Des SUV, il y en maintenant partout. Des bons SUV, c'est un peu plus rare.

Difficile d'apprécier un SUV quand nous aimons à la base les voitures de sport. Le SUV est aujourd'hui l'anti-thèse même d'une sportive pure et dure, malgré l'ajout de gros moteurs V6 ou V8 gavés jusqu'à plus soif. Le poids, l'inertie, le gabarit, la position de conduite... Tout va à l'encontre de la sportivité. Seul le monospace fait pire avouons-le, mais de peu puisque les SUV modernes disposent des codes esthétiques des voitures de sport avec, par exemple, l'ajout d'un aileron ou encore de voies élargies. Le monospace, lui, assume au moins ses prétentions. Le SUV les cache, c'est encore pire. Les constructeurs ont-ils vraiment tort dans le fond de commercialiser ce type de voitures ? Non évidemment puisqu'il y a de la demande. Ils seraient même bien mal inspirés de ne pas en proposer à leur catalogue. Audi dispose d'un Q3 Sportback, Mercedes de son duo GLC et GLE Coupé, BMW de ses X2, X4 et X6 et maintenant Porsche avec le nouveau Cayenne Coupé. La firme de Stuttgart mise d'ailleurs beaucoup sur son nouveau produit, puisque la marque espère désormais écouler 50 % de ses Cayenne sous cette carrosserie. C'est dire l'importance d'un tel produit dans la gamme, d'autant plus que le Cayenne a subi quelques soucis récemment avec le passage sous WLTP. Il fut même retiré du catalogue pendant quasiment une année.

Essai Porsche Cayenne Coupé Turbo (2019)

De 340 à 680 chevaux

Les choses étant rentrées dans l'ordre, le Cayenne Coupé peut aujourd'hui débuter sa carrière avec, dès son lancement, cinq motorisations différentes dont deux hybrides. La gamme est calquée sur celle du modèle classique et débute avec un moteur V6 3,0 litres turbo de 340 chevaux. Le Cayenne Coupé S passe à 440 chevaux, toujours avec un V6 mais bi-turbo cette fois-ci. Notre version d'essai affublée du blason Turbo développe 550 chevaux grâce à un V8 4,0 litres bi-turbo. C'est d'ailleurs notre version Turbo qui devrait rencontrer un plus large succès, juste derrière la version hybride "d'entrée de gamme" de 462 chevaux. Tout en haut, nous retrouvons un Cayenne Coupé Turbo S E-Hybrid de 680 chevaux et 900 Nm de couple, mais celui-ci évolue dans une toute autre sphère avec ses 179'097 euros affichés au catalogue. Il viendra plutôt faire de l'ombre aux Lamborghini Urus et autres Bentley Bentayga Speed, avec un bel avantage qui plus est, puisqu'il ne dispose pas de malus écologique. Tout ça en réalisant le 0 à 100 km/h en 3,8 secondes, en atteignant la vitesse maximale de 295 km/h et en étant équipé du même V8 que notre Cayenne Coupé Turbo, mais complété d'un moteur électrique. L'absurdité des cycles d'homologation dîtes-vous ?

Le Cayenne que l'on aurait du avoir à la base ?

Quoi qu'il en soit, intéressons-nous aujourd'hui à notre nouveau Cayenne Turbo Coupé. Qu'est-ce qui change par rapport à un Cayenne standard ? Tout et pas grand-chose à la fois. Tout parce que, esthétiquement parlant, le Cayenne Coupé devrait être le Cayenne standard. Effectivement, son design correspond davantage aux codes de la marque. Il n'y a qu'à mettre la ligne du pavillon d'un Cayenne Coupé à côté de celle d'une Panamera ou même de la nouvelle 911 pour s'en rendre compte. Pas grand-chose parce que, fondamentalement, ce Cayenne Coupé est un calque du Cayenne standard à quelques détails près. Au niveau du coffre, il perd 147 litres pour culminer à 598 litres et l'assise arrière a été abaissée de 30 millimètres pour compenser la diminution de la garde au toit à cause de la ligne de ce nouveau pavillon fuyant. L'intérieur est toujours aussi qualitatif avec un ensemble composé de matériaux parfaitement assemblés et de très bonne qualité. Nous n'avons rien à redire là-dessus. Ça se remarque même dans les détails avec une console noire laquée qui, contrairement à d'autres, ne marque pas, ou encore un écran central réactif qui ne devient pas totalement illisible au soleil grâce à un éclairage bien modulé. Sous les yeux, une partie du système d'instrumentation est numérique, de l'autre, nous retrouvons le traditionnel compte-tour au centre et le compteur de vitesse à gauche. La clé ? Toujours à gauche également. Le Cayenne a beau être un SUV, il reste une Porsche avant tout.

Essai Porsche Cayenne Coupé Turbo (2019)
Essai Porsche Cayenne Coupé Turbo (2019)

Une Porsche, indéniablement

Pourquoi cela reste une Porsche ? Tout simplement parce que le Cayenne est aujourd'hui l'une des références dans sa catégorie, au même titre que la 911 du côté des vraies sportives. Ne vous attendez pas à une voiture aussi mobile qu'une 911 GT3 ou qu'un Cayman GT4, loin de là, de toute façon avec 2,3 tonnes affichés sur la balance et quatre roues motrices, le miracle n'aura pas lieu. Il aura plutôt lieu lorsque vous irez chercher les limites. Des limites situées bien au-delà de votre niveau de pilotage. Bardé de nombreuses technologies, souvent en option, comme le différentiel à l'arrière, le PASM ou encore les roues arrière directrices, le Cayenne Coupé est une usine à gaz qui vous met des étincelles dans les yeux. Comment ont-ils fait pour rendre un SUV aussi plaisant à conduire ? Nous n'avons pas la réponse, mais tout ce que nous savons, c'est qu'à son bord, le charme opère dès les premières lignes droites. Les accélérations sont fulgurantes sous un bruit à réveiller les morts et vous propulsent à des vitesses inavouables. À l'approche des premiers virages, il faut freiner, et attention, quand on a plus de deux tonnes à ralentir, ça se passe rarement bien quand on arrive trop vite. Les freins en tungstène, fournis de série avec la version Turbo, sont indestructibles malgré plusieurs freinages appuyés répétés. Et dire qu'il existe une option freins en céramique censée être encore meilleure. Évidemment il y a pas mal d'inertie au freinage, c'est inhérent à ce genre de voiture, mais dans l'ensemble tout se passe bien, d'autant plus qu'elle pardonne pas mal de choses avec un ESP peu intrusif mais suffisamment pour vous rappeler à l'ordre si vous vous rapprochez des limites.

La direction est d'une précision chirurgicale, les prises d'appui sont maîtrisées, le roulis est quasi imperceptible et la boîte automatique Tiptronic à huit rapports est excellente, bien qu'un poil plus lente qu'une PDK évidemment. Le tableau est presque parfait, d'autant plus que le Cayenne Coupé ne détériore en aucun cas le confort de ses usagers avec une suspension assez souple en compression en mode "Normal". Les modes "Sport" et "Sport Plus" sont loin d'être inutilisables dans des circonstances plus conventionnelles, mais il faut juste assumer l'échappement sport actif, le spoiler arrière déployé (qui casse méchamment la ligne de la voiture) et la boîte de vitesses qui autorise des passages bien plus haut dans les tours, parfois même jusqu'au rupteur situé à 7000 tr/min si vous conduisez de manière dynamique. Si nous devons lui trouver un défaut, ce serait ses systèmes d'aides à la conduite un peu trop intrusifs, comme le freinage automatique d'urgence qui s'active un peu trop tôt par exemple.

Essai Porsche Cayenne Coupé Turbo (2019)
Essai Porsche Cayenne Coupé Turbo (2019)

Chèque à six chiffres

Parfaite la copie du Cayenne ? Pour un SUV certainement. Évidemment, les prix sont en adéquation avec les prestations et le pedigree de la marque, puisqu'il faudra compter au minimum 85'737 euros pour un Cayenne Coupé de 340 chevaux et 149'217 euros pour notre Cayenne Turbo. Ça c'est sans les options. Avec, notre version d'essai s'affiche à plus de 180'000 euros. Tout simplement délirant. Mais au vu des prix pratiqués par la concurrence pour des voitures souvent moins abouties, pourquoi ne pas se le permettre après tout. Concernant les consommations, partez du principe qu'avec un tel pousse au crime, vous ne descendrez pas sous la barre des 15 l/100 kilomètres. Vous pourrez même frôler la barre des 30 l/100 kilomètres en usage vraiment intensif, mais nous nous doutons bien que les consommations doivent être le cadet des soucis des clients de ce genre de véhicule. Avant de conclure, nous voulions tout de même vous toucher un mot d'une option bien propre à Porsche avec ce nouveau "Pack Sport de conception allégée" qui lui octroie des jantes allégées d'environ 4,25 kilos chacune, pour un gain total de 17 kilos, et un toit en carbone structuré qui permet d'abaisser encore la masse de 21 kilos. Une broutille pour une telle voiture n'est-ce pas ? Mais une broutille qui devrait rencontrer un joli succès. La perfection naît dans le détail comme dirait-on.

 
Points positifs Points négatifs
Comportement dynamique Poids très élevé
Freinage indestructible Liste d'options interminable
Sonorité à l'échappement bien travaillée Facture finale

Porsche Cayenne Turbo Coupé

Motorisation Essence, huit cylindres en V, 3996 cm³, bi-turbo
Puissance 550 chevaux ( de 5750 à 6000 tr/min)
Couple maximum 770 Nm (de 2000 à 4500 tr/min)
Transmission Boîte automatique à huit rapports - Tiptronic
Type de transmission Intégrale
0-100 km/h 3,9 secondes
Vitesse maximum 286 km/h
Longueur 4,94 mètres
Largeur 1,99 mètre
Hauteur 1,65 mètre
Poids 2275 kg (à vide)
Volume de coffre 598 à 1513 litres
Places 5
Economie de carburant Urbain : 14,8 l/100 km / Extra-urbain : 9,4 l/100 km / Mixte : 11,4 l/100 km
Émissions 261 g/km de CO2
En vente 2019
Prix de base 149'217 €
Prix de la version testée 180'183 €

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