freinage plus courte sur route mouillée, enneigée ou verglacée.  

Rappelons qu’il est impératif d’équiper les quatre roues du véhicule et que, les pneus hiver étant conçus pour une utilisation en-dessous de 7°C, il convient de les monter en octobre ou en novembre, afin de ne pas risquer une usure excessive de ces gommes spécifiques.  

Circulation neige

Circulation neige

Hiver : une réglementation stricte 

En France, les pneus hiver ne sont pas obligatoires, hormis dans certaines régions des massifs montagneux de l’hexagone (Alpes, Jura, Pyrénées, Massif Central et Vosges). Cette mesure, connue sous le nom de Loi Montagne, qui concerne des communes de 34 départements, impose aux automobilistes de se doter d’équipements hivernaux du 1er novembre au 31 mars. Les utilisateurs ont ainsi le choix de monter des pneus hiver ou des dispositifs anti-dérapants comme des chaînes métalliques ou des chaussettes sur au moins deux roues motrices.  

Pour les pneus neige, les quatre roues du véhicule doivent en être équipés. Ils doivent porter la certification 3PMFS (3 Peak Mountain Snow Flake = trois pics de montagne et un flocon de neige) ou M+S (Mud and Snow = boue et neige). Le marquage 3PMFS est délivré par un organisme de contrôle de l’Union Européenne, et garantit une adhérence optimale en conditions difficiles (neige, boue ou verglas). La norme M+S n’est en revanche pas cadré par les instances européennes, et signifie simplement que le pneu est adapté aux chemins boueux, et sur des fines pellicules de neige. 

Dans ces régions, un défaut d’équipement peut valoir une amende forfaitaire de 135 euros, voire l’immobilisation du véhicule. Il peut aussi valoir au conducteur la non prise en charge des dommages d’un éventuel accident par son assurance. 

En-dehors des régions concernées, le pneu hiver n’est pas obligatoire, mais fortement conseillé. 

Des contrôles préventifs 

En été, ou en hiver, il est fortement conseillé d’anticiper les risques liés aux conditions climatiques avec un suivi strict de ses pneumatiques. Pour cela, il est impératif de contrôler la pression au moins toutes les deux semaines en été, et au moins une fois par mois en hiver. 

Idéalement, il convient de permuter les pneus avant et arrière tous les 8'000 km pour une usure uniforme, et de contrôler la bande roulement avant chaque changement de saison. 

Avant de prendre la route, il est également impératif de repérer l’indice de charge de votre pneumatique. Il s’agit d’un code numérique, généralement indiqué sur le flanc même de la gomme aux côtés des chiffres de dimensionnement, et qui détermine le poids maximum que peut supporter un pneu. La charge totale pouvant être supportée par un essieu se définit naturellement en multipliant ce poids par deux. Il existe une table des indices qui précise l’équivalence de l’indice numérique du pneu à son poids maximum supporté. Il peut aller de l’indice 20 (80 kg de charge supportée) à 120 (1'400 kg de charge supportée). 

Bien choisir son pneumatique en fonction du climat 

Il existe un choix important de pneumatiques sur le marché, mais il convient avant tout de bien choisir son équipement en fonction des circonstances. 

Au-dessus de 7°C. Les pneus été sont fabriqués à partir d’un composé de gomme plus dur, conçu pour offrir une meilleure adhérence. Un composé qui leur procure en outre une meilleure rigidité, et les rend particulièrement adaptés à une conduite sous forte chaleur. Leur bande de roulement présente également des rainures moins creusées, ce qui procure une meilleure surface de contact au sol, tout en gardant une certaine efficacité d’évacuation en cas de fortes pluies ou d’orages. Une gomme plus dure permet également un freinage plus efficace et une meilleure stabilité au niveau de la conduite. Et une rigidité accrue du composé influe également positivement sur la consommation de carburant, et sur l’usure du pneumatique en conditions estivales. 

En-dessous de 7°C. Le pneu hiver présente quant à lui un composé davantage chargé en silice, qui permet à la gomme de conserver une certaine souplesse, et ce même par des températures basses (en-dessous de 7°C), alors que le pneu été a tendance à se durcir et à perdre de son efficacité, notamment en situation de freinage, dans des conditions plus fraîches. L’architecture du pneu hiver diffère également, avec des rainures plus prononcées, aptes à offrir une évacuation plus efficace de l’eau et de la neige, ainsi qu’un dessin particulier qui accroche davantage le sol dans des conditions d’adhérence plus difficiles.  

Pneu 4 saisons

Pneu 4 saisons

Les pneus 4 saisons, le choix de la polyvalence 

Le pneu quatre saison (ci-dessus) est conçu pour s’adapter à des conditions climatiques variées, et peut constituer une bonne alternative, surtout dans des régions au climat moins extrême – et les endroits non concernés par la Loi Montagne -, et permet aux usagers de conserver le même train de pneus durant toute l’année. Parfait mix entre les pneus été et hiver, ils présentent à la fois un composé rigide offrant une tenue de route optimale et un freinage efficace, et des rainures creusées afin de gérer le plus efficacement l’évacuation de l’eau. A noter que les pneus quatre saisons peuvent entrer en conformité dans les zones concernées par la Loi Montagne, à la condition qu’ils présentent le marquage 3PMSF.  

En conclusion, les variations climatiques affectent indéniablement les conditions de circulation, que ce soit en raison des épisodes désormais récurrents de chaleurs extrêmes, ou de chute de températures subites, sans oublier les précipitations de plus en plus intenses. Un choix de pneu réfléchi et adapté aux conditions météorologiques – une obligation même légale en hiver dans certaine région -, des contrôles préventifs en amont et une conduite adaptée aux circonstances sont des gages de tranquillité et d’optimisation de la sécurité sur vos trajets.