À bord de la dernière des hydropneumatiques !

Le bien-être des passagers a toujours été le point fort de Citroën : si aujourd'hui, le constructeur aux chevrons affirme que "Le nouveau cool, c'est le confort", en proposant ses sièges "Advanced Comfort" et de nouvelles suspensions à butées hydrauliques progressives sur les plus récents modèles de sa gamme, les célèbres suspensions hydropneumatiques, apparues sur la Citroën DS en 1955, sont encore aujourd'hui regrettées des plus fervents amateurs de la marque...

Lancée en 2008, la C5 de seconde génération est la toute dernière Citroën de l'histoire à proposer une suspension hydropneumatique, avec le système Hydractive III+ équipant les finitions hautes. Ce système ingénieux mais onéreux a ensuite tiré sa révérence en 2017, en même temps que la fin de production du modèle. À l'occasion de l'anniversaire des 100 ans de Citroën cette année, nous avons repris le volant d'une Citroën C5 Tourer Hydractive, dotée du quatre cylindres diesel BlueHDi de 180 chevaux !

Un look élégant et tout en rondeurs

Avec plus de 10 ans de carrière au compteur, le style de cette C5 n'a pas l'air pour autant obsolète aujourd'hui : Citroën a préservé son look en n'apportant que de subtiles retouches au fil du temps, sans prendre le parti d'un restylage radical de mi-carrière. Notre version d'essai est la plus récente avant l'arrêt du modèle, avec les feux de jour à LED à l'avant, des optiques arrière plus modernes, sans oublier de nouveaux sigles en phase avec la nouvelle identité de la marque.

Pour le reste, les lignes sont fluides et élégantes, avec un bouclier avant tout en rondeurs, et la version berline se reconnaît au premier coup d'œil avec sa lunette arrière concave. La version break dénommée C5 Tourer n'en bénéficie pas, et le style est plus sobre et familial, avec une malle arrière plus classique, un becquet de hayon embarquant le troisième feu stop, sans oublier les barres de toit en aluminium. Mention spéciale pour la jupe arrière et ses deux imposantes canules d'échappement chromées, qui ont été empruntées aux plus prestigieuses versions V6, hélas désormais disparues.

Essai Citroën C5 Tourer

Un intérieur sérieux mais peu ergonomique

À bord, l'ambiance est sobre et sans fioritures : les matériaux et les assemblages sont de bonne facture, et notre modèle d'essai était équipé d'un superbe garnissage cuir gris clair et d'un vaste toit en verre panoramique, apportant luminosité et distinction à cet habitacle. La vie à bord est agréable, avec de nombreux rangements et des places accueillantes à l'avant comme à l'arrière, même si le passager central pourra être un peu à l'étroit. La visibilité vers l'extérieur est optimisée par les grandes surfaces vitrées, et le hayon à ouverture électrique donne accès au généreux coffre de 533 litres, pouvant offrir jusqu'à 1490 litres une fois la banquette rabattue.

La C5 II est la dernière Citroën à avoir été équipée d'un volant à moyeu fixe : si celui-ci apportait une singularité bienvenue sur les modèles de l'époque, l'ergonomie est en réalité assez maladroite, avec un moyeu central proéminent nuisant à la maniabilité de la jante du volant, ainsi que de trop nombreux boutons de commandes embarqués. Parmi les autres petites maladresses d'ergonomie, citons également la commande du warning située... Côté passager !

Au centre de la planche de bord, nous retrouvons un écran tactile commandant le système d'infotainment embarqué : si celui-ci commence à accuser le poids des années, il fait parfaitement le job en embarquant un lecteur multimédia, un kit mains libres Bluetooth, ou encore la navigation GPS et les applications connectées. L'ergonomie et la réactivité à l'usage sont corrects, et les versions les plus récentes de la C5 proposent même MirrorLink et Apple CarPlay, permettant de retrouver les applications de votre smartphone directement sur l'écran de la voiture, et ainsi lui redonner une seconde jeunesse.

Essai Citroën C5 Tourer

Le confort comme maître-mot

Si durant sa carrière, la Citroën C5 a bénéficié d'une vaste gamme de motorisations essence et diesel quatre et six cylindres, l'ultime gamme de la Citroën C5 millésimée 2017 ne proposait plus que deux versions diesel : on retrouve donc le dernier 2,0 litres BlueHDi du Groupe PSA, qui se décline ici en 150 et en 180 chevaux. Notre modèle d'essai est équipé de cette dernière version la plus puissante, couplée à une boîte automatique EAT6 à six rapports.

Sur la route, pas de surprise : ce quatre cylindres diesel de 180 chevaux et 400 Nm de couple offre un bel agrément, et répond présent à tous les régimes : l'excellente boîte EAT6 qui est associée à ce moteur offre des changements de rapports fluides et sans saccades, et les performances sont au rendez-vous pour faciliter les dépassements. Le 0 à 100 km/h est en effet effectué en 8,8 secondes, et un mode "Sport" est même disponible pour lui offrir un supplément de réactivité... Mais la Citroën C5 n'a pas pour vocation d'aller décrocher des chronos, ni d'exceller dans le dynamisme. Non, elle est bien entendu destinée à avaler les kilomètres et offrir le meilleur des conforts à toute la famille.

S'agissant de confort, on lui pardonnera donc sa légère prise de roulis en virage due à un poids conséquent (plus de 1,6 tonne sur notre modèle d'essai), ainsi que sa direction précise mais peu informative, puisqu'on se sentirait presque comme dans un cocon à son bord : son habitacle est bien isolé, le grondement du moteur diesel est quasiment imperceptible à l'intérieur, et ses suspensions sont savamment dosées, malgré la présence de grandes roues de 18 pouces qui participent à son excellente tenue de route. Le système Hydractive dans sa version "III+" donne ici le meilleur de lui-même, avant de tirer sa révérence avec la fin de carrière de cette Citroën C5... Un bouton situé sur la console centrale permet de choisir sa hauteur de suspension parmi 4 modes. En pratique, la voiture offre une conduite sereine et reposante en toutes circonstances : les irrégularités de la route sont ainsi gommées, et les dos-d'âne ne seront qu'une simple formalité.

Essai Citroën C5 Tourer

En conclusion

Même si la Citroën C5 II accuse le poids des années, elle n'en reste pas moins une excellente routière : le duo moteur BlueHDi de 180 chevaux couplé à la boîte automatique EAT6 est des plus agréables, et sa suspension Hydractive III+ lui offre un confort de premier ordre.

Si les nouvelles suspensions à butées hydrauliques progressives de la marque aux chevrons ne vous ont pas convaincus, et que vous êtes nostalgiques des Citroën à suspensions hydropneumatiques, il ne vous reste plus qu'à vous tourner vers le marché de l'occasion, où de nombreuses affaires sont encore à faire !

Niveau consommation, Citroën annonce une valeur mixte de 4,4 litres aux 100 km (soit des émissions de 114 g/km de CO2), mais en pratique, nous avons relevé une moyenne d'un peu plus de 6,8 litres aux 100 km lors de notre essai.

Photos : Tran HA / Motor1.com

Essai Citroën C5 Tourer
Points positifs Points négatifs
Agrément moteur / boîte Ergonomie du poste de conduite
Confort de premier ordre Manque de dynamisme dû à un poids élevé
Ambiance et finition intérieure Gabarit imposant en agglomération

 

Citroën C5 Tourer Exclusive Hydractive - 2.0 BlueHDi 180 EAT6

Motorisation Diesel BlueHDi, 4-cylindres en ligne, 1997 cm³, 16 soupapes, turbo injection directe
Puissance 180 chevaux / 400 Nm
Transmission Boîte automatique à 6 rapports
Type de transmission Traction avant
0-100 km/h 8,8 secondes
Vitesse maximum 219 km/h
Poids 1655 kg
Volume de coffre 533 litres / 1490 litres
Places 5
Economie de carburant Urbain : 5,2 l/100 km / Extra-urbain : 3,8 l/100 km / Mixte : 4,4 l/100 km
Prix de base 32'500 €
Prix de la version testée 39'550 €

Galerie: Essai Citroën C5 Tourer

Photo: Tran HA