Il y a certaines habitudes que l'on aimerait bien voir disparaître.

Chaque 1er février, c'est la même chose, les prix des péages des autoroutes augmentent. Une habitude que l'on aimerait bien voir disparaître, mais visiblement ce n'est pas encore cette année, ni l'année prochaine, que cette hausse constante va se stopper. En 2019, l'augmentation moyenne prévue des tarifs est annoncée à 1,86 % quand elle était de 1,55 % l'an dernier. Une nouvelle hausse qui viendra peser encore un peu plus sur le portefeuille des automobilistes. Effectivement, même si une hausse de 1,86 % se caractérise, dans les faits, par quelques centimes en plus à débourser, en compilant toutes les augmentations de 2011 à 2018, les tarifs ont augmenté de 9,5 %.

Pour être encore plus terre à terre, avec 100 euros en poche, un automobiliste parcourt 110 kilomètres de moins aujourd'hui par rapport à il y a sept ans. L'Association des sociétés françaises d'autoroutes nuance ces données en précisant que les usagers ont aussi accès à 339 kilomètres d'autoroutes supplémentaires aujourd'hui par rapport à 2011. En effet, en l'espace de sept ans, le réseau autoroutier est passé de 8819 kilomètres à 9158 kilomètres. Les concessionnaires d'autoroutes aiment aussi rappeler en ces périodes d'augmentation qu'ils ont aussi à rembourser des dettes importantes. Rappelons effectivement qu'ils ont dû débourser 20 milliards d'euros en 2006 pour obtenir le droit de gérer ces autoroutes, auxquels il faut ajouter 40 milliards d'euros de dettes. Les concessions doivent donc rentrer dans leurs frais avant la fin de la concession, c'est-à-dire avant une vingtaine d'années, avant que l'État "récupère" ces autoroutes.

Pourquoi ces tarifs augmentent chaque année ?

C'est tout simplement parce qu'une formule mathématique fût appliquée lors de la privatisation des autoroutes en 2006. Cette formule est inscrite directement dans les contrats signés en 2006 liant les concessionnaires et l'État. Pour faire simple, elle prévoit 70 % de l'inflation constatée en octobre de l'année précédente, en l'occurrence 1,36 % pour cette fois-ci. Évidemment, d'autres éléments s'ajoutent comme par exemple les investissements supplémentaires demandés par l'État. Ces plans d'investissement, hors contrat, représentent environ 0,30 %. Il s'agit principalement du contrat de 700 millions d'euros d'investissement autoroutier signé en 2016 entre les concessionnaires et l'État. Les 0,20 % restant sont tout simplement l'héritage de l'ancienne ministre de l'Environnement, Ségolène Royal, qui avait imposé un gel des tarifs des péages en 2015, qu'il faut maintenant rattraper jusqu'en 2022.

Il n'y a pas que des mauvaises nouvelles toutefois. Le mouvement des "Gilets Jaunes" a contraint l'État à inciter les concessionnaires à faire un petit geste pour les usagers. À partir de ce 1er février 2018, les automobilistes peuvent bénéficier de 30 % de réduction sur leur trajet quotidien à partir de dix allers-retours par mois. Néanmoins, cela ne devrait pas trop peser sur les marges des concessions puisque leur rentabilité se situerait toujours entre 6 et 7 %. Reste à savoir si cette énième hausse ne sera pas une nouvelle goutte d'eau qui fera déborder le vase à l'avenir.

Quelles autoroutes augmentent le plus ?

De 2011 à 2018, les tarifs ont tout bonnement explosé sur certains tronçons. En effet, selon une infographie relayée par nos confrères du Parisien, on observe qu'un trajet Rouen - Tours (309 kilomètres) coûtait 27,60 euros en 2011 contre 37 euros en 2018, soit une augmentation de 34,06 %. Un Angers - Rouen (299 kilomètres) coûtait en 2011 28,20 euros, contre 37,7 euros aujourd'hui, soit une hausse de 33,69 %. Logiquement, ce sont les autoroutes les plus récentes qui augmentent le plus. Des hausses sur les principaux trajets reliant la capitale aux grandes villes sont aussi à constater. On remarque par exemple qu'un trajet Paris - Montpellier (748 kilomètres) revenait à 61,80 euros en 2018 contre 54,40 euros en 2011 (+13,6 %). Un Paris - Lyon via l'autoroute A5 et A6 (491 kilomètres) coûtait 32,20 euros en 2011 contre 36 euros en 2018 (+11,8 %).

Source : Le Parisien

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