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Elles devaient conquérir l'Europe, mais les kei cars débarquent en Chine

Pékin étudie une catégorie de véhicules électriques similaire aux mini-voitures japonaises. Objectif : améliorer la sécurité.

Elles devaient conquérir l'Europe, mais les kei cars débarquent en Chine
Photo: Motor1.com Deutschland

Les kei cars japonaises pourraient bientôt devenir le modèle de référence d’une nouvelle catégorie de petites voitures électriques chinoises.

La Chine envisage en effet de créer une norme nationale pour des mini-EV abordables inspirées de ces célèbres microcitadines nippones, avec un double objectif : relancer les ventes sur le marché intérieur et offrir une solution sûre et encadrée aux millions d’utilisateurs qui roulent aujourd’hui en microcars électriques dépourvues de standards de sécurité suffisants. Une stratégie susceptible d’avoir un impact majeur, non seulement en Chine, mais aussi à l’échelle mondiale.

Pourquoi la Chine veut une nouvelle réglementation, et les premières pistes

La proposition émane de Cui Dongshu, secrétaire général de la China Passenger Car Association (CPCA), qui suggère de créer une catégorie spécifique de petites électriques urbaines sur le modèle des kei cars japonaises. Au Japon, ces véhicules représentent environ un tiers du marché automobile et sont devenus essentiels à la mobilité urbaine et rurale grâce à leurs dimensions compactes, leurs coûts contenus et des avantages fiscaux.

Les kei cars traditionnelles répondent à des critères stricts : 3,4 m de longueur maximale et des moteurs de moins de 660 cm³. La Chine souhaiterait réinterpréter ce concept en version électrique, en fixant des limites de gabarit, de puissance et d’autonomie, afin de créer une nouvelle tranche de véhicules électriques accessibles et standardisés.

L’idée répond à un problème très concret. Ces dernières années, des millions de citoyens chinois, surtout des personnes âgées et des habitants des zones rurales, ont utilisé les « laotoule », des microcars électriques à bas coût souvent dépourvues d’airbags, de structures renforcées et de systèmes de sécurité adéquats. Entre 2012 et 2016, ces véhicules ont été impliqués dans plus de 830 000 accidents, causant environ 18 000 décès. Pékin en a donc interdit la circulation à partir de 2024, laissant toutefois une part énorme de la demande sans solution.

Selon la CPCA, ces nouvelles mini-EV pourraient constituer le compromis idéal : abordables mais sûres, simples à conduire et adaptées à un usage urbain ou local. Parmi les pistes figure même un nouveau permis « C7 », avec un examen simplifié, destiné notamment aux seniors et aux nouveaux conducteurs.

BYD Racco (Kei Car) au Japan Mobility Show 2025

BYD Racco (Kei Car) au Japan Mobility Show 2025

Photo : Motor1.com Deutschland

Les constructeurs prennent de l’avance

En attendant, certains constructeurs se positionnent déjà. BYD a présenté au Japon la Racco, une petite électrique de 3,39 m de long, équipée d’une Blade Battery de 20 kWh, avec une autonomie WLTC de 180 km et une charge rapide pouvant aller jusqu’à 100 kW. Son prix de départ est équivalent à environ 14 000 €. Sur le marché chinois, il existe déjà des modèles ultra-compacts comme la Bestune Pony, annoncée à moins de 4 000 € (toujours en équivalent), ou la Chery QQ3, qui a enregistré près de 57 000 commandes.

L’ambition de la Chine va toutefois au-delà du marché domestique. Une catégorie standardisée de mini-EV pourrait être idéale pour l’export vers l’Asie du Sud-Est, l’Inde et d’autres marchés émergents, où les voitures compactes et à bas coût dominent les ventes. Par ailleurs, l’Europe elle-même, après s’être penchée sur le concept des kei cars, encourage les petites électriques (parfois qualifiées d’e-cars), avec des modèles comme la Renault 5 ou la future Volkswagen ID. Polo, qui visent des tarifs inférieurs à 25 000 €.

Galerie: BYD Racco (Kei Car) à la Japan Mobility Show 2025