Audi souhaite que la version Sportback représente jusqu'à 40 % des ventes du Q3. En a-t-il vraiment les moyens ?

L'Audi Q3, c'est la meilleure vente de la marque en France sur les dix premiers mois de l'année 2019. En effet, 8614 modèles ont été écoulés dans l'Hexagone depuis janvier dernier, c'est plus qu'une Audi A3 (8142 immatriculation) ou encore que la petite A1 (7431 ventes). Il faut dire que le SUV aux anneaux profite d'une nouvelle génération, clairement plus convaincante que la précédente, tout en sachant que la précédente avait rencontré un certain succès. Le 10 septembre dernier, Audi a lancé les commandes d'une nouvelle version que l'on aurait pu qualifier d'étrange il y a ne serait-ce que dix ans en arrière.

Il s'agit d'un SUV Coupé, une mode qui est née lors de la dernière décennie et qui s'est démocratisée avec un certain X6. La recette est, sur le papier, pas vraiment fameuse puisqu'elle conjugue tous les inconvénients du SUV avec une habitabilité amputée au profit du design. Étrangement, ça plaît au client. Ça plaît même beaucoup puisque quasiment tous les constructeurs proposent un SUV Coupé à leur catalogue. Son Q3 Sportback, Audi espère qu'il représentera environ 40 % des commandes de Q3 sur l'année, et prévoit d'en écouler environ 4700 sur une année pleine de commercialisation.

Essai Audi Q3 Sportback (2019)

Pour tous les goûts

Évidemment, tout l'intérêt de ce Q3 c'est son design. Voulu comme plus racé et surtout plus dynamique, le Q3 Sportback en impose effectivement davantage par rapport à la version standard. Globalement, les designers ont revu les panneaux de carrosserie pour faire ressortir les ailes. La silhouette a été étirée de deux centimètres et culmine maintenant à 4,50 mètres, tandis que la garde au sol a été réduite de trois centimètres. Le pavillon a quant à lui été amputé de trois centimètres (1,57 mètre de haut) avec une chute très bien travaillée qui vient se fondre avec les lignes de la poupe. Les traits sont assez homogènes et ne dénaturent pas le dessin du Q3, par ailleurs assez réussi pour un SUV.

Pour ceux qui souhaitent se faire remarquer, le panel de couleurs est très varié avec le "Bleu Turbo" de notre version d'essai, très clinquant, ou encore la version "Pulse Orange" qui n'est d'ailleurs pas sans rappeler une couleur utilisée au lancement du Porsche Cayenne Coupé. Pour ceux qui veulent se la jouer "gros bras", il y a la possibilité de rendre ce Q3 Sportback "full black" avec la teinte de carrosserie, la calandre ou encore les logos entièrement noirs. À nos yeux, la plus réussie reste sans doute la nouvelle couleur "Argent rosée métallisée" avec ses multiples reflets au soleil, qui rompt globalement avec les gris et les blancs traditionnels.

Essai Audi Q3 Sportback (2019)
Essai Audi Q3 Sportback (2019)

Habitabilité (presque) préservée

À l'intérieur, rien de neuf sous les tropiques, en tout cas pas d'éléments distinctifs qui permettraient d'identifier un Q3 standard par rapport à un modèle Sportback. L'ensemble est toujours de très bonne qualité, les matériaux sont très bien choisis et les assemblages absolument impeccables. En fait, les changements se situent aux places arrière avec une banquette toujours coulissante, mais sur 13 centimètres au lieu de 15 sur le Q3 classique. La garde au toit est tout juste bonne pour un adulte d'environ 1,80 mètre, tout comme l'espace aux jambes. La place centrale reste très inconfortable avec une assise dure et surtout un tunnel de transmission qui vient manger de l'espace au niveau des jambes. Le volume du coffre n'est pas amputé, il est toujours annoncé à 530 litres. Il perd en revanche 125 litres en configuration deux places et culmine désormais à 1400 litres.

Essai Audi Q3 Sportback (2019)
Essai Audi Q3 Sportback (2019)

Et sur la route ?

Pour notre version d'essai, nous avions le droit à un modèle 45 TFSI. Ça ne vous parle pas, c'est presque normal puisqu'il s'agit de la nouvelle nomenclature des motorisations chez Audi. Sachez que pour ce Q3, cela signifie que nous avons affaire à la version quatre cylindres 2,0 litres essence de 230 chevaux et 350 Nm de couple. Il s'agit du modèle le plus puissant avant l'Audi RS Q3 Sportback et ses 400 chevaux et, peut-être, en attendant un éventuel SQ3 d'environ 300 chevaux. La version de 230 chevaux est déjà convaincante, le moteur 2,0 litres TFSI, nous le connaissons bien, nous apprécions globalement sa vigueur à bas régime et sa capacité à pousser fort et longtemps. Pour un peu, nous ne sentons presque pas les 1700 kilos à vide affichés sur la balance. Moteur turbo oblige, il s'essouffle un poil au-dessus de 5500 tr/min même si, honnêtement, personne ne l'emmènera jusqu'ici en conduite conventionnelle.

La boîte de vitesses S tronic à sept rapports est toujours un modèle de douceur, un peu moins de dynamisme. Les passages de rapports sont un peu trop lents et surtout parfois mal gérés en conduite dynamique en descendant d'un ou deux rapports trop vite à l'inscription en virage. Inutile de vouloir reprendre les commandes via les palettes, elle ne vous laissera pas toute la latitude pour faire ce que vous voulez avec. Tant pis, nous roulerons au rythme d'un sénateur. C'est toutefois assez paradoxal avec la volonté d'Audi de le rendre plus dynamique. Honnêtement, malgré l'arrivée de série des suspensions sport et de la direction progressive sur tous les Q3 Sportback, le confort reste préservé, même avec les jantes de 19 pouces (en option à 1900 euros) de notre version d'essai. Cela dit, nous étions aussi équipés de l'amortissement piloté (en option à 850 euros sur notre finition "S line"), qui influe certainement positivement sur le confort.

Essai Audi Q3 Sportback (2019)
Essai Audi Q3 Sportback (2019)

L'amortissement piloté rend toutefois ce Q3 Sportback très agréable à mener, tout en ne détériorant pas le confort. En conduite dynamique, la prise de roulis est contenue, l'assiette reste relativement constante et le train avant plonge au freinage mais en aucun cas avec excès. La transmission intégrale quattro, livrée obligatoirement avec notre version 45 TFSI, assure une motricité sans faille. Ici, pas de perte du train arrière et encore moins du train avant en rentrant salement dans un virage, tout est sous contrôle. La sécurité avant tout. Nous avons cependant été déçu par l'insonorisation à bord. Nous avons remarqué de nombreux bruits d'air à 130 km/h, notamment au niveau des rétroviseurs extérieurs. Sans compter également quelques bruits de roulement, certainement à cause de nos jantes de 19 pouces. Sachant qu'il existe aussi du 20 pouces, ceux-ci peuvent être encore amplifiés.

Envolée des prix ?

La crainte que l'on aurait pu avoir avec l'arrivée d'une version Coupé d'un SUV, c'est l'inflation des prix. Sauf que nous sommes chez Audi, et l'inflation des prix est globalement assez constante. Disponible à partir de 37'330 euros pour la motorisation essence de 150 chevaux avec la finition de base, il faudra compter plus de 65'380 euros pour notre modèle d'essai bardé d'options, sa finition "S line", et son gros moteur essence de 230 chevaux. À noter que la version 35 TFSI, c'est-à-dire avec le moteur essence de 190 chevaux, bénéficie d'une micro-hybridation permettant d'abaisser les consommations de 0,4 l/100 kilomètres d'après Audi. À ce propos, Audi ne prévoit pas de version hybride rechargeable pour ce Q3 à court terme, la marque préférant d'abord s'occuper des plus gros modèles. De notre côté, avec notre modèle 45 TFSI, pas de miracles, nous avons relevé un peu moins de 10 l/100 kilomètres sur un parcours d'environ 200 kilomètres en alternant entre autoroute et conduite dynamique sur les différentes routes de col près d'Alicante, en Espagne. C'est presque correct nous aurions envie de vous dire pour une telle motorisation.

Ça l'est un peu moins concernant les rejets de CO2, puisque notre version est mesurée à 173 g/km sous NEDC corrélé, ce qui lui octroie un malus de 5573 euros jusqu'au 31 décembre 2019. Au 1er janvier 2020, et jusqu'au 1er mars 2020, le malus passera à 12'500 euros, soit la somme maximale. Ensuite arrivera le barème WLTP et le malus redeviendra un peu plus "normal" suivant ses émissions sous la norme WLTP. Celles-ci devraient évidemment grimper, mais en aucun cas atteindre le seuil maximal fixé à plus de 200 g/km de CO2. À motorisation et équipements équivalents, la différence entre un Q3 et un Q3 Sportback est de 2400 euros. La version Sportback bénéficie de quelques équipements supplémentaires de série, comme la direction progressive par exemple. De quoi le rendre plus dynamique qu'un Q3 ? Légèrement, mais rien de vraiment perceptible derrière le volant. C'est plutôt de part son style qu'il se différenciera et, une fois n'est pas coutume, il ne sabote pas (trop) son habitabilité au profit de son design. Ses principales concurrentes, à savoir les BMW X2, Range Rover Evoque et future Mercedes GLA ont un nouveau concurrent de poids, mais le segment n'est pas encore totalement saturé. De quoi s'offrir une petite place au soleil ?

 
Points positifs Points négatifs
Confort préservé malgré les jantes de 19 pouces Boîte S tronic passive en mode "Dynamic"
Agrément de conduite du moteur 45 TFSI Malus assez sévère
Volume de coffre préservé Tarifs salés

Audi Q3 Sportback

Motorisation Essence TFSI, quatre cylindres en ligne, 1984 cm³, turbo
Puissance 230 chevaux (de 5000 à 6700 tr/min)
Couple maximum 350 Nm (de 1500 à 5000 tr/min)
Transmission Boîte robotisée à double embrayage à sept rapports - S tronic
Type de transmission Intégrale - quattro
0-100 km/h 6,3 secondes
Vitesse maximum 233 km/h
Longueur 4,50 mètres
Largeur 1,84 mètre
Hauteur 1,57 mètre
Poids 1700 kg (à vide)
Volume de coffre 530 à 1400 litres
Places 5
Economie de carburant Urbain : 9,7 l/100 km / Extra-urbain : 6,4 l/100 km / Mixte : 7,6 l/100 km
Émissions 173 g/km de CO2
En vente 2019
Prix de base 37'330 €
Prix de la version testée 65'380 €

Galerie: Essai Audi Q3 Sportback (2019)