Une partie de l'entreprise voulait briser l'Alliance !

Il y a un peu plus d'un an, Carlos Ghosn tombait entre les mains de la justice pour de nombreuses malversations, provoquant un séisme dans la galaxie Renault-Nissan. En effet, les pièces maîtresses de chacun des deux constructeurs sont tombées depuis, puisque Thierry Bolloré, ancien bras droit de Ghosn et directeur général de Renault, a été licencié, tandis que du côté de Nissan, le PDG Hiroto Saikawa a également été remplacé par Makoto Uchida qui prendra officiellement ses fonctions ce lundi 2 décembre.

Mais Saikawa révèle que l'Alliance a été mise à mal du côté de Nissan après la chute de Ghosn, dont lui-même a été vu comme l'un des principaux instigateurs, alors qu'une grande partie de Nissan voulait visiblement en finir avec cette association et reprendre un statut indépendant, plutôt que de continuer à faire partie d'un groupe aussi important. Et lorsque l'Alliance a été fragilisée par l'affaire Carlos Ghosn, certains se sont activés en coulisses pour tenter de l'achever.

"Il y avait des personnes au sein de Nissan qui avaient des idées conservatrices profondément ancrées selon lesquelles l'entreprise devrait revenir au stade d'avant la crise financière de la fin des années 1990. Ces forces ont été libérées lorsque le système Ghosn est tombé", explique Saikawa au Financial Times, qui admet que l'arrestation de l'ex-tycoon, vue en interne comme une manœuvre de sa part, a compliqué grandement sa relation avec les employés du Losange : "Au départ, c’était un tel poids que je ne pouvais pas communiquer normalement avec Renault."

La crise financière de la fin des années 90 a été précisément le moment où Renault a décidé de se porter acquéreur, formant l'Alliance Renault-Nissan en laissant des parts à la marque japonaise. Carlos Ghosn avait alors appliqué une politique stricte auprès de Nissan, vue par les japonais comme une privation d'opérer et un contrôle bien trop strict de Renault sur le constructeur nippon. Malgré cet espoir de redevenir indépendant, Nissan a finalement repris la route avec Renault et Mitsubishi, troisième entité du groupe, et de nouveaux projets ont même été validés pour l'avenir, faisant disparaître les nuages qui planaient sur le géant franco-japonais.