Il reste néanmoins surveillé de très près par la justice japonaise.

Détenu depuis le 19 novembre 2018, Carlos Ghosn vient officiellement de sortir de son centre de détention situé près de Tokyo. Après une troisième demande de libération formulée par ses avocats et une décision favorable du tribunal, l'ancien patron de l'Alliance est enfin libre, même s'il demeure encore sous la surveillance de caméras et dispose de moyens limités de communication avec l'extérieur. C'était l'une des conditions sine qua non afin de bénéficier d'une sortie de prison, et c'est d'ailleurs sur ça que le nouvel avocat de Carlos Ghosn, Junichiro Hironaka, a joué pour que le juge accepte sa requête. "Nous avons proposé un dispositif qui rend impossible une évasion ou la suppression d'informations", a précisé mardi 4 mars, maître Hironaka. Il aurait aussi suggéré que Carlos Ghosn donne une conférence de presse dès que possible.

 

Le bureau du procureur a encore la possibilité de l'arrêter à nouveau sur d'autres chefs d'accusation, selon des juristes, mais cette possibilité aurait été abandonnée. Le magnat franco-libanais-brésilien n'est cependant pas tiré d'affaire puisque son jugement n'a pas encore eu lieu. Quoi qu'il en soit, pour sortir de prison, une caution d'un milliard de yens, soit environ huit millions d'euros, a été payée. Cette somme aurait été versée en liquide.

"Je suis innocent et résolument déterminé à me défendre vigoureusement dans un procès équitable contre ces accusations sans fondement", avait déclaré Carlos Ghosn en apprenant la décision, mardi 4 mars. À l'occasion de sa remise en liberté, des dizaines de journalistes se sont rassemblés devant la prison, et des membres de sa famille ont été vus entrant dans l'établissement. L'ancien patron de Renault et de Nissan a quitté ce mercredi matin le centre de détention de Tokyo. Carlos Ghosn, vêtu d'un blouson, portait une casquette et un masque sanitaire facial, avant de s'engouffrer dans une fourgonnette. Un moyen sans doute de maîtriser sa communication et de revenir sur "le devant de la scène" sans donner l'impression d'avoir souffert.

Source : AFP