DS Automobiles se félicite d'avoir trouvé en Formule E une réglementation permettant des transferts de technologie inégalés vers les modèles de série… au contraire du WRC.

Présent en Formule E depuis l'ouverture au développement des groupes propulseurs en 2015-16, DS connaît le championnat tout électrique comme sa poche. Associée à Virgin Racing lors des saisons 2 à 4, la marque française a remporté cinq victoires et signé un total de 16 podiums en 34 E-Prix. Elle est désormais partenaire de l'écurie Techeetah et est en tête du championnat à l'issue des deux premières courses de la campagne 2018-19.

En parallèle, le constructeur premium du groupe PSA prépare la commercialisation de ses premiers modèles électriques. D'une part le DS 3 Crossback E-Tense, qui disposera d'un moteur de 100 kW (136 ch) et d'une autonomie supérieure à 300 kilomètres ; d'autre part le DS 7 Crossback E-Tense 4X4 hybride, dont le moteur atteint 300 ch et qui peut parcourir 50 kilomètres en mode tout électrique.

Bien entendu, cela ne correspond pas précisément aux caractéristiques de la DS Techeetah qui s'illustre en Formule E (250 kW soit 335 ch, une autonomie d'une centaine de kilomètres). D'après Xavier Mestelan Pinon, directeur de DS Performance, les transferts de technologie sont néanmoins évidents.

"L'ambition de DS, c'est d'avoir l'ensemble de notre gamme électrifiée", déclare Mestelan Pinon pour Motor1.com. "Pour ça, il faut clairement que nous progressions en tant que constructeur – mais également nos partenaires sous-traitants – dans toutes ces nouvelles technologies."

"On retrouve ce qu'on avait en Formule 1, entre guillemets, dans les années 1950. Les gens faisaient de la Formule 1 ; ils ont vu l'intérêt de l'aérodynamique, ils ont inventé le turbo. En Formule E, à nouveau, on a un règlement qui est en avance par rapport à ce qui se fait en série – chose que l'on n'a pas en rallye par exemple, parce que le règlement est trop restrictif. On est en avance, et on peut donc servir d'accélérateur de R&D pour nous, en tant que constructeur, mais également pour nos sous-traitants."

"Quand on a un groupe propulseur alimenté aujourd'hui à une tension proche de 1000 volts, alors qu'en série ils sont à 400 volts, forcément, toute la chaîne progresse. Les composants que l'on a aujourd'hui en Formule E, on ne va pas les retrouver dans un ou deux ans sur la DS3 Crossback E-Tense. Par contre ce qu'on va retrouver, ce sont les architectures, ce sont les façons dont nous allons gérer l'énergie dans nos voitures électriques, parce que ce sont des outils de simulation que nous développons intégralement en collaboration avec les gens côté série. J'ai des échanges avec eux qui sont très fréquents, alors qu'il n'y en avait pas avant en rallye."

"Tout le monde a besoin de progresser, et les sous-traitants, pareil. On voit beaucoup de sous-traitants qui sont là officiellement ou non, et tout le monde tape à notre porte, parce qu'ils veulent aussi progresser. Ils veulent se montrer en termes de marketing, bien sûr, mais aussi parce qu'ils veulent progresser. En fait, en course automobile, on peut prendre des risques qu'on ne peut pas prendre en série, donc ça va beaucoup plus vite."

Il ne reste qu'à tirer le meilleur de la Formule E d'un point de vue commercial : selon Mestelan Pinon, le projet DS Virgin Racing n'a pas été l'atout marketing qu'il aurait dû être, mais l'ère Techeetah s'annonce mieux exploitée dans ce domaine.

"Ça prend du temps", confirme le Savoyard. "Mon travail est effectivement d'accélérer la R&D, de montrer le savoir-faire de la marque dans ce domaine-là. Ensuite, mesurer ce qui va se passer en termes de notoriété, ça prend du temps, c'est un autre domaine. Mais clairement, la raison d'être de DS en Formule E est l'électrification de sa gamme."