Il est rare de la voir apparaître lors des ventes aux enchères. Une Ferrari F50 sera mise en vente, les 19 et 20 janvier prochains, lors de la vente inaugurale de l’année 2017 de RM Sotheby’s en Arizona.

Le modèle qui sera présenté est assez rare pour deux raisons : son propriétaire, Tommy Hilfiger, magnat de la mode, est le même depuis décembre 1995, et la voiture ne présente que 3218 km à son compteur. De plus, l’ensemble de ses équipements optionnels sont présents. Évidemment, la cote pour cette auto produite à seulement 349 exemplaires est haute ! Entre 2,7 et 3,1 millions d’euros sont attendus ! Presque étonnant pour une auto qui a toujours vécu dans l’ombre de son aînée, la F40.

1995 - Ferrari F50 en vente chez RM Sotheby's
1995 - Ferrari F50 en vente chez RM Sotheby's
1995 - Ferrari F50 en vente chez RM Sotheby's

La Ferrari F50 ne restera pas dans l’histoire comme la Ferrari la plus remarquable. À cheval entre deux périodes, l’après Enzo Ferrari, et l’avant Jean Todt et Luca di Montezemolo, la F50 se voulait la descendante directe de la F40, déjà mythique, en 1995.

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Il faut dire que l’idée, à la base, est de créer une auto rappelant la toute première Ferrari, la 125 S, en y ajoutant l’ensemble des technologies éprouvées depuis. La voiture est donc inspirée aussi bien de ce qui se fait en Formule 1, qu’en Endurance, où Ferrari engage la 333 SP, un prototype équipé de l’énorme moteur V12 cher à la marque au cheval cabré.

ADN Sportif

C’est d’ailleurs sur la plateforme de cette voiture de course que naît la F50. Le châssis est directement tiré de cette voiture de course, et cela se ressent immédiatement sur la fiche technique. La cellule est en carbone/nid d’abeille, et le système de suspension est centré. Proche de la F1, la voiture se veut dénuée d’aides à la conduite, et privilégie avant tout la performance. Ce qu'elle perd en confort, elle le gagne en efficacité.

1995 - Ferrari F50 en vente chez RM Sotheby's
1995 - Ferrari F50 en vente chez RM Sotheby's
1995 - Ferrari F50 en vente chez RM Sotheby's

Derrière le conducteur, le moteur est directement tiré de la Formule 1. Il s’agit du bloc V12 de la saison 1990, dont la cylindrée a été portée à 4,7 litres. Contrairement à l’époque F40, Ferrari se passe des systèmes de suralimentation. L’idée de Ferrari est de coller au plus près de la réglementation. Pas de turbos, donc. Ce qui lui fait partir avec une main dans le dos, par rapport aux concurrentes de l’époque.

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En 1995, McLaren vient de sortir la F1, Lamborghini la Diablo, et la Bugatti EB110 est toujours aussi efficace, même si ses jours sont comptés. D’une part, celles qui comme la McLaren ou la Lamborghini, la Dodge Viper, se passent de suralimentation, possèdent des cylindrées largement supérieures. Et la Bugatti, à cylindrée inférieure, offre deux turbos en plus pour gaver son V12.

1994 Bugatti EB110 Auction
McLaren F1
Lamborghini Diablo SV

Néanmoins, ce moteur est loin d’être un veau, et offre près de 520 chevaux, et est surtout très léger ! Seulement 200 kg à sec. Une vraie performance. Problème technique cependant, la voiture se passera de boîte automatique. Un plaisir pour le pilotage, moins pour le chrono. Que la Ferrari ne craint pas : celle-ci peut atteindre 320 km/h, et abattre le 0 à 100 km/h en moins de 3,5s.

Faciès compliqué

Côté comportement, l’expérience sport automobile parle. La voiture possède un comportement efficace, et est d’une précision diabolique. Certes peu confortable, la voiture met en avant son architecture, avec son châssis très léger (1230 kg) et son aérodynamique travaillée pour être redoutable sur les circuits.

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C’est plutôt le style général de la voiture qui est son point faible. Pininfarina ne signe pas là la meilleure ligne de son histoire. Loin de la pureté de la F40, la F50 semble en faire trop. Que ce soit l’avant, trop bulbeux, avec ces multiples prises d’air. L’arrière, avec cet immense aileron, presque tuning diront les mauvaises langues, est lui moins tiraillé. L’immense vitre arrière, maillée de persiennes, laisse apparaître la magnifique mécanique de la F50.

1995 - Ferrari F50 en vente chez RM Sotheby's
1995 - Ferrari F50 en vente chez RM Sotheby's
1995 - Ferrari F50 en vente chez RM Sotheby's

L'auto est importante dans l'histoire de Ferrari, puisque huit ans après sortira la F60... Ou plutôt l'Enzo, qui fera vite oublier cette F50, qui ne manquait pourtant pas d'attributs, mais souffrait de son allure, trop tape-à-l'œil, entre deux périodes, symbole d'un Ferrari en pleine renaissance.

Finalement, plus que la ligne, n’est-ce pas du cœur que l’on attend le plus d’une Ferrari ? Les enchères, en janvier, nous diront si celui des collectionneurs bat encore pour la F50.

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1995 - Ferrari F50