La France va continuer à promouvoir les hybrides rechargeables face à la proposition européenne d'interdiction des moteurs thermiques.

"La France va continuer à promouvoir les hybrides rechargeables face à la proposition européenne d'interdiction des moteurs thermiques", a indiqué l'Elysée lundi à l'issue d'une réunion avec la filière automobile.

Le secteur s'apprête à vivre une révolution : mercredi 14 juillet, la Commission européenne doit proposer de nouvelles réglementations pour réduire à zéro les émissions de CO2 des véhicules neufs, afin de lutter contre le changement climatique. Selon plusieurs sources, elle envisage la suppression complète des émissions automobiles à partir de 2035. Les véhicules électriques deviendraient de facto les seuls autorisés sur le marché du neuf.

"Les hybrides rechargeables sont une bonne solution de transition, il faut qu'ils soient une option de transition dans la durée", a indiqué l'Elysée. "On n'a pas acté la fin du moteur thermique en 2035, ça fermerait la porte à l'hybride également". Pour 2030, le gouvernement français et la filière militent pour "un objectif réaliste", "autour de 55 % de baisse des émissions maximum", soit moins que ce que devrait proposer la Commission européenne.

Un an après la mise en œuvre d'un plan de relance automobile en mai 2020, doté de huit milliards d'euros, Emmanuel Macron a réuni lundi midi les constructeurs comme Renault, Stellantis et Toyota, les équipementiers, partenaires sociaux et représentants des filières.

La réunion de lundi était le "coup d'envoi de la mobilisation de l'équipe France pour faire face à une transition très forte" et "qui s'accélère", a souligné l'Elysée. Au niveau français, le gouvernement prépare pour la fin de l'été un plan d'investissements pour soutenir la transition du marché automobile, a indiqué l'Elysée. Une "cartographie détaillée de l'impact de cette transition et des moyens de l'Etat qui peuvent être mis en place", filière par filière, doit également être présentée au Premier ministre.

La Plateforme automobile, qui représente la filière, estime à 17 milliards d'euros les investissements à localiser en France dans les cinq ans "sur les technologies clés de l'automobile du XXIème siècle". La PFA évalue le besoin de soutien public à 30 %. 100 000 emplois seraient menacés dans la filière française d'ici 2035, selon un rapport de l'Observatoire de la métallurgie.

Dans un marché globalement en recul à cause de la pandémie, les voitures électriques progressent fortement depuis 2020. Elles ont représenté près de 8 % des immatriculations en Europe de l'Ouest sur les cinq premiers mois de l'année, soit 356 000 véhicules, "plus que sur l'ensemble de l'année 2019", selon l'analyste allemand Matthias Schmidt. Plusieurs groupes automobiles ont déjà annoncé le retrait progressif des moteurs à combustion de leurs gammes, à l'image de Volkswagen, Volvo (2030) ou Jaguar (2025). (avec AFP)