Avec une fin des concessions en 2031, l'État envisage-t-il de renationnaliser les autoroutes ?

Il y a quelques jours, vendredi 18 septembre 2020, a été rendu un rapport sénatorial lequel porte sur les autoroutes françaises, et plus précisément leur situation financière. Et les deux Sénateurs, celui de l'Essonne et celui de la Creuse, qui ont enquêté pendant des mois, ont mis en lumière un taux de rentabilité pour les sociétés concessionnaires bien plus fort que prévu ! 

Pour bien comprendre, il faut revenir en 2006. C'est en effet à ce moment là que Dominique de Villepin, alors Premier ministre, et son gouvernement, ont privatisé les autoroutes. Des concessions vendues à des sociétés privées, les Vinci, Cofiroute, SANEF, APPR et autres ASF, pour quelques 15 milliards d'euros. Un prix qui avait justement été calculé alors sur la rentabilité estimée de l'exploitation des autoroutes.

Sauf que finalement, elle est bien plus forte que prévue. Et que si les concessions avaient été laissées jusqu'en 2031 (jusqu'à 2036 pour certaines), les sociétés autoroutières seront finalement rentables dès 2022. Autrement dit, l'État n'avait pas très bien estimé le pactole que pouvait représenter la privatisation des autoroutes...

Partant de ce constat, les deux sénateurs expliquent dans leur rapport que lors de la privatisation, il y a eu un manque à gagner de 7,8 milliards d'euros. Et que même malgré les renégociations menées en 2015 sous la présidence de François Hollande, la dynamique n'a pas réellement pas été modifiée. 

Le rapport revient donc sur ce système de concessions des autoroutes, et préconise de commencer à penser dès maintenant à la fin de ces concessions à partir de 2031. Ou éventuellement faire en sorte de relancer de nouvelles concessions, de 15 ans maximum, avec la possibilité de revoir le contrat tous les 5 ans afin de s'assurer à ce qu'il n'y ai plus de "surrentabilité". 

Le but serait de toute façon que l'État puisse remettre la main d'une manière ou d'une autre sur les autoroutes.