Les déboires de l'ancien PDG vont lui coûter encore plus cher.

Nous vous rapportions il y a quelques jours que malgré ses ennuis avec la justice, Carlos Ghosn avait fait valoir auprès de Renault ses droits à la retraite, ce qui lui avait octroyé un droit de toucher 765'000 euros par an de la part de la marque française, et ce jusqu'à la fin de sa vie. Une somme que Renault voulait contourner en réfléchissant aux moyens d'y parvenir.

Le Conseil d'administration de la marque s'est réuni cette semaine et a décidé que Ghosn, qui est de nouveau entendu en garde à vue et le sera jusqu'à la semaine prochaine, ne toucherait pas cette pension de retraite, que la marque juge déplacée compte tenu des affaires dans lesquelles il est impliqué, et des soupçons de détournement d'argent qui pèsent actuellement sur lui. 

"Le Conseil d’administration a considéré qu’il convenait de prendre en compte, dans l’appréciation de la performance de M. Carlos Ghosn, les nombreux questionnements qui se sont fait jour, en l’état, dans le cadre de la mission de vérifications confiée à la Direction de l’Ethique et de la Compliance de la Société, au sujet d’opérations engagées par l’intéressé en sa qualité de Président-Directeur général de la Société, et ce du fait de pratiques contestables et dissimulées", a écrit Renault dans un communiqué.

"A ce titre, le Conseil d'administration a décidé de recommander à l’Assemblée générale de ne pas approuver la résolution qui lui sera soumise [...] portant sur les éléments de rémunération fixes, variables et exceptionnels dus ou attribués à M. Carlos Ghosn au titre de l’exercice 2018. Si l’Assemblée générale n’approuve pas cette résolution, M. Carlos Ghosn ne percevra pas la part payable en numéraire de sa rémunération variable pour 2018."

La marque a par ailleurs annoncé que Ghosn toucherait 224'000 euros à titre de rémunération variable, correspondant aux objectifs de performance qui avaient été fixés pour l'année dernière. Outre ce camouflet financier de la part de son ancien employeur, l'homme d'affaires doit surtout répondre aux accusations de détournement de fonds, qui auraient transité des sièges de Renault et Nissan vers une entreprise proche de lui, via un distributeur à Oman.

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