Herbert Diess, le patron du groupe, souhaite se concentrer sur l'automobile et les camions.

L'interminable feuilleton Ducati va-t-il bientôt prendre fin ? C'est en tout cas ce que souhaite Herbert Diess, le patron du groupe Volkswagen qui souhaite un peu plus de rationalité vis-à-vis de la présence de la marque de moto italienne dans le groupe. Présente depuis 2012, la firme transalpine fût en partie intégrée au groupe pour célébrer les 75 ans de Ferdinand Piëch, l'homme qui a bâti l'empire Volkswagen, et qui voulait depuis de longues années concurrencer de front BMW et ses motos. Si le patriarche a quitté le navire il y a trois ans de cela, le nouveau directeur entend faire un peu de ménage dans un groupe qui se remet peu à peu des récents scandales qui ont pu l'ébranler.

Dans une interview accordée au Handelsblatt, Herbert Diess a été clair : "C'est évident, nos voitures ont peu de synergies avec les motos Ducati [...] Ducati a besoin d'un plan pour l'avenir, d'une perspective pour se positionner dans l'électrique et faire croître ses ventes", annonce Herbert Diess. "D'un point de vue entrepreneurial, cela n'a aucun sens de conserver Ducati juste pour avoir une icône moto dans le groupe", tranche-t-il.

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Depuis l'an dernier, la marque italienne est dans le flou le plus total. Après un processus de ventes aux enchères déclenché avec un prix plancher de 1,5 milliards d'euros (environ deux fois le prix d'achat en 2012), celui-ci a été stoppé en décembre dernier face au mécontentement des syndicats. Ducati intéressait pourtant du monde puisque pas moins de cinq offres étaient parvenues. Il faut dire que la firme italienne se porte plutôt bien depuis son arrivée sous le giron germanique. Au sein du marché peu prolifique des grosses cylindrées sportives à deux roues, Ducati arrive à tirer son épingle du jeu. En 2012, la firme vendait 42'000 motos pour un chiffre d'affaires d'environ 480 millions d'euros. Six ans plus tard, ce sont 55'871 motos qui ont trouvé preneur à travers le monde pour un chiffre d'affaire de 736 millions d'euros.

Même avec ces bons résultats, Herbert Diess ne semble pas convaincu à l'idée de conserver Ducati. Celui-ci avait d'ailleurs affirmé dès son arrivée à ses actionnaires sa volonté de se séparer de la marque de moto. Ce n'est pas la seule concernée puisque la société Renk qui fabrique des transmissions est également sur la sellette. "Nous devons donc réfléchir à la meilleure façon de faire ces choses. Le comité d'entreprise le sait également. Après tout, il est de notre intérêt commun de créer des emplois sûrs pour les travailleurs", indique également Herbert Diess.

Source : Handelsblatt