Essai Kia Stinger GT V6 (2018) - Une piqûre sucrée

Les marques coréennes auraient-elles mangé du lion ? Quelques jours après l’essai de la sulfureuse Hyundai i30 N à Rome, nous sommes allés prendre le volant de l’étonnante Kia Stinger sur les routes de Majorque.

Pour beaucoup d’observateurs de la chose automobile, la Kia Stinger est une sorte d'ORNI (objet roulant non identifié). Pas tant par son style décalé, mais davantage parce que la marque généraliste coréenne s’attaque sans complexe aux meilleures références allemandes. Et c’est tant mieux !

La Kia Stinger c’est avant tout une "gueule du tonnerre", qui donne des torticolis à tous les badauds croisés sur notre route. Quel coup de crayon ! Et tout particulièrement sous la direction du français Gregory Guillaume, Chef du Design de Kia Motors Europe.

Essai Kia Stinger GT V6 (2018)
Essai Kia Stinger GT V6 (2018)
Essai Kia Stinger GT V6 (2018)
Essai Kia Stinger GT V6 (2018)
Essai Kia Stinger GT V6 (2018)

Son petit air de Fisker Karma avec ce regard de reptile confère à la Kia Stinger un charisme certain, d’autant que les concurrentes comme l’Audi A5 Sportback et la BMW Série 4 Gran Coupé, autrefois louées pour leur style, paraissent tout de suite beaucoup plus sages en comparaison.

Panoplie de sportive

La Kia Stinger affirme son côté GT par de nombreux éléments sportifs : prises d’air très nombreuses, jantes de 19 pouces (sur V6), large diffuseur d’air, quatre sorties d’échappement chromées... Il n’y a pas tromperie sur la marchandise.

Alors bien sûr, avec ses 4,83 mètres de long pour 1,87 m de large, la Kia Stinger ne sera pas très à l’aise pour circuler à Montmartre (un quartier du 18e arrondissement de Paris), mais davantage pour filer à vive allure sur Autobahn.

Ce qu’elle fait d’ailleurs très bien. Surtout avec le gros V6 3,3 litres à double turbo qui sera vendu en France. Oui oui, vous avez bien lu ! Un moteur davantage destiné à séduire les américains que les français, mais qui redonne du tonus à l’heure où les grosses cylindrées sont justement assommées’par des Malus injustes.

Essai Kia Stinger GT V6 (2018)
Essai Kia Stinger GT V6 (2018)

Pour faire passer la pilule de la taxe de 10’000 euros, la Kia Stinger GT V6 régale avec ses 370 ch et ses 510 Nm de couple. Disponible très tôt, ce couple permet à la Stinger de décoller très fort. La poussée est impressionnante, quoi qu’un peu linéaire. Un chiffre à retenir : c’est le 0 à 100 km/h en seulement 4,9 secondes. Aussi bien qu’un Porsche 718 Cayman !

Gourmandise assumée

De très belles performances rendues possibles par la rapidité de la boîte automatique à 8 rapports, dont on profite à volonté des passages de rapports au volant.

En revanche, la sonorité du V6 reste trop artificielle et l’aurait apprécié des envolées plus lyriques. Sur notre parcours d’essai – très – rapide, nous ne sommes pas parvenus à tomber sous les 14 litres aux km. À corroborer avec d'autres mesures lors d’un prochain essai sur nos routes françaises.

Une trop grande efficacité ?

Avec de telles performances, faut-il encore que le châssis soit à la hauteur ? Souvent en deçà des références européennes en matière de liaisons au sol, les voitures coréennes ont marqué un tournant cette année. Nous évoquions l’excellente Hyundai i30 N en préambule, voici que le développement du châssis de la Stinger a été supervisé par Mr Albert Biermann, ex–BMW Motorsport.

Essai Kia Stinger GT V6 (2018)

La Kia Stinger offre un toucher de route européen avec un poil de fermeté auquel la marque coréenne ne nous avait pas habitués.

C’est rigoureux, précis, et cela atteint des vitesses de passage impressionnantes en courbe. Pourtant, l’inertie est quand même importante au freinage avec plus de 1900 kg sur la balance. Il convient de bien anticiper avant d’aborder un virage serré. Ce poids s’explique en partie par la transmission intégrale offerte de série en France, au profit de la rigueur certes, mais peut-être au détriment du "fun". Croisons les doigts pour que Kia importe la V6 en propulsion !

Une dotation pléthorique

Pour affronter ses concurrentes, la Kia Stinger mise sur le full options. À part la peinture métallisée, tout est de série : suspension pilotée, freinage Brembo, sellerie cuir Nappa aux réglages multiples, toit ouvrant électrique, GPS avec mises à jour pendant 7 ans...

Essai Kia Stinger GT V6 (2018)
Essai Kia Stinger GT V6 (2018)
Essai Kia Stinger GT V6 (2018)

Un équipement pléthorique et une ambiance plutôt cossue, même si l’on regrette l’influence trop marquée des berlines allemandes, à l’instar des buses d’aération très Mercedes ou des portières au dessin déjà vu chez Audi.
Pour le reste, l’habitabilité est bonne pour 4 passagers (le 5ème sera puni), mais le coffre – aux contours réguliers – n’offre que 406 litres. Certaines compactes font mieux.

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L’essentiel est ailleurs. Avec sa Stinger, Kia fait une entrée remarquée dans la catégorie des coupés de caractère. Son prix somme toute assez élevé (59’900 euros), comme ses excellentes performances en V6, démontrent que Kia n’est pas là pour rigoler, mais pour marquer les esprits. Et il faut avouer que le pari est plutôt réussi !

 

 

Points positifs  Points négatifs
Performances du tonnerre Gabarit en ville
Style réussi Inertie au freinage
Dotation pléthorique Habitabilité honnête sans plus
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