Un peu plus d'un an après l'annonce de la fusion, les actionnaires viennent de donner leur aval.

Les actionnaires de PSA et FCA ont validé, ce lundi 4 janvier 2021, la fusion des deux groupes. Cette union, qui donnera naissance à Stellantis, va devenir le quatrième groupe automobile mondial en termes de véhicules vendus, et le troisième en chiffre d'affaires derrière Toyota et Volkswagen.

La date effective de ce mariage doit être annoncée "très rapidement" selon le président du directoire de PSA et futur directeur général de Stellantis, Carlos Tavares.

Stellantis comptera plus de 400'000 salariés et abritera 14 marques comme Citroën et Maserati, Fiat et Opel, Peugeot et Alfa Romeo, Chrysler, Dodge ou Jeep. "J'ai rarement eu le sentiment autant qu'aujourd'hui de vivre un moment d'histoire", a déclaré l'emblématique président du conseil de surveillance de PSA, Louis Gallois, qui prend sa retraite à l'issue de cette fusion.

Les deux groupes sont confrontés à "d'énormes défis technologiques et stratégiques" et aux effets dévastateurs de la pandémie. "Seuls les plus agiles, dans un esprit darwinien, survivront", avait d'ailleurs annoncé Carlos Tavares en novembre 2020.

Des économies réalisées à tous les niveaux ?

Les marques du groupe vont notamment réduire leurs coûts de développement et de construction, et compléter leur offre dans toutes les gammes. "Grâce à son union avec PSA, FCA pourra renforcer sa présence en Europe", ajoute Giuseppe Berta, professeur à l'université Bocconi de Milan et spécialiste de Fiat. "À l'inverse, le groupe français pourra reprendre pied aux Etats-Unis grâce à son allié italo-américain".

Le vote des actionnaires scelle donc une union envisagée depuis 2018, annoncée fin 2019, et dont la préparation a été ralentie par la crise. Fin décembre 2020, la Commission européenne a donné son feu vert au mariage, sous condition que les deux groupes respectent leurs engagements pris pour préserver la concurrence dans les petits utilitaires, où ils détiennent de larges parts de marché. Ils avaient auparavant amendé leur contrat pour que leur union reste un mariage entre égaux, alors que la pandémie a affecté leurs comptes respectifs.

Première mission : rassurer ?

Dans les documents fournis aux autorités financières, PSA et FCA estiment que leur rapprochement devrait coûter quatre milliards d'euros, et que les synergies permettront d'économiser à terme jusqu'à cinq milliards par an. Carlos Tavares avait souligné fin 2019 qu'aucune fermeture d'usine n'était prévue, même si les syndicats se permettent d'en douter. "Globalement c'est une bonne assurance pour l'avenir de notre groupe. Ceux qui ne prendront pas ce virage-là risqueront de rester sur le carreau", précise Franck Don, délégué syndical central CFTC chez PSA.

Parmi ceux qui doutent, il y a également le fonds Phitrust, qui détient moins de 1 % du capital de PSA et qui critique, depuis l'annonce de la fusion, un manque d'"équilibre entre les parties" au profit des Italo-Américains.

"FCA a plus besoin de PSA pour la mise en œuvre des synergies que l'inverse" et "PSA est plus performant que FCA sur différents aspects clés", a notamment souligné le fonds, tout en ajoutant que "FCA n'a pas de marges de manœuvre en Italie, où il a contracté un prêt garanti par l'Etat à hauteur de six milliards d'euros". "Les usines françaises de PSA pourraient devenir la variable d'ajustement, entraînant de lourdes pertes d'emplois", avance le fonds.

"Aujourd'hui, le groupe FCA est une grande inconnue pour nous", ajoute le syndicaliste Franck Don. "Quelles synergies vont être trouvées ? Quelles conséquences potentielles sur les sites situés en France ?" Christine Virassamy, déléguée syndicale centrale CFDT, attend un engagement ferme de Stellantis sur les usines comme sur les centres de recherche. "C'est le volet social et éthique qui permettra de dire si cette fusion est une réussite ou pas", souligne-t-elle.