Essai Alfa Romeo Giulia Quadrifoglio - De fer et de souffre

Dans sa déclinaison Quadrifoglio, la sage Alfa Romeo Giulia se mue en une berline dévergondée qui ne connaît quasiment aucune concurrente sur le marché. C’est que les fées qui se sont penchées au dessus de son berceau lui ont offert un V6 biturbo de 510 ch, fort d’un couple de 600 Nm ! Le tout transmis sur le train arrière afin d’assurer au modèle un comportement éminemment sportif et dynamique. Et en la matière, les ingénieurs italiens, aidés par leurs collègues de chez Ferrari, n’ont pas loupé le coche. La Giulia Quadrifoglio est bel et bien la berline compacte la plus pimentée du moment !

Celle-ci affiche des mensurations très proches de la Série 3 de BMW. Elle exhibe une silhouette revancharde, dominée par des boucliers spécifiques qui feraient presque passer la Giulia classique pour une sainte. Le modèle reçoit aussi des jupes évasées, soulignées de carbone tandis que la partie postérieure s’orne d’un diffuseur monumental, rehaussé de quatre sorties d’échappement. Voilà qui en dit long ! Et lorsque le tout se pare d’une livrée rouge rubis, vous obtenez une voiture qui, à tous les coups, fera tourner la tête des badauds qui auront la chance de croiser votre chemin.

Même scénario dans l’habitacle, avec un style mêlant dynamisme et élégance. Alfa Romeo n’a retenu que des matériaux de qualité, à l’image de la planche de bord qui est recouverte de cuir, rehaussé de coutures rouges. La qualité est également au rendez-vous en ce qui concerne les interfaces embarquées, celles-ci se manipulant avec une série de mollettes et d’interrupteurs particulièrement précis. La majorité des fonctions du véhicule se commandent par l’intermédiaire du système d’info-divertissement, à la fois ergonomique et logique.

Essai - Alfa Romeo Giulia Quadrifoglio
Essai - Alfa Romeo Giulia Quadrifoglio

Moteur !

Le V6 qui équipe notre engin s’active une fois que l’on presse sur le bouton start situé à la gauche du volant. Ce 2,9 litres à essence, dérivé du célèbre V8 F154 de chez Ferrari, a été développé en étroite collaboration avec les ingénieurs de la firme au cheval cabré. Une fois lancé, il s’ébroue dans une sonorité rauque et sourde, qui lui confère un charisme très viril.

Notre exemplaire était équipé d’une boîte automatique à convertisseur de couple comptant huit rapports. Dès le premier rapport passé, la poussée du moteur se fait de façon linéaire mais intense, ce qui ne manque pas de confirmer la puissance du V6 transalpin. Des palettes placées derrière le volant permettent d’enchaîner les rapports à la volée, sans le moindre à-coup, tout comme le ferait une boîte à double embrayage. Rapide et douce, cette unité automatique ne mérite que des éloges ! 

Essai - Alfa Romeo Giulia Quadrifoglio

Le tout confère à cette ultra sportive un confort certain, d’autant que les suspensions font preuve d’une certaine souplesse. La direction, très directe, est conjuguée à une motricité sans faille. La Giulia souffre d’une très légère inertie lors de la mise en appui mais ça ne contrarie en rien l’efficacité redoutable du train avant une fois le modèle inscrit en courbe. Et lorsqu’on réaccélère en sortie de virage, l’italienne fait preuve d’un comportement très sain, laissant le temps au conducteur de contrebraquer si nécessaire. Ici, on ne peut que saluer le travail effectué par le différentiel arrière actif qui gère brillamment le couple transmis sur chacune des roues motrices.

Une fois lancé, le V6 s’ébroue dans une sonorité rauque et sourde, qui lui confère un charisme très viril.

Typée compet’, la Giulia Quadrifoglio est aussi équipée d’une lame avant active qui améliore la stabilité à haute vitesse, de portières et d’ailes avant en aluminium, d’un capot, d’un pavillon et d’un arbre de transmission en plastique renforcé de fibre de carbone. En option, il est possible d’opter pour un freinage carbone-céramique (facturé plus de 7.000 €), dont la puissance se dose avec doigté grâce à une course de pédale réduite.

Véritable force de la nature, ce bloc de 2.891 cm3 atteint sa puissance maximale à 6.500 tr/min. Il pousse avec véhémence dès 3.000 tr/min et sans la moindre relâche jusqu’à la zone rouge. Il gratifie les passagers d’accélérations impressionnantes, le 0 à 100 km/h étant pulvérisé en 3,9 secondes, tandis que la vitesse maximale est supérieure à 300 km/h (307 annoncés) !

Le plein de technologies

Outre l’aspect purement dynamique, la Giulia embarque également de nombreuses technologies inédites. À l’image de l’Alfa Torque Vectoring qui, grâce à son double débrayage intégré au différentiel arrière, permet de contrôler individuellement la répartition du couple sur chaque roue. S’ajoute à cela un système de freinage intégré (IBS) qui combine un dispositif de contrôle de stabilité et servofrein traditionnel. Ceci assure une optimisation de la répartition des masses, un meilleur toucher de route et l’absence de vibrations dans la pédale. Les sollicitations de la pédale de frein sont instantanément prises en compte ce qui assure des distances de freinage records : de 100 à 0 km/h en 38,5 m (et 32 m pour la Quadrifoglio) ! 

Essai Alfa Romeo Giulia Quadrifoglio

Une question d’ADN

Le modèle embarque également le traditionnel système DNA, qui compte trois modes conventionnels (Dynamic, Natural et All Weather), ainsi qu’un mode Race qui ne peut être activé qu’en poussant le sélecteur pendant deux secondes. Ce mode pimenté n’est pas à mettre entre toutes les mains puisqu’il vous laisse l’entière responsabilité de gérer les 600 Nm qui, on l’a vu, sont envoyés sur le seul train arrière...

Ce même système DNA est couplé à un amortissement variable. Si le mode le plus ferme n’est pas disponible avec les modes All Weather et Natural, il peut par contre être activé en modes Dynamic et Race. Pour un usage quotidien, la suspension sport pourra se révéler, pour le conducteur lambda, trop ferme. Même le mode d’amortissement normal est taré de façon très sèche. Un point à considérer avec attention si vos lombaires ont tendance à vous rappeler régulièrement leur présence. 

Essai - Alfa Romeo Giulia Quadrifoglio
Essai - Alfa Romeo Giulia Quadrifoglio

Une berline pour tous les jours ?

On n’a pas tous les jours l’occasion d’aller s’amuser sur circuit ou sur une autoroute allemande. La Giulia Quadrifoglio est-elle dès lors également faite pour un usage au quotidien ? Honnêtement, oui. Si ce n’est les réserves émises quant à la fermeté de l’amortissement, le modèle est pour le reste confortable. Et ce d’autant que la position de conduite est très bonne, y compris pour les grands gabarits. Les sièges offrent un très bon maintien tandis que les passagers arrière disposent d’un espace suffisant, tant en hauteur qu’au niveau des genoux. Le coffre n’a pas à rougir face aux berlines du même gabarit, celui-ci disposant de 480 litres, soit une capacité identique à celle d’une BMW M3. À noter aussi que l’équipement de série est très complet, surtout au regard de la concurrence allemande qui offre à ses clients des modèles souvent dépouillés.

Conclusion

Avant d’investir dans ce qui est une automobile exceptionnelle, et incontestablement la meilleure Alfa Romeo de ces deux dernières décennies, beaucoup vont se demander si elle est au niveau des inoxydables références allemandes. Oui et non. En effet, certains petits détails peuvent décevoir, à l’image d’un Bluetooth parfois erratique, du pont arrière qui avait tendance à bourdonner sur notre exemplaire ou encore du V6 qui, parfois, nous gratifie de vibrations au ralenti. En fait, seul le temps permettra de déterminer la fiabilité intrinsèque du modèle et, à ce prix, Alfa Romeo ne peut pas se permettre de décevoir ses clients.

Pour le reste, cette Giulia Quadrifoglio est une auto réussie, au potentiel hors norme. Loin de l’improvisation qui semble avoir régné lors de la conception de la 4C, la Giulia nous prouve que le groupe Fiat est à même de concevoir et de produire des véhicules sportifs et charismatiques, qui sont dignes de la passion que de nombreux "Alfistes" vouent au constructeur piémontais. Et rien que pour ça, on peut affirmer sans le moindre doute qu’Alfa Romeo est bel et bien de retour !

Photos : Pierre-Benoît Sepulchre - Yorick Piette / Motor1.com 

 

 

Points positifs Points négatifs
Authentique berline sportive Détails de finition
V6 exceptionnel Fermeté de la suspension
Boîte automatique parfaite Fiabilité à éprouver
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