De nombreux véhicules commercialisés en France pourraient être concernés si ce malus venait à voir le jour.

"Light is right", tel était le leitmotiv d'un certain Colin Chapman, et il semblerait que cela devienne aussi celui du gouvernement, mais pas forcément pour les mêmes raisons. En effet, fin 2019, un projet très controversé à l'époque évoquait l'ajout d'un malus supplémentaire aux véhicules jugés trop lourds. Une idée défendue à l'époque Barbara Pompili qui, depuis, est devenue ministre de la Tansition écologique.

Un nouveau poste qui lui confère plus de poids dans la sphère politique et qui pourrait bien évidemment permettre de remettre certains dossiers tout en haut de la pile. L'amendement en question, qui avait alors été retoqué par le gouvernement, semble bien parti pour revenir sur le devant de la scène d'ici janvier 2021.

En effet, Luc Chatel, le président de la Plateforme Automobile qui représente les entreprises du secteur en France, indique qu'une nouvelle "taxe à 4,4 milliards d'euros" sur la masse des véhicules serait revenue sur le devant de la scène. "Ce malus impacterait 70% des voitures produites en France au moment où l'on veut lancer un programme de localisation de l'automobile du futur dans notre pays", précise Luc Chatel.

Quinze euros par kilo à partir de 1300 kilos ?

Si l'on se base sur les barèmes proposés par l'amendement de fin 2019 et retoqué par le gouvernement à cette époque, de nombreux véhicules pourraient faire les frais de ce nouveau malus, à commencer par les SUV, mais pas seulement. Le texte soutenu fin 2019 par Barbara Pompili prévoyait une taxe de quinze euros par kilo sur tous les modèles thermiques de plus de 1300 kilos et tous les véhicules électriques de plus de 1700 kilos, avec un plafond fixé à 10'000 euros.

Un barème assez sévère puisqu'une Peugeot 508 équipée d'un moteur diesel aurait donc le droit à un malus d'environ 1700 euros, tandis qu'un simple Citroën C5 Aircross diesel de 130 chevaux en entrée de gamme serait pénalisé de quasiment 2000 euros. Les citadines seraient épargnées par ce malus tandis que les compactes seraient à cheval entre l'absence totale de malus et une petite pénalité de quelques centaines d'euros, puisque la plupart oscillent autour de 1300 kilos.

L'amendement en question prévoyait également un abattement pour les familles nombreuses, c'est-à-dire avec trois enfants et plus, (cela représente une famille sur cinq en France, selon les chiffres de l'INSEE). Le régime aurait été un peu plus favorable grâce à un abattement de 300 kilos ou de 550 kilos pour une voiture électrique.

Des réajustements indispensables à faire

Quoi qu'il en soit, si la France devait être amenée à mettre en place un malus indexé sur le poids des véhicules, il sera sans doute différent de l'amendement retoqué fin 2019. Notamment parce qu'il ne prenait pas en compte les véhicules hybrides, des modèles évidemment plus lourds à cause de leur groupe motopropulseur alliant électrique et thermique, sans oublier la batterie.

De ce fait, en se basant sur l'amendement présenté en 2019, une Peugeot 3008 hybride rechargeable de 225 chevaux serait pénalisée de presque 7000 euros à cause de sa surcharge pondérale, tout en étant avantagée de 2000 euros depuis l'instauration du nouveau bonus concernant les véhicules hybrides rechargeables en 2020. Un paradoxe que le gouvernement devra prendre en compte s'il souhaite mettre en place ce fameux malus.

Dans tous les cas, ce serait un sacré pied de nez à l'Union européenne qui a choisi, sous la pression des constructeurs allemands notamment, d'accorder des objectifs de réductions des émissions de CO2 moins stricts aux marques qui fabriquent des modèles plus lourds. Si la France venait à être l'un des seuls pays à disposer d'un tel malus, de nombreux constructeurs pourraient faire un sacré ménage au sein de leur catalogue français.