Ferrari salue les "joyaux incroyables" de la Chine mais n'y voit aucune menace réelle
Le rapport salue les progrès de la Chine, mais décrit finalement les voitures comme étant "en quelque sorte des biens de consommation".
La montée en puissance fulgurante des constructeurs chinois a bousculé les acteurs historiques. L’époque où les marques chinoises faisaient sourire l’industrie en copiant sans vergogne des designs et en assemblant des « clones » sur des bases techniques médiocres est révolue. Elles mettent désormais la pression sur les marques occidentales, et tout le monde le remarque. Ferrari compris, même si la firme ne semble pas inquiète à l’idée d’être dépassée par de nouvelles marques de performance venues de Chine.
Le directeur marketing mondial de Ferrari sait de quoi il parle. Emanuele Carando connaît bien les voitures haut de gamme chinoises, puisqu’il s’y rend fréquemment pour tester les dernières évolutions. Dans un entretien accordé au magazine australien GoAuto, il a salué les progrès réalisés par les constructeurs chinois ces dernières décennies, tout en soulignant qu’il leur reste un retard à combler sur un point essentiel.
« Nous pensons qu’ils font des progrès incroyables en termes de performances. Je crois qu’ils sont encore un peu en retrait sur l’émotion de conduite. Mettre au point une voiture qui va vite en ligne droite n’est pas difficile. Mettre au point une voiture qui est incroyablement précise à l’entrée d’un virage, qui reste à plat, qui ne plonge pas, qui ne prend pas de roulis, et qui vous donne confiance et des sensations… c’est ce que nous essayons de faire. On sait qu’on conduit une Ferrari, pas seulement quand on roule vite. »
Yangwang U9
Ferrari peut donc dormir sur ses deux oreilles, en se disant que la Chine n’en est pas encore au point de proposer une voiture aussi grisante dans les enchaînements que celles de Maranello. Carando reconnaît toutefois que la marque a des choses à apprendre en se mesurant aux voitures des concurrents. Dans le même temps, Ferrari est incitée à continuer d’améliorer ses nouveaux modèles pour éviter que la Chine ne réduise encore l’écart.
À ce stade, Ferrari affirme conserver un avantage en dynamique de conduite. Sans nier, pour autant, que les entreprises chinoises conçoivent des « bijoux » impressionnants par leurs niveaux de confort, d’équipements et de technologie. Même si ce sont des produits séduisants, la marque au Cheval Cabré ne les considère pas forcément comme des rivales directes :
« Mais je pense que la combinaison globale est très différente de ce que produit Ferrari. Eux (la Chine) développent des voitures qui sont, en quelque sorte, consommables. Chaque mois, un nouveau modèle arrive, et votre voiture précédente devient vieille. »
Les modèles Ferrari ont, à l’évidence, une longévité supérieure, et l’héritage de la marque constitue un autre atout majeur qui fait défaut aux entreprises chinoises. Mais les chiffres sont sans appel. La marque est en difficulté sur le plus grand marché automobile du monde. Elle n’y a vendu que 584 unités en 2025, soit moins de la moitié des 1 221 véhicules livrés en 2023.
Source: GoAuto
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